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Dossier Anton Parks n°2-3 : Références « pseudo-scientifiques », mystiques, loups solitaires et études détournées
Article mis en ligne le 29 mai 2020

par Anpon Tarks

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Lien vers la partie précédente : Dossier Anton Parks n°2-2 : Inspirations artistiques


Nous évoquerons ici les relations qu’Anton Parks prétend avoir eues dans le cadre de la rédaction de ses ouvrages (hors Don Moore qui, comme nous l’avons vu dans le précédent dossier, s’est avéré n’être que l’un de ses avatars), ainsi que les références sourcées dont il s’est servi pour faire avancer ses thèses dans la direction voulue.

L’une des premières « personnalités » à être entrée en contact avec Anton Parks est l’auteur argentin New-age Marcello G. Martorelli. Pourquoi New-age ? Son premier livre, son unique ouvrage (de 2005), a pour titre L’appel planétaire des maîtres de la terre creuse [1] et le texte suivant devrait entériner pour de bon la chose. Martorelli y parle de l’expédition avortée de Steve Currey et du message qu’il a reçu des habitants de la Terre creuse : « La nouvelle tournure que prend actuellement l’organisation de l’expédition ne correspond malheureusement en rien à ce que veulent les Maîtres de la Terre Creuse. Je vous l’assure ! Nous devons nous montrer extrêmement prudents… Louer un bateau, un avion ou autre, correspond à vouloir pénétrer chez EUX par nos propres moyens et ce, sans LEUR invitation ou autorisation. Vous semble-t-il, nobles amis, qu’une telle attitude soit susceptible de nous conduire à bon port ?
N’est-elle pas plutôt le signe d’un orgueil démesuré ? ILS existent et ILS sont là, mais cette modalité n’est pas celle qu’ILS ont choisie. ILS m’ont dit spécifiquement qu’en aucune circonstance, les membres de l’expédition ne devraient être choisis en fonction de facteurs économiques, de leur enthousiasme, de leurs envies, désirs ou supposées convictions. [2] »

Dans le lien en bas de page de cette lettre ouverte de Martorelli (dont nous ne citons qu’un court extrait), celui-ci nous fournit la représentation d’un « Être du Monde Intérieur ». Voir ci-dessous. Est-ce bien clair que nous sommes très loin des Gina’abul et plutôt dans le délire New-age pur et dur ?

L’expédition évoquée devait être menée par l’explorateur américain Steve Currey en 2006, mais celui-ci mourut d’un cancer avant le départ. Sur les sites conspirationnistes on attribua bien entendu son cancer aux puissances de l’ombre qui ont assassiné l’explorateur pour empêcher l’humanité d’accéder à la vérité ! [3] L’expédition devait passer par le pôle Nord pour accéder au centre de la Terre. A ce propos, les « Êtres du Monde Intérieur » auraient communiqué télépathiquement à Martorelli l’information suivante qu’il relata à ses adeptes : « ILS lui ont annoncé que le départ de Steve était "une sorte de signal qui ne devait pas être pris à la légère", mais que l’expédition à l’intérieur de la Terre aurait bien lieu, toutefois dans des conditions différentes de celles qui avaient été initialement envisagées. [4] »

En 2007, une nouvelle expédition était montée, mais faute de moyens elle fut annulée. Le site web est pourtant toujours en ligne. [5]
Bien dommage, 13 ans plus tard point d’exploration de la Terre creuse à l’horizon…

Quant à l’explorateur Steve Currey, il n’était pas très connu publiquement. Avant, bien entendu, de faire parler de lui dans le cadre de l’expédition vers la Terre creuse. Il hérita de la société spécialisée dans les excursions sur rivières, le kayak, le rafting ou la pêche créée par son père Jack Currey. Il est malheureux à dire que son cancer avait certainement dû commencer à lui faire perdre la raison. L’on retrouve sur son site web le programme du voyage de 24 jours destiné à atteindre le centre de la Terre. Aux jours 15 et 16 du séjour il était question de la descente vers la Cité de l’Eden pour visiter le Palais du Roi du Monde Intérieur (sic !). Le tarif d’entrée pour ce voyage inoubliable : presque 19 000 $. [6] En comparaison, les Croisières du Mystère et de l’Inexpliqué du media conspirationniste New-age BTLV font figure de séjour gastronomique à destination du troisième âge !

Marcelo Martorelli à gauche et Steve Currey à droite.
Deux de ces deux individus ont perdu la tête, saurez-vous deviner lesquels ?

