logo article ou rubrique
Dossier Anton Parks n°1-2 : De la codification du Bullshit
(extraits choisis de la langue du ciel)
Article mis en ligne le 24 avril 2020

par Anpon Tarks

5 commentaires Voir les commentaires

Lien vers la première partie du dossier : Dossier n°1-1 : Anton Parks, expertise linguistique


Mais revenons à la source de la thèse extraordinaire de M. Parks. Que nous en dit-il ? Dès son premier livre il annonce la couleur :

« Les cultures de tous les anciens peuples possèdent la même racine de base, pratiquement toutes les traditions de la planète décrivent les mêmes événements. La preuve manifeste de ce phénomène se trouve dans une codification linguistique astucieusement dissimulée et qui transparaît dans de nombreux langages anciens. Cette information marquante est, à ce jour, totalement inédite aux yeux des spécialistes et savants de la planète. [1] »

D’une part il prétend que toutes les traditions de la planète décrivent les mêmes événements, ce qui reste à prouver jusqu’à aujourd’hui. De ce que l’on connaît des cultures et de leurs récits mythologiques, c’est plutôt le contraire : rien ne se ressemble, hormis pour les cultures et populations ayant une histoire commune ayant favorisé les emprunts. Il suffit par exemple de comparer les mythes cosmogoniques d’Europe, d’Afrique, d’Asie, d’Australie et d’Amérique du Sud : plus disparate, tu meurs.
D’autre part qu’il a découvert une « codification », comprenez un code secret, qui a échappé à tous les linguistes de l’histoire…

Plus loin dans le même livre, il nous en dit plus :

« Cependant, un élément original va soutenir et renforcer mes propos tout au long de notre cheminement à travers le passé lointain de l’histoire des Gina’abul [2] et de l’humanité. Cette information ignorée à ce jour vous permettra de comprendre bien des aspects cachés de l’histoire du monde. Vous allez voir qu’une partie du Gilimanna (litt. le Bestiaire Céleste) utilisait un code qui servit à communiquer avec l’ensemble des peuples de la Terre, vos lointains ancêtres. Ce code se retrouve dans les différents langages des grandes civilisations du passé et témoigne d’une antique source commune, celle des Gina’abul. (…)

Pratiquement tous les anciens langages de la Terre sont codifiés et se traduisent grâce aux valeurs phonétiques des syllabes Gina’abul que l’on retrouve à la fois dans le sumérien et l’akkadien. (…)

À ma connaissance, les enquêtes menées à ce jour concernant la recherche d’un probable ancien langage universel, ou proto-langage, se sont souvent concentrées sur la ressemblance entre les mots de différents langages et pratiquement jamais sur leur formation à partir d’un syllabaire ou lexique originel qui aurait servi à construire les langues des anciennes civilisations. La raison de cette omission s’explique par le fait qu’il est totalement impensable pour la communauté scientifique d’imaginer qu’une civilisation mère aurait été responsable, entre autres, de l’élaboration et du développement des grandes familles de langues parlées dans le monde. Si les linguistes s’étaient mieux concentrés sur la méthode de comparaison lexicale multilatérale, ils auraient sans doute remarqué la singularité du syllabaire suméro-assyro-babylonien et le fait qu’il constitue la base même des différents mots principaux de nombreux langages anciens comme l’arabe, le chinois, le dogon, l’égyptien, le grec ancien, l’hébreu, l’hindou [3], le hopi, le japonais, le latin, les langues germaniques et bien d’autres encore... [4] »

Ci-dessus la représentation d’un Gina’abul selon la vision Anton Parks. Il s’agit d’une oeuvre appartenant à la culture d’Obeïd et retrouvée à Ur (Irak) qui n’a bien entendu rien à voir avec des extraterrestres… nous y reviendrons dans de futurs dossiers.

