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Cadavres de monstres et incroyables momies extraterrestres IV
Article mis en ligne le 7 février 2019

par Maxence Ducros

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Lien vers la troisième partie

Partie 4 : Les caractéristiques anatomiques de base à connaître

Comme précisé dans la partie précédente, la majorité des cadavres de monstres/aliens qu’on voit régulièrement circuler sur internet ont visiblement un squelette interne. On a beaucoup de chance, car les squelettes sont une mine d’informations.

Qu’est-ce qu’un vertébré ?

Un vertébré est caractérisé par le fait de posséder un squelette interne osseux ou cartilagineux, constitué entre autres de vertèbres. Un animal, aussi étrange soit-il, possédant cette même caractéristique est donc, à priori, un vertébré. Pour en savoir davantage à son propos, il va donc falloir comparer ce qu’on peut entrevoir de son squelette avec ce qu’on peut observer chez d’autres vertébrés pour voir à quoi il ressemble le plus.

Précision : les squelettes de monstres sont souvent recouverts au moins partiellement de tissus mous. Sur ces derniers, il peut y avoir des caractéristiques identifiables (ex : motifs de fourrure…), mais cela dépend de leur état de conservation. Ils peuvent donc fournir des indices si leur état le permet, mais le gros de l’anatomie comparée dépend du squelette, car c’est l’armature du corps et ce qui est le moins dégradable.

I - Les tétrapodes

On va se concentrer sur la super-classe des tétrapodes, car ce sont les vertébrés auxquels on a le plus de chances d’avoir affaire. La principale caractéristique des tétrapodes est qu’ils possèdent primitivement [1] deux paires de membres.

Comme expliqué dans la partie 3, le fait d’être rangés dans la boîte des « tétrapodes » ne les autorise pas à en sortir, en dépit de la perte de membres. C’est ce qu’on appelle le principe de monophylie, mais ça fera l’objet d’une publication ultérieure.

Voici les groupes de tétrapodes qu’on est susceptible de rencontrer de nos jours :

Grenouille verte

Amphibiens  : ils dépendent pour la plupart du milieu aquatique, ou d’un fort taux d’humidité, pour vivre et/ou se reproduire. Généralement de petite taille, ils ne sont que rarement impliqués dans les cas d’observations cryptozoologiques [2].

Pygargue à tête blanche et tortue géante des Seychelles

Sauropsides  : ils regroupent les oiseaux et ce qu’on appelle couramment les reptiles [3]. Généralement, les oiseaux ne posent pas de problème d’identification, car ils ont des particularités très caractéristiques, comme un bec édenté et des plumes, qui restent visibles même en cas de décomposition avancée.

Du côté des « reptiles », c’est plus intéressant, car on prête souvent aux « entités » cryptozoologiques, voire ufologiques [2], des caractéristiques qualifiées de « reptiliennes ». Il sera donc intéressant de voir ensemble ce que sont des caractéristiques reptiliennes.

Chameau de Bactriane

Mammifères  : c’est le plus souvent à eux qu’on a affaire en cas de découverte de corps de « monstre ». On doit cela à leur grande diversité de formes, de tailles et de niches écologiques [4]. Une fois réduits à l’état de momie ou de carcasse en putréfaction, ils peuvent donc facilement enflammer notre imagination.

II - Les pattes des tétrapodes

Avant d’entrer dans les détails, Il est important de voir quelques caractéristiques générales des tétrapodes. Retracer leur histoire évolutive n’étant pas le sujet du dossier en cours, je vais essayer d’être bref.

L’une des caractéristiques des tétrapodes est la présence à l’état primitif d’un squelette appendiculaire, c’est à dire de deux paires de membres s’articulant sur une ceinture pectorale (épaule) et une ceinture pelvienne (bassin). Les membres sont dits chiridiens (« chiro » étant le préfixe se rapportant à la main). La plus ancienne occurrence du membre chiridien dans le registre fossile remonte au Dévonien supérieur, il y a plus de 360 millions d’années.

Ichthyostega, l’un des plus anciens tétrapodes connus, par Ahlberg et al., 2005.
Barre d’échelle = 10 cm
Membre chiridien typique

Note : pour le membre postérieur, il faut remplacer ceinture pectorale par ceinture pelvienne, humérus par fémur, ulna (cubitus)/radius par tibia/fibula (péroné) et carpes/métacarpes par tarses/métatarses.

Comparaison de pattes avant, par Freeman, Biological Science

Qu’il s’agisse d’un bras humain, de l’aile d’une chauve-souris, de celle d’un oiseau, de la nageoire d’un dauphin… les unités osseuses sont les mêmes : un stylopode (bras/cuisse), un zeugopode (avant-bras/jambe) et un autopode (main/pied).

Un plan d’organisation caractéristique et commun à tous les tétrapodes est donc facilement identifiable en dépit d’une grande diversité de formes et de fonctions. Cela témoigne d’une origine évolutive commune du membre de tous les tétrapodes : on parle d’homologie.

Le membre chiridien des tétrapodes actuels, tels que les humains, a donc une histoire évolutive s’étalant sur plus de 360 millions d’années. C’est un détail qui aura une énorme importance lorsqu’on commencera à parler d’extraterrestres.

Dans la cinquième partie, on va voir ce qui différencie les groupes de tétrapodes entre eux.

À suivre...