Nous avons tenté de contacter M. Martorelli mais en vain. Anton Parks aurait rencontré Martorelli et son épouse sur Paris en 2005 pour évoquer cette expédition selon une source anonyme. Mais nous n’aurons pas confirmation publique que lui et Steve Currey avaient contacté Anton Parks dans le cadre de leur voyage au centre de la Terre.
Par ailleurs, il n’a jamais été précisé dans les communications de Martorelli que les Êtres du Monde Intérieur avaient quoi que ce soit à voir avec des Reptiliens et qu’il serait nécessaire de décoder le Gina’abul-Sumérien pour leur parler étant donné qu’ils communiquent par… télépathie !

Passons à une personnalité un peu plus croustillante et palpable… Gerry Zeitlin.
Déjà évoqué dans notre premier dossier, rappelons que Gerry Zeitlin était un ingénieur en électricité américain, qui intervenait sur le projet parallèle à SETI [7] (Open SETI, aujourd’hui éteint). Il a rapidement pris contact avec Anton Parks (dès 2006) et adhéré aux thèses néo-évhéméristes de l’auteur. Mais Gerry Zeitlin était proche des réseaux New-age et il était, bien avant son rapprochement avec M. Parks, complètement persuadé de la présence d’entités extra-terrestres sur Terre depuis des millénaires.

Dès le tome 2 de sa série littéraire (et ensuite dans son essai le Testament de la Vierge), M. Parks s’empresse d’adosser son nom à celui de Zeitlin : « avec la collaboration du scientifique Gerry Zeitlin pour les graphiques et les schémas. » Toujours une bonne façon de se donner du crédit en posant aux côtés d’un scientifique.

La liaison entre Gerry Zeitlin (et son épouse) et Anton Parks est précisée dès la note de l’auteur du tome 2 : « Il y a, parmi les personnes qui m’ont contacté, le scientifique Gerry Zeitlin et sa femme Malou. C’est par l’intermédiaire du journaliste Alain Gossens que la connexion a pu s’établir. Gerry, Malou Zeitlin et moi-même communiquons souvent sur les "Chroniques", et le travail qu’ils réalisent sur leur site étonne le public jour après jour. Nous nous considérons comme des amis.
Je tiens à préciser ici que l’enquête et la réflexion menées par Gerry Zeitlin à partir de mes écrits sont des pièces incontournables qui permettent d’appréhender l’ensemble des "Chroniques du Girkù ’" de façon parfaite. Les graphiques et schémas qu ’il a réalisés pour cet ouvrage et pour son site Internet apportent à cette série la dimension qui lui manquait. Je dois avouer que sa méthode de travail me plaît beaucoup. Je remercie donc une nouvelle fois, et du fond du coeur, Gerry et Malou Zeitlin pour leur précieuse collaboration, leur travail décisif et leur grande patience. [8] »

Dans son premier essai, il complète : « Les parcours professionnels et respectifs du scientifique Gerry Zeitlin et de son épouse Malou, dans des domaines aussi variés que la physique, l’astrophysique, l’astronomie, l’aérospatial, la Nasa, le projet "Seti" et le ministère de la Défense américain, me permettent de soutenir ce que j’avance. [9] »

Ce n’est pourtant pas ce qu’on pouvait lire sur le CV que Gerry Zeitlin lui-même avait publié sur son site Web. [10] Nous avons affaire effectivement à un ingénieur diplômé de l’Université de Colorado (M.S.E.E. 1969). Sa thèse reposait sur les propagations des ondes à hautes fréquences. Il a remporté un prix de la NASA pour sa contribution au développement des méthodes avancées d’analyse SETI à haute vitesse au NASA Ames Research Center. Il aurait poursuivi des études en physique, astrophysique et astronomie sans toutefois avoir été diplômé dans aucun de ces domaines. Le projet SETI étant trop lent et trop peu ambitieux à son goût, il décida d’opérer en cavalier seul et de lancer OpenSETI.
Quant à Malou Zeitlin, nous n’avons aucune information publique à son sujet hormis ce que nous en dit M. Parks.

Autant G. Zeitlin peut passer pour un loup solitaire qui a déraillé et perdu la route de la science, autant Malou… permettez-nous de douter de son parcours professionnel au sein de la NASA, les services secrets américains ou en tant qu’assistante de George H.W. Bush.

Pour Gerry, il suffit de lire quelques-unes de ses « compositions » personnelles pour comprendre que la science était loin derrière comme celle-ci où il évoque l’esprit de la Terre, les dimensions d’existences 3D/4D, les entités extra-terrestres œuvrant pour elles-mêmes ou pour les autres (idéologie propagée par la gourou Laura Knight-Jadczyk dont nous reparlons plus bas) dans un manichéisme que n’aurait pas renié Georges Lucas : https://web.archive.org/web/20050415004534fw_/http://www.zeitlin.net/EndEnchantment/Matrix.html

Quant à Malou, sur le même site, en parallèle de son époux, elle produisit plusieurs textes évoquant tour à tour Shamballa [11], les dieux du Ciel (Sky Gods) [12], comparant les tablettes numériques aux tablettes d’argiles sumériennes [13], se fendant d’autres textes purement New-age.