Monté (Linguisticae) a également tenu à commenter ce passage :

« Anton Parks postule que les recherches sur les langages universels (l’utilisation de langage est par exemple très contestable, et trahit selon moi son manque de rigueur, le terme "langue" est celui qu’il faut utiliser ici) se concentrent sur la ressemblance entre les mots et jamais sur leur formation à partir d’un lexique originel mais en fait, c’est la même chose !
D’une part, la grammaire comparée ne se base absolument pas du tout que sur la ressemblance des mots, la morphosyntaxe y est centrale, c’est-à-dire la formation des mots et des phrases finalement.
Ensuite, mettre en opposition "mots qui se ressemblent" et "lexique originel", je ne comprends pas, le lexique c’est justement… "les mots" ! Je ne connais aucune méthode appelée "comparaison lexicale multilatérale" par ailleurs, et ma spécialité est la linguistique historique/grammaire comparée.
Également, mettre le grec ancien dans la liste des choses qui découlent du suméro-assyro-babylonien, c’est risqué, le grec est très clairement indo-européen, il a même hérité de son accent et de ses consonnes aspirées.
Il me semble qu’Anton Parks se focalise sur le lexique uniquement, ce qui est traître et met en lumière souvent une démarche... de débutant ! Cette pratique génère énormément de faux positifs [nous le verrons plus bas !], alors qu’on sait qu’en structure on va avoir des choses très différentes.
Oui il semble très clairement que Parks confonde phone et phonème [5], un phonème /b/ peut être réalisé différemment en fonction des langues, par exemple, en latin tardif il donnait [b, v, β].
Par ailleurs la liste des consonnes akkadiennes et sumériennes fournies [6] sont en réalité des listes de phonèmes très courants, rien ne nous dit que le phonème /r/ corresponde en réalité au même phone, le français possède régionalement six façons de le réaliser, par exemple. »

Partant du principe évoqué par Anton Parks, et comme les langues évoluent assez rapidement, nous en concluons que ce système de décodage n’est valable que pour les langues très anciennes (aux prononciations approximatives).
Et jamais pour les langues plus récentes, qui ont évolué.
Nous allons voir que cela est complètement ignoré par Anton Parks.

Ce qu’il ignore également c’est que mélanger deux langues foncièrement différentes comme le sumérien et l’akkadien (langue sémitique) n’a AUCUN sens. C’est un peu comme prendre de l’arabe et du latin, de mélanger les deux, prendre les « valeurs phonétiques » des syllabes des deux langues et tenter de traduire d’autres langues avec ce « réservoir de sons ou syllabes »… tout en prétendant avoir découvert le « proto-latin » !

Il ignore que d’un point de vue phonétique certains sons existaient en akkadien et non en sumérien, et vice versa.
Ci-après les principales divergences (tableau tiré du Manuel d’épigraphie akkadienne de René Labat et Florence Malbran-Labat) [7] :

Enfin, Anton Parks ne tient JAMAIS compte des prononciations locales des termes qu’il « décode ». Il lit et interprète le mot à la française. Il ne lit pas le mot dans la langue d’origine des peuples parlant la langue en question.

Rien que les prononciations de l’akkadien et du sumérien (différenciés dans le tableau ci-dessous) sont singulières et assez complexes, pour nous autres, parlant des langues latines :

Ce qui lui permet de prétendre pouvoir déchiffrer des mots anciens pour en extraire le sens « caché » ou « secret », c’est bien entendu le caractère polyphonique de la langue sumérienne. Nous allons être un peu techniques mais cela est nécessaire.

La langue sumérienne avait pour forme scripturale des signes, des symboles. On les appelle sumérogrammes. Ces sumérogrammes étaient utilisés comme des mots (logogrammes) ou des idéogrammes (symbole traduisant une idée, un concept).
Un sumérogramme pouvait posséder plusieurs significations et avoir donc différentes valeurs phonétiques (ce qu’on appelle la polyphonie). D’un autre côté un son pouvait être écrit avec différents symboles : l’on parle d’homophones. Cette homophonie s’explique par l’écriture sumérienne ; celle-ci possédant de nombreux homonymes à la base représentés par des idéogrammes différents.