Rare photo de Gerry Zeitlin ayant abandonné le côté obscur de la Science pour œuvrer du côté des forces du New-age au travers des enseignements des Anciens Astronautes.

Pour conclure, sur le site de l’OpenSETI, G. Zeitlin proposait une page de références d’ouvrages essentiels à ses yeux. Nous ne vous la listerons pas ici mais cette liste est complètement compatible avec les théories des Anciens Astronautes citant notamment Von Däniken et d’autres ufomaniaques du même acabit ! [14]

Dans le Testament de la Vierge, Anton Parks annonce de futurs travaux de Gerry Zeitlin : « Dans la culture égyptienne, Mulge est assimilée à une colline de l’horizon brisée, donnant naissance à un nouveau soleil. Ce soleil n’est autre que Vénus avant qu’elle ne trouve définitivement sa place dans notre système solaire. Le Dr Immanuel Velikovsky a démontré dans son best-seller, “Mondes en Collision”, le bien-fondé de cette thèse révolutionnaire. J’ai à mon tour modestement apporté quelques pierres à cet édifice, dans Ádam Genisiš. De son côté, Gerry Zeitlin travaille sur la question et a édité une étude sur ce thème. Elle figurera sur son site Internet : www.ages-of-uras.com. [15] »

Ces travaux n’auront jamais lieu et dans le tome 3 des Chroniques du Girku, Zeitlin n’est plus du tout cité.
Que s’est-il passé entre temps ?

Nous l’apprenons dans l’interview d’Anton Parks de 2014 (éléments qui ont disparu de l’interview officiellement diffusée sur le site de l’auteur mais toujours présents sur le Blog http://paroleaupeuple.over-blog.com

« Question  : Une interview de Gerry Zeitlin vient d’apparaître dernièrement sur le Web français : https://www.youtube.com/watch?v=MmZO8Z2HEn4. Il est beaucoup question de vous et de votre collaboration avec M. Zeitlin. D’emblée, l’interview démarre en annonçant que M. Zeitlin aurait participé à l’écriture des premiers tomes des Chroniques…

Anton Parks : Oui, j’ai écouté cette interview. Il n’a pas dû être facile à Gerry de répondre à ma place à des questions concernant les Chroniques du Girkù. Gerry rectifie cette erreur plus loin en annonçant qu’il a réalisé certains graphiques et images qu’il s’était proposé de créer pour le tome 2 et ensuite pour la réédition du tome 1, ainsi que l’excellent site où il étudie en profondeur le contenu des deux premiers tomes des Chroniques avec sa propre compréhension à la lecture de celles-ci.

Question  : Dans cette interview, Gerry n’a pas toujours des mots tendres à propos de votre femme Nora et de vous-même. Il est dit que votre femme souhaitait vous faire passer pour le Christ et elle, la réincarnation d’Isis…

Anton Parks : Ma femme et moi n’avons jamais prétendu de telles énormités à propos d’Osiris, Isis, Horus, le Christ, etc. Je me dois de rectifier ces propos parfaitement erronés. Je n’ai jamais eu la prétention de penser, ni même ma femme, que je serais le Christ réincarné, quelle bonne blague, c’est tout bonnement de la discrimination. J’ai toujours dit me moquer royalement de savoir qui j’aurais pu être dans une autre vie que cela soit en interview et même en privé. Ce qui compte, c’est cette vie et l’instant présent. Nora est du même avis que moi. Si nous pensions avoir été de tels personnages, nous aurions pu créer « un mouvement ésotérique » et récolter de l’argent en demandant des droits d’auteur ! Imaginez : « Isis et Osiris vous invitent à un voyage en Égypte. Ils vont feront parcourir les pistes secrètes des dieux et vous dévoileront l’énergie des anciens et le fonctionnement de la Grande Pyramide pour la modique somme de… Venez nombreux ». C’est certain, cela aurait marché du tonnerre !

Note de « Anpon Tarks » : n’est-ce pas à peu près ce qu’il propose aujourd’hui avec sa compagne Hanael en embarquant sur la Croisière du Mystère et de l’Inexpliqué : https://btlv.croisiland.com/ proposée par le media conspirationniste BTLV ? Incroyable retournement de situation…

Trêve de plaisanterie, il y a eu une rupture entre Gerry et moi à partir de 2009, lorsque j’ai décidé de réaliser des essais et de quitter ponctuellement les Chroniques. Je pense qu’il y a eu beaucoup d’incompréhensions chez les Zeitlin lors de la sortie du TESTAMENT DE LA VIERGE. Déjà concernant la couverture du livre : c’est ma femme Nora qui pose pour cette occasion, Gerry le sait très bien et c’est l’une des rares personnes à avoir été dans la confidence. (…) J’avais besoin de modèles et je n’allais pas payer des figurants pour faire cela alors que je gagne une misère en droits d’auteur et qu’il fallait payer l’artiste peintre de ma poche. Je suppose que ces incompréhensions proviennent du fait que beaucoup de lecteurs nous associent à ces personnages parce que nous avons reçu des éléments concernant leur histoire. (…)
Vient ensuite s’ajouter à tout cela le fait d’avoir suggéré à ma femme de rédiger un dossier à la fin du T3 des Chroniques (version Nouvelle Terre) puisqu’elle a reçu, elle aussi, des visions par le passé et qu’elle avait des éléments à apporter sur la séquestration de Sé’et (la future Isis) sur la planète Mars. Nora possède d’autres informations, elle est loin d’avoir tout raconté. Les Zeitlin ont vu d’un très mauvais œil que Nora ait pu recevoir des visions bien avant notre rencontre, ce fait n’est jamais passé chez eux.

Note de « Anpon Tarks » : il est surprenant de constater que toutes les compagnes d’Anton Parks ont reçu des visions parfaitement identiques à celles reçues par ce dernier… ont-elles aussi besoin d’une casquette pour bloquer les visions ? Retenons aussi la princesse retenue contre son gré sur Mars, l’influence d’Edgar R. Burroughs est ici flagrante…

A cette même époque s’ajoute encore un autre événement mal interprété autour de nous : ma femme et moi avons effectué un mariage chrétien à l’Église. Pourquoi ? Parce que cette religion nous a permis de nous construire durant notre jeunesse, c’est celle dans laquelle nous nous retrouvons sur certains points, encore aujourd’hui. Notre prêtre était africain et nous avons réussi à faire lire des passages gnostiques lors de la célébration à l’église… Ce n’est pas parce que j’attaque la religion judéo-chrétienne dans certaines parties de mes ouvrages, que je dois pour autant la renier totalement.

Question  : Il est dit également que vous auriez dédié un de vos livres à votre femme.

Anton Parks : Oui, j’ai dédié le T3 des Chroniques à Nora. Je lui devais bien cela en vue de son implication dans ma vie et des efforts qu’elle effectue au quotidien pour me permettre de poursuivre mon travail.

Note de « Anpon Tarks » : cette affirmation contraste complètement avec les récentes affirmations d’Anton Parks lorsqu’il présente son ex-femme comme une perverse narcissique qui l’a poussé jusqu’à la tentative de suicide selon ses propos tirés de cette interview du 10 avril 2019 donnée au média NureaTV :

Question  : Gerry se plaint que ses graphiques ne sont plus présents dans les dernières éditions et que se soient celles de votre femme Nora qui les remplace.

Anton Parks : C’est exact. J’ai proposé à ma femme de refaire l’intégralité des graphiques lorsque nous avons découvert que les versions réalisées par Gerry en 2007 (T2 et réédition du T1) comportaient plusieurs erreurs au niveau des descendances de certaines lignées et personnages, des problèmes de datation, ainsi que des erreurs sur les manipulations génétiques. (…) Durant les années 2007-2008, j’étais sur la fin de la rédaction du T2 et sur LE TESTAMENT DE LA VIERGE, j’aurais dû vérifier un peu mieux ces graphiques avant publication, mais j’ai manqué de temps. J’ai survolé le travail de Gerry, sans me poser de question, et ce fut une erreur de ma part.

Note de « Anpon Tarks » : décidemment les relations d’Anton Parks avec ses amis et amantes sont fort complexes ! Présentant l’aide et les éléments fournis par Gerry Zeitlin comme étant d’un grand apport, il eut tôt fait de dénigrer son travail dans ce qu’il présente comme un manque de temps pour vérifier les éléments que Zeitlin lui confiait. Au regard de nos analyses passées et à venir, nous constatons en effet que M. Parks prend rarement le temps nécessaire d’analyser nombre d’informations avant de les publier dans ses ouvrages…

Question  : Gerry Zeitlin laisse sous-entendre que depuis le T3 des Chroniques, votre travail est médiocre et que vous faites de la science-fiction.