Ci-après le son NI sous toutes ses formes écrites :

La complexité de l’écriture sumérienne vient notamment du fait qu’un signe pouvait en parallèle avoir un sens phonétique (syllabique) et idéographique.
Il existait des centaines de sumérogrammes pouvant avoir plusieurs valeurs. Ils sont en général des signes phonétiques (phonogrammes), transcrivant uniquement un son, plus précisément une syllabe.

Le nombre de syllabes (ou particules) sumériennes est gigantesque.
Et comme vous l’avez compris, chaque syllabe possédait un certain nombre de déclinaisons de sens liées au contexte et à l’évolution de la langue sumérienne.

Cette complexité, cette nature polyphonique et homophonique de la langue et de l’écriture des anciens Sumériens, est exploitée pleinement par Anton Parks pour faire passer ses idées.
De ce côté-là M. Parks a été très très malin… et ne pensait certainement pas que quelqu’un se pencherait sérieusement un jour sur sa « thèse révolutionnaire ».

Nous allons vous donner quelques exemples pour bien comprendre.
La syllabe « a » ou [ɑ] en phonétique présente les variations scripturales suivantes en sumérien (non souligné) et en akkadien (souligné) :

Si l’on se place dans la peau du curieux qui cherche les sens de [ɑ], l’on tombera donc sur les homophones suivants :

Si l’on cherche le sens de [ɑ] et tous ses homophones, nous aurons donc des définitions complètements différentes : eau, source, poisson, bras, côté, aile, père, fils, faire… etc.

Il en est de même avec toutes les syllabes sumériennes et akkadiennes.
Il suffit maintenant d’assembler deux ou trois syllabes pour permettre de faire dire TOUT et surtout N’IMPORTE QUOI à n’importe quel terme.

Quelques exemples des décodages d’Anton Parks (nous nous contenterons des premiers exemples donnés dans le tome 1 de sa série) :

« Elohim va donner : EL (ou IL : élevé, être haut), Û (puissant, fort), Hl (mélanger, mêler), IM (argile, boue), soit : EL-Û-HI-IM (le deuxième "i" a disparu en hébreu). Le véritable sens caché d’Elohim (EL-Û-HI-IM) est donc : "les puissants élevés qui ont mélangé l’argile (ou l’argileux : l’Homme !)" [8] »

« Cette "Sagesse" se retrouve dans de nombreux écrits anciens comme la Bible et incarne d’une façon astucieusement détournée la Déesse-Mère. Elle est dissimulée aussi dans le terme hébreu Hokhmah (Sagesse). En traduisant ce mot en sumérien on obtient (le "o" n’existe pas en sumérien) HU-UK-MAH "l’oiseau courroucé qui élargit". Que peut élargir la Sagesse si ce n’est la conscience ?! [9] »

« Cet aspect volatile de la Déesse-Mère se trouve aussi dans la mythologie grecque, où Eurynomé, la déesse universelle et primordiale se changea en colombe afin de pondre l’œuf universel d’où sortit toute chose. Petite parenthèse amusante, si on traduit le nom de la déesse primordiale grecque en sumérien, cela donne ERIN-UM (le "o" n’existe pas en sumérien) : "les troupes de sages-femmes (ou vieilles ou encore antiques femmes)", ou encore ERIN2-UM-ME : "les troupes de sages-femmes aux décrets divins" [10] ».

Comme nous le voyons, tout est extrêmement interprétable et soumis à la grille de lecture de l’auteur. Pourquoi « l’argileux » serait l’homme ?! En quoi un « oiseau courroucé qui élargit » définirait-il la… Déesse-Mère ??!! Quant aux « sages-femmes aux décrets divins »… il faut s’accrocher pour y voir encore une fois une déesse-mère. Sauf, bien entendu, à se soumettre à une certaine pensée New-age !

Nous pourrions de notre côté prendre n’importe quel mot contemporain et arriver à en tirer une définition qui s’accorde au terme en question. Et ce sans interpréter quoi que ce soit par un filtre New-age.
Ci-après nous allons prendre des termes issus du cinéma ou de la télévision, en nous basant sur des noms de personnages, de lieux ou d’objets d’œuvres de Science-Fiction dont M. Parks a dû s’inspirer pour l’écriture de ses histoires (nous en reparlerons dans le dossier consacré aux inspirations, aux sources et aux influences de l’auteur des Chroniques du Girku).