Anton Parks : C’est parfaitement son droit de penser cela, particulièrement depuis que je ne suis plus en contact avec lui. Gerry n’est pas spécialisé en Égypte ancienne et possède plutôt des notions concernant Sumer, sujet des deux premiers tomes des Chroniques. Dans ces conditions, je ne suis pas étonné que les ouvrages édités ensuite ne lui évoquent rien et qu’il les regarde comme de la SF. Et comme vous le savez, j’ai aussi traduit de larges passages de la section E.VI à Edfu et ces traductions confirment ma thèse sur l’électromagnétisme (LE TESTAMENT DE LA VIERGE) et sur les combats aériens d’Horus à l’aide de machines volantes (LE REVEIL DU PHENIX). Prétendre que rien n’est bon depuis 2009 est un cliché de mauvais goût.

Note de « Anpon Tarks » : ne pas comprendre parfaitement la culture égyptienne semble être un argument suffisant aux yeux d’Anton Parks pour classer Zeitlin dans la catégorie des ignares qui ne peuvent pas accepter la Vérité vraie : soit des batailles aériennes et de l’énergie électromagnétique dans l’Antiquité. Évidemment ses traductions sont biaisées comme nous l’avons vu dans le dossier n° I mais M. Parks ne voit pas d’un bon œil qu’on classe ses écrits comme de la fiction !

Question  : Selon M. Zeitlin, le tome 3 ne proviendrait pas de vos visions et serait inventé de toutes pièces…

Anton Parks : Gerry oublie que j’ai reçu à nouveau des visions lors de mes deux voyages en Egypte de 2007 et 2008. Cela a suffisamment frappé les proches qui m’entouraient surtout que je leur avais expliqué quelques passages interceptés à cette époque. Par exemple, les formes définitives des deux objets volants (« Oiseau Bleu » et « Oiseau Noir ») sur lesquels Gerry a passé de nombreuses heures de modélisation proviennent de ces visions. Je pense surtout que Gerry est amer depuis 2009. Je ne lui en veux pas, car il lui manque des éléments pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

Note de « Anpon Tarks » : est-ce que nous touchons là à un point essentiel des écrits d’Anton Parks ? A savoir qu’ils ne sont rien d’autre que le fruit de son mental… les rumeurs selon lesquelles il aurait présenté ses travaux initialement comme de la fiction aux éditeurs – voir l’article précédent – associées à ces informations de Zeitlin, qui est certainement la personne ayant le plus travaillé aux côtés de M. Parks, semble nous orienter dans la direction de la pure invention, ce dont nous nous doutions depuis le début.

Question  : Justement, Gerry Zeitlin déplore que vous ne communiquiez plus ensemble depuis plusieurs années. Que s’est-il passé ?

Anton Parks : Nos rapports se sont terriblement dégradés lors de la sortie du TESTAMENT DE LA VIERGE, sans doute pour les raisons évoquées plus haut. (…)
A cette même époque Gerry travaillait également sur des images de vaisseaux spatiaux initialement prévues pour LE REVEIL DU PHENIX. Ouvrage dont j’entends dire dans cette interview que Gerry assimilerait à de la science-fiction. Je doute que Gerry Zeitlin aurait travaillé sur ces vaisseaux si c’était pour lui de la science-fiction, il a autre chose à faire de bien plus intéressant surtout avec ses connaissances en astrophysique. »

Note de « Anpon Tarks » : comme nous l’avons vu, Zeitlin n’a pas travaillé à la NASA et n’a aucune reconnaissance particulière en astrophysique. La valeur de ses connaissances est donc toute relative. [16]

Clôturons l’ubuesque dossier Zeitlin et penchons-nous sur quelques relations rapides avant d’entrer dans les domaines des chercheurs dont s’inspire Anton Parks.
Parmi ces connaissances citons Alain Gossens et James G. Rooms.

Le premier était un journaliste belge indépendant à l’origine du média conspirationniste Karmapolis. Dans son interview de 2014, Anton Parks précise qu’il avait connu le premier livre de l’auteur lors d’une conférence donnée par Nenki-François Pierre en 2005. Officiant préalablement au sein de la RTBF, il dévissa progressivement vers le complotisme avec l’affaire Dutroux et les réseaux pédophiles. Il s’intéressa de fait aux théories développées par M. Parks quant aux origines de l’homme, la manipulation des masses, les Illuminati comme en témoignent les interviews que lui a données l’auteur des Chroniques du Girku sur son site Web. [17]
À mesure qu’il rentra dans cette mouvance conspirationniste, il devint petit à petit troublé, paranoïaque au point de sombrer dans la drogue. Il mit fin à ses jours dans l’été 2010 accablé par ce qu’il croyait du monde qui l’entourait… une triste fin qu’Anton Parks met en partie sur le compte d’un certain « Michel » dans son interview de 2014 sans toutefois remettre en cause son rôle et celui de ses écrits dans cet acte désespéré. Il ne peut visiblement pas venir à l’esprit de M. Parks que sur les « 150 000 exemplaires » vendus de ses livres, certains de ses lecteurs, fragiles psychologiquement, manipulables, convaincus par l’existence du langage Gina’abul-Sumérien et autres révélations extraordinaires, en viendront à préférer la mort que la vie au sein d’une humanité maintenue sous une gouvernance cachée d’entités d’Outre-espace qui se nourrissent de nos peurs et peuvent nous enlever à n’importe quel instant dans une dimension parallèle ! Non, jamais… jamais cela n’effleurera l’esprit de M. Parks qu’un lectorat aussi étendu et investi dans une mouvance paranoïaque que celle qu’il entretient ne puisse voir dans ses Chroniques autre chose que l’éternel recommencement d’un infini désespoir. C’est pourquoi il persiste et signe, ses séries romanesques de la véritude continueront ; une bien belle responsabilité sur les épaules.

Dans un registre moins glauque, évoquons rapidement une personne présente dans les remerciements du tome 2 et qui rédigea la préface du tome 3, un certain James G. Rooms. Dans cette préface, l’on voit rapidement à qui l’on a affaire, visiblement un expert scientifique : « Les travaux de Darwin présentent de nombreuses lacunes et incohérences, notamment au niveau de l’existence (supposée) d’espèces intermédiaires. Il s’avère impossible, au départ d’une poignée d’ossements parfois frauduleux, d’édifier une science exacte. [18] »
James G. Rooms était l’éditeur du magazine L’Égypte : Terre d’histoire & de mystères, petite revue ésotérico-mystique publiée par la Fondation Horus (aujourd’hui disparue). James G. Rooms s’est spécialisé dans les revues plus ou moins éphémères aux titres racoleurs : Les Arcanes de l’Histoire, Les grands mystères des sciences sacrées, Les grands mystères de l’Histoire, Dossiers secrets d’État, etc. [19] Il donna la parole à Anton Parks dans deux interviews données dans deux de ses revues. Dans son interview de 2007, il précise avoir rencontré aux côtés de son futur éditeur Pierre Mazé (Nouvelle Terre [20]), un certain Christian Cotten qui le conseilla au sujet de ses visions. [21] En qualité de psychothérapeute il avait peut-être son mot à dire, mais de quoi d’autre ont-ils bien pu discuter ? Une rapide recherche au sujet de M. Cotten nous informe qu’il s’agit d’un complotiste convaincu qui s’acharne à tenter de prouver l’existence d’un Nouvel Ordre Mondial et d’un complot juif… [22] Sans vouloir donner dans l’accusation par association, nous constatons une fois de plus que les théories développées par Anton Parks attirent les idéologues d’extrême droite. Comme nous l’avions évoqué plus haut, théories des Anciens Astronautes et idéologies fascistes jouent dans le même orchestre…

Si James G. Rooms se donne des airs académiques au travers sa fondation et ses revues, il n’en reste pas moins un ésotériste comme les autres et ses revues n’ont pas plus de valeur scientifique qu’un magazine Nexus ou Top Secret.

C’est également le cas d’autres sources d’informations d’Anton Parks.

La plus réputée d’entre elle est Antoine Gigal.
Anton Parks la cite à plusieurs reprises dans ses ouvrages. Dans le Testament de la Vierge, il reprend la datation fantaisiste de 12 000 ans quant à la date de construction de la pyramide de Chéops. [23] Quand dans le tome 2 de sa série littéraire, il exploite son idée d’un réseau souterrain sous le plateau de Gizeh. [24]
Il va nous être inutile de dresser un portrait de Mme Antoine Gigal puisque Irna s’en est chargée pour nous. Dans son dossier « Antoine Gigal, ufologue et pseudo-égyptologue », Irna décrit avec force détails les activités pseudo-scientifiques et prolifiques de Mme Gigal qui semble plus intéressée par le portefeuille des crédules que par la recherche archéologique : Antoine Gigal, ufologue et pseudo-égyptologue
A l’instar d’Anton Parks, elle prétend posséder une maîtrise des langues anciennes (sanskrit, latin, grec ancien, égyptien) alors qu’on ne trouve aucune trace fiable de ces affirmations. Elle réfute le fait scientifique, parlant même de complot scientifique (sic !) mais se réfère à des papiers publiés lorsque ces derniers vont dans le sens de ses affirmations bancales. En somme elle use des mêmes mécanismes que M. Parks pour un but identique : tromper un lectorat crédule pour vendre ses productions.