Exemples ci-après ; nous nous sommes inspirés pour certains d’éléments trouvés sur l’ancien forum de l’auteur (aujourd’hui fermé [11]) et pour les autres nous nous servirons des mêmes « réservoirs de syllabes » que ceux exploités par Anton Parks à savoir le Manuel d’épigraphie akkadienne de René Labat et Florence Malbran-Labat [12] et le Sumerian Lexicon de John A. Halloran [13] qu’Anton Parks met en lien sur sa page Contact [14]) :

MUAD’DIB [15] (personnage principal du Cycle de Dune (livres, film), appelé à guider une révolte populaire en « éveillant sa conscience » et celle des opprimés) : avec les syllabes mu7 (pousser, crier), ad (cri, appel, chant) et díb (lever, réveiller), nous retrouvons des épithètes que nous accolons sans mal au personnage de l’histoire (pour peu qu’on ait lu les livres ou vu le film) : celui qui pousse le cri de l’éveil (ou de la révolte). Celui qui lance l’appel de l’éveil. Ou encore mu (nom), ù-a (dormir), díb (lever, réveiller) : le nom de celui qui dort et doit se réveiller, se lever !

ARRAKIS [16] (planète principale de la même œuvre, connue dans toute la galaxie) : même méthode : ár (gloire, renom), ra (inonder, envahir, se répandre), kiš (totalité, ensemble du monde connu) : celle ou celui dont le renom, dont la gloire se répand sur l’ensemble du monde connu.

ZAK’NIK’TEL [17] (arme à feu extraterrestre dans la série TV Stargate, série tirée du film éponyme) : sag (homme), níg (tout), til/tel (exterminer, détruire) : exterminer tout l’homme ou encore détruire tous les hommes.

CHAPPA’AI [18] (la porte des étoiles de la série éponyme) : avec les syllabes suivantes, sá (atteindre, guider), sa4 (appeler), Šà (intérieur, dedans), pà (ouvrir), i (passer outre), i7 (canal), íg/ík (porte), íl (transporteur, élever, être haut, transporter, luire), nous allons pouvoir construire les définitions suivantes (qui s’adaptent parfaitement au contexte, comme par hasard…) :

Sa4.pà.íg : Appeler et ouvrir la porte.
Sa4.pà.íl : Appeler et ouvrir le transporteur.
Sá.pà.i7 : Atteindre et ouvrir le canal.
Šà.pà.íl : Ce qui s’ouvre et luit à l’intérieur/au dedans.
Šà.pà.i : Ouvrir et passer (outre) à l’intérieur/au dedans.

GOA’ULD [19] (les dieux extraterrestres de la
série précitée) : gú (terre, région), a (pères), ùl (splendeur, magnificence), du11 (ordonner) : les pères de la splendeur qui ordonnent la terre, la région ! Nous verrons que cette définition pourrait parfaitement coller aux Gina’abul, le nom des dieux reptiliens décrits par Anton Parks. D’ailleurs la ressemblance entre les deux termes est frappante…

Outre la ressemblance linguistique, nous avons tant dans la fiction que chez Anton Parks des extraterrestres de type « reptilien » qui ont été pris pour de véritables dieux par nos ancêtres. Des dieux immortels, qui pouvaient renouveler leurs corps endommagés par le temps et ont fabriqué des pyramides et autres temples un peu partout sur la planète Terre. Des dieux qui utilisaient des portes et des étoiles et participaient à des batailles spatiales…

JEDI (des films/livres de la licence Star Wars, que nous ne ferons pas l’insulte de vous
définir !) :
Ge6(gi6).da.i : Vaincre la puissance sombre ou se battre contre le côté obscur.
Ge9(gi9).da.i : Triompher de la puissante colère
Ge.da.i : être fort, protéger et triompher.
Gi.da.i : fixer/restaurer la force et triompher.
Terme « décrypté » avec les particules suivantes :

Ge6/gi6 : nuit, sombre, obscure
Ge9/gi9 : colère, fureur
Ge : être fort, tenir ferme
Gi : ferme, fixer, restaurer
Da : fort, puissant, côté, avec, protéger, être près de, lever
I : passer outre, battre, vaincre, triompher.

YODA (maître Jedi de la même série de films) :
I.ù.da : Vaincre la fureur avec force.
I.ú.da : Se battre et protéger.
I.u4.da : Être du côté de la lumière et se battre.
Terme « décrypté » avec les particules suivantes :

I : passer outre, battre, vaincre, triompher
Ú : charge, fardeau, fort, puissant, et
U4 : éclat, jour, lumière
Ù : fureur, dispute
Da : fort, puissant, côté, avec, protéger, être près de, lever

Dans un registre plus sacré et proche de nous, si je « m’attaque » au fils du dieu des Chrétiens, voici ce que cela peut donner :

JESUS :
Gèš.ú : L’homme à charge.
Gèš.u4/u18 : L’homme imposant ou lumineux.
Gi7.zu : le noble à la sagesse ou le noble qui enseigne.
Gi7.su6 : le noble barbu.
I.é.su : le corps que l’on pleure dans les temples.
Ì.e.su : le corps sur lequel on applique l’onction.
I.e.zu : celui qui fait grandir la sagesse, la connaissance.
I.eš.ú : celui qui accroît en nombre les pains !
Terme « décrypté » avec les particules suivantes :

Ì : oindre, onctions
I : pleurs, larmes, pousser, accroître, germer.
E (parler, dire, faire)
É (maison, temple)
Eš (beaucoup, nombreux)
Gíš : pénis, homme (Gèš)
Gi : ferme, stable, durable, fixer, restaurer
Gi7 : civilisé, noble
Ú : pain, charge, fardeau, plante, nourriture, fort, nourrir
U4 : lumière, éclat
U18 : énorme, imposant
Su : corps, chair, peau, restituer, rendre, remplacer
Su6 : barbe, être barbu
Zu : sagesse, connaissance, savoir, enseigner

Dans un registre plus sinistre et lié à l’actualité, nous allons prouver que l’expression « tout et son contraire » prend tout son sens.

Déchiffrons ensemble CORONA(Virus). Selon Anton Parks, « le "o" n’existe pas en sumérien [20] », il le considère donc comme un « u ». Mais quelle valeur phonétique de « u » ?
Toutes évidemment…

Nous obtenons : le Saint cadeau fait à l’être humain (sic !).

Ou encore dans un registre plus absurde :

Les bourgeons qui poussent sur les pierres de la construction,

Offrir de l’encens au poisson (excellente senteur !),

Se nourrir de poitrine de chien (miam !),

Arroser, inonder la ville avec du métal,

La transformation du chien en pierre,

Ou enfin le témoignage du déluge de nourriture !

Avec les syllabes suivantes :

KU : construction
KÚ : nourriture, nourrir
KÙ : métal, brillant, pur, sacré, saint
KU4 : transformer, transformation
KU6 : poisson
RU : cadeau, présent, offrir
RU4 : déluge
RU5 : pousser (des bourgeons)
RU7 : chien
RU9 : ville
NA : être humain, encens
NA4 : pierre, marque, témoignage
NA5 : poitrine
NA8 : arroser, inonder

Ya pas à dire, une belle saloperie ce virus.

Quelques démonstrations qui auront le mérite de prouver qu’il n’est nul besoin d’utiliser des mots de langues mortes pour déchiffrer un code, un sens caché dans tout terme que l’on découpera en syllabes avant de le passer à la moulinette d’un syllabaire quelconque aux propriétés quasi mystiques !