Nous allons enfin évoquer rapidement les autres sources biaisées dont s’est servi Anton Parks pour la rédaction de ses ouvrages :

Les créationnistes américains Michael Cremo et Richard Thompson sont cités en exemple à plusieurs reprises, recevant les louanges de M. Parks. Leurs écrits sont bien entendu dénués de fondements scientifiques et pétris de preuves fabriquées/biaisées loin de nous rassurer. [25] Rappelons que ces auteurs sont membres d’un institut qui est la ramification « scientifique » de la Société Internationale pour la Conscience de Krishna (secte avérée). [26]

Arthur David Horn, auteur d’un livre dont le titre se passe de commentaires (Humanity’s Extraterrestrial Origins) voit son travail qualifié de « remarquable ». [27]

Les auteurs et ethnologues français Marcel Griaule et Germaine Dieterlen, qui ont présenté dans leur ouvrage commun Le Renard pâle, la théorie selon laquelle le peuple dogon du Mali aurait des connaissances avancées sur le système stellaire de Sirius, sont cités plusieurs fois par M. Parks dans son tome 2. [28] Ces théories ont été déboulonnées depuis bien longtemps et n’ont jamais été prises au sérieux dans tous les cas. [29]

Anton Parks cite un article de Science et Vie de 2015 lui permettant d’affirmer que Néandertal était un « bug » évolutionnaire et qu’il n’avait aucun lien avec Homo Sapiens. [30]
Dommage, il est prouvé que notre ADN contient des gènes de l’Homme de Néandertal… [31]

L’auteur américain et pseudo-archéologue, adepte des émissions Ancient Aliens, David Childress, est cité pour ses travaux qui auraient prouvé l’existence de l’utilisation de l’énergie électrique durant la haute Antiquité (sic !). [32]

Dans le tome 2, M. Parks évoque l’illustre égyptologue Selim Hassan, auteur d’une encyclopédie en 16 volumes. Enfin, il reprend une fois encore les dires de Antoine Gigal qui les reprit elle-même de Hugh C. Randall-Stevens, un mystique qui oeuvra de la fin du XIXe au début du XXe pour faire accepter l’existence de l’Atlantide. C’est Randall-Stevens qui affirma que Selim Hassan décrivit un sanctuaire souterrain, des couloirs et des temples sous le plateau de Gizeh. [33] Le mystique évoquait-il la découverte laissée en suspens par M. Hassan du fameux puits d’Osiris [34] ? Certainement. Il ne se contenta pas de reprendre les propos de Selim Hassan, il les déforma pour transformer un puits en réseau de tunnels ! Et comme avec tout mauvais téléphone arabe, l’information est passée de Randall-Stevens à Antoine Gigal et de Gigal à Anton Parks sans aucune forme d’analyse critique. Demandons-nous maintenant pourquoi aucun archéologue depuis 100 ans n’aurait cherché à explorer ces tunnels décrits par Hassan si ceux-ci existaient ? Pourquoi laisser en suspens une découverte majeure de ce calibre ? Encore un coup de la « Mafia scientifique » ? Dans le même paragraphe, M. Parks évoque également les visions pertinentes d’Edgar Cayce en lien avec ces révélations de Antoine Gigal. [35] Edgar Cayce était également un mystique dont aucune prophétie ne s’est révélée exacte. Il préfigura le mouvement New-age et, sans s’en douter, lancera une idéologie sectaire aujourd’hui encore vivace aux USA.

David Childress sait pourquoi vous ne voulez pas croire que les anciens Égyptiens utilisaient l’énergie électrique pour éclairer les pyramides.

Dans le tome 3, l’explorateur britannique Waddell Laurence est mis en avant comme argument… bancal. Anton Parks se sert de ses travaux pour tenter de prouver que la civilisation de la vallée de L’Indus n’était qu’une simple colonie du pays de Sumer. [36] Ce qui bien entendu a été déboulonné et qui n’était pas pris au sérieux depuis longue date. [37]
Waddell Laurence était dans l’erreur de par ses biais idéologiques ; ses arguments reposaient sur le fait que tout acte civilisationnel devait être le fait d’Indo-européens et donc d’Aryens, comprenez des hommes de type caucasien dirions-nous aujourd’hui. La recherche archéologique sert parfois de terreau à un certain racisme latent ; inutile de redessiner le lien entre pseudo-archéologie et extrême droite…

Mais concluons sur ce sujet avec l’anthropologue allemand Frédéric Falkenburger. Dans son essai la Dernière marche des dieux, Anton Parks se sert des études sur la crâniologie de l’anthropologue pour servir son propos, à savoir que les Cromagnoïdes provenaient des Canaries (anciennement l’Atlantide) et ont envahi l’Afrique du nord et l’Europe par l’Ouest. [38] Outre le fait que génétiquement il est prouvé que c’est l’exact inverse qui s’est produit (Canaries [39] et Afrique du Nord [40] peuplées depuis l’Est et le Sud), M. Parks invoque la pseudo-science de la crâniologie pour servir son propos. Rappelons que la crâniologie a été développée à une époque (XVIIIe) où les progrès scientifiques ont été utilisés par certains érudits pour justifier le racisme. Ainsi mesurait-on la taille des crânes des races d’hommes blancs et noirs tout en tentant de démontrer que ceux des blancs étaient plus larges offrant plus d’intelligence à leur propriétaire ! Nous vous renvoyons au livre référence sur le sujet (pour en finir avec ces pseudo-sciences affiliées aux idéologies racistes), la Mal-mesure de l’homme de Stephen Jay Gould. [41]