C’est un exercice que pratique régulièrement Anton Parks puisqu’il contrevient régulièrement à ses propres règles : il déchiffre/décompose des noms récents, sans remonter à leur étymologie la plus lointaine pour en découvrir le sens « secret » dans la langue des dieux ou Gina’abulsumérien, ou suméro-akkadien ou proto-sumérien comme il la nomme. Nous pourrions l’appeler Poutine, ce plat qui à Québec est si populaire : avec des ingrédients dedans qui ne sont pas censés se marier… à la base.

Le langage Gina’abul-sumérien en image. Est-ce comestible… ? Nous vous laissons seuls juges.

D’une part, cela met à mal sa thèse « révolutionnaire » puisque cela ne devrait fonctionner qu’avec des mots qui n’ont pas ou très peu évolué et d’autre part nous venons de voir que tout trouvait un sens du moment que l’on en cherche un…

Exemple (un parmi d’autres…) :

Dans le tome 2 de sa série, M. Parks évoque Thor (nom récent), fils d’Odin. Et sans aucune forme de respect pour sa propre thèse, il lui cherche un sens avec du sumérien… plus fort, il ne le prononce pas comme il faut dans la langue d’origine mais à la française, en ignorant donc le /θ/ de THOR et en le prononçant [t]. Si l’on remonte le nom Thor jusqu’au vieux norrois (son étymologie la plus lointaine), l’on arrive à Þórr qui ne se prononce pas du tout comme « l’entend » M. Parks (qui lui le lit « tor » soit [t ɔ r] phonétiquement). [21]

« Thor possède, comme Lucifer, une pierre sur son front ! Ajoutons que Thor pourrait se traduire en TUR en sumérien, c’est-à-dire "le petit" ou "celui qui détruit". [22] »

Comment la recette prend-elle ?
C’est-à-dire comment Anton Parks parvient-il à bluffer son auditoire tout en croyant lui-même que sa méthode est une « thèse révolutionnaire » ?

Trois phénomènes sont à l’œuvre :

1- L’ignorance d’Anton Parks de tout ce qui touche à la phonétique en particulier et la linguistique en général. On peut se prétendre tout ce qu’on veut face à des ignorants et faire croire qu’on ne l’est pas soi-même. On a beau le croire soi-même, cela n’en fait pas une réalité !

2- Le biais de confirmation, qui est le biais cognitif le plus connu et répandu. Pour faire simple : c’est le fait de ne choisir, voir, entendre que des éléments allant dans le sens de sa croyance initiale tout en ignorant/dégradant des arguments allant en défaveur de ses idées. Ce biais couplé à la pratique rhétorique suivante conclut le tableau en beauté.

3- Et l’on appelle cette pratique le « cherry picking » ou cueillette de cerises en bon français. Cette manœuvre consiste à ne choisir, sélectionner, collecter et mettre en avant que des éléments choisis avec soin. Pratique souvent induite par un biais de
confirmation…

Et avec cette recette, comme on l’a vu, on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quel terme, même inventé, à partir d’un syllabaire contenant suffisamment de valeurs…

Nous ne sommes pas les premiers à le remarquer, un des rares scientifiques à avoir lu quelques ouvrages d’Anton Parks, a rapidement remarqué qu’il n’y avait que de la pseudo-science derrière les « thèses révolutionnaires » de l’auteur des Chroniques du Girku.

Je laisse la parole à l’historien des religions Serge Cazelais. Il avait donné dès 2012, dans une interview vidéo [23] donnée à oriandia.com (un forum ésotérique, visiblement), son opinion qui ne diffère pas de ce que nous constatons :

« Puis le tome II, il y a une section à la fin, parce que, étant donné, je peux mieux en parler parce que je l’ai, là, il y a une section à la fin qui se veut plus explicative, puis qui veut essayer de montrer les bases scientifiques puis les bases linguistiques de ses romans, finalement. Parce que pour moi, ce n’est rien d’autre que du roman. Des bons romans… […] Plusieurs des langues sur lesquelles il prétend s’appuyer, les langues du Proche Orient Ancien, bien, je les connais ces langues-là. Ça fait que pour moi, je lis ça, puis c’est de la fiction, ce n’est rien d’autre que de la fiction.

Serge Cazelais a la « ba-na-ne » bien qu’étant en parfait désaccord avec Anton Parks.

Ce que fais un auteur comme Anton Parks… C’est de valeur, je pourrais vous faire rire, j’ai un document quelque part que j’avais composé pour moi-même là, pour prouver que le mot BANANE voulait dire OVNI. [rires] C’est en prenant ba-na-ne en sumérien, et puis en jouant avec ça et en ne tenant aucunement compte de la syntaxe comme fait Anton Parks d’ailleurs, il ne tient aucunement compte de la syntaxe, il fait juste prendre des phonèmes, des racines bilitères, à deux syllabes. Puis il fait n’importe quoi. Il fait dire n’importe quoi. Il prend des mots modernes…

C’est du roman de A à Z. Il n’y a rien, rien, rien de scientifique dans ça au niveau linguistique. Les références qu’il donne, il s’appuie sur de faux documents. Ça va peut-être froisser quelques personnes que je le mentionne. L’Évangile Essénien de la Paix, c’est malheureusement un faux du vingtième siècle. Il cite des mots latins, puis c’est clair qu’il ne connaît pas le latin, Anton Parks. [24] »

Ci-dessus une âme en décomposition… Si nous suivons l’exemple de Serge Cazelais, qui a décomposé-traduit « ba-na-ne » en OVNI, de notre côté nous obtenons : « le puissant témoignage de l’âme » ! Avec les syllabes :
BA7(âme), NA4 (marque, témoignage), NÈ (puissance, puissant).
IN.CR.ED.IB.LE !!!

Quand l’on demande à Anton Parks s’il a été approché par des linguistes concernant son travail… il répond : jamais ! Ci-après, un extrait de son interview de 2012 :

« Question : Nous revenons à nous demander si vous avez été contacté par des spécialistes en linguistique ou des Assyriologues concernant votre travail ?

Anton Parks : Tout le monde s’en moque ! Peut-être un jour si mes ouvrages connaissent un succès international. Et encore, ce fut le cas pour Sitchin, mais personne n’a osé lui dire ouvertement que cette planète des Anunna - base de sa thèse - est nullement mentionnée comme telle dans les textes mésopotamiens. Cela nous aurait permis à tous de gagner du temps sur la recherche. [25] »

L’on comprend vite pourquoi aucun spécialiste ne le contacte.

Un scientifique sérieux ne peut accorder quelconque crédit à ces traductions et autres
« décodages » !
Serge Cazelais allant même jusqu’à prétendre que les documents utilisés par M. Parks sont faux (pour certains).

A-t-il lui aussi recherché la trace du Pr. Don Moore pour finir par en conclure qu’il… avait été inventé de toute pièce par Anton Parks afin de donner du crédit à ses propres traductions qu’il interprète à l’envi par le prisme du néo-évhémérisme ?
Certainement !

Enfin pour conclure sur une note plus amusante, nous allons réaliser l’exact inverse de notre démonstration précédente, soit prendre un terme « proto-sumérien » d’Anton Parks et lui donner une définition différente de celle qu’il a imposée à ses lecteurs. Que signifie donc le nom « secret » des dieux reptiliens, les fameux Gina’abul :

« GI-NA-AB-UL est le nom de la race dont l’histoire vous est rapportée. Sa décomposition sumérienne donne GI-NA (véritable, véridique) AB (contraction de AB-BA "ancêtre, père") UL (magnificence, abondance, splendeur), soit : "les véritables ancêtres de la magnificence (ou de la splendeur)". Bien plus tard, ce terme fut synonyme de lézard chez les sumériens. [26] »

Notre déchiffrage est le suivant, GIN5.Á.ÁB.ÙL : « Les vaches ailées esclaves de leur laisse ! »
Terme « traduit » avec les particules suivantes :

GIN5 : servante, esclave.
Á : aile.
ÁB : vache.
ÙL : tenir en laisse, rênes.

De ce qu’on en sait, notre « traduction » est tout aussi valable que celle d’Anton Parks…


Article suivant du dossier : Dossier n°1-3 : Anton Parks, le Messie et le latin