Sur une tonalité plus légère évoquons les références d’Anton Parks :
- au français Émile Amélineau, passablement évhémérisme [42], dans la Dernière marche des dieux. [43]
- A la britannique Dorothy Louise Eady, qu’il cite comme étant égyptologue ce qui n’a jamais été le cas. [44] Une dame au demeurant sympathique et dévouée à l’Égypte mais dont les visions du passé (dans la peau d’une prêtresse égyptienne) ne prouvent que deux choses : qu’elle s’était cognée la tête beaucoup trop fort en tombant dans les escaliers [45] et qu’étrangement elle n’a vu aucun Gina’abul dans ses visions à une époque et un lieu où les dieux reptiliens étaient supposément présents ! Donc soit ses visions sont fausses, soit celles d’Anton Parks le sont, soit les deux n’ont perçu que le fruit de leur imagination.
- A Albert Slosman, passionné d’Égypte mais pas égyptologue comme le prétend encore Anton Parks (qui voit des scientifiques partout, surtout parmi les chercheurs qu’il cite en référence !), qui a rédigé une trilogie plus romancée que scientifique sur la fin de l’Atlantide et les débuts de la civilisation égyptienne. [46]
- A l’inévitable ingénieur serbo-américain Nikola Tesla qui hante à peu près tous les livres conspirationnistes récents. Tesla servit dans deux de ses essais à Anton Parks pour tenter de prouver que l’Arche d’Alliance, le bâton de Moïse [47] et les piliers Djed [48] étaient des technologies basées sur l’électromagnétisme, et de faire le rapprochement avec HAARP…
- A Jean-Louis Naudin [49], promoteur de l’existence de l’énergie libre, indirectement par la reprise d’informations du site quanthomme.com (aujourd’hui éteint). [50] M. Naudin en appelait également à Tesla pour expliquer le résultat de ses travaux, bien entendu biaisés. [51]
- Au gourou Laura Knight-Jadczyk qu’il cite pour ses travaux (sic !) sur la Bible dans le Testament de la vierge. [52] Rappelons que Mme Knight-Jadczyk gère le site conspirationniste SOTT [53] (« Sign Of The Times ») proche des mouvances antisémites et que son mouvement est considéré comme une secte. [54]
- Au chimiste français controversé Joseph Davidovits, dont Anton Parks reprend la théorie du moulage des pierres des pyramides égyptiennes mais également les recherches sur la Bible (dont M. Davidovits serait expert). [55] Bien entendu le chimiste est loin d’être expert en égyptologie ou en histoire des religions [56] ; sans parler de sa théorie infondée des géopolymères à laquelle aucun scientifique n’adhère. [57] Encore un loup solitaire…
- A l’auteur Roger Sabbah, qui a rédigé plusieurs ouvrages sur l’Égypte et les Hébreux qu’Anton Parks boit comme du petit lait [58] mais dont la crédibilité est proche du néant. [59]
- Au fameux psychiatre russe Immanuel Velikovsky, qu’utilise M. Parks comme garant pour sa théorie du « billard cosmique » entre Mars, Vénus et la Terre, l’évidence d’un Déluge universel et autres joyeusetés sans fondement. [60]
- A l’architecte français Gilles Dormion, passionné d’égyptologie, qui rédigea un ouvrage tentant de prouver l’existence d’une chambre secrète au sein de la pyramide de Chéops. Anton Parks reprend cette théorie à son compte dans le Testament de la vierge. [61] Les travaux et relevés de Gilles Dormion servent à toutes les modélisations 3D de la chambre du Phénix décrite par Anton Parks. Malheureusement les hypothèses de M. Dormion n’ont jamais pu être prouvées [62] malgré la qualité reconnue de ses travaux et, du reste, il n’y aucune chambre secrète dans la pyramide de Chéops, tout juste une supposée cavité récemment proposée. [63]
- Aux incontournables Robert Bauval (ingénieur civil britannique) et Graham Hancock (journaliste britannique), spécialistes des thèmes favoris des pyramidiots : théories des Anciens Astronautes, Atlantide et autre Déluge global. Anton Parks les convoque dans l’un de ses essais pour confirmer ce qu’il présuppose, à savoir que la pyramide de Chéops aurait été bâtie il y a 12 000 ans et que ses conduits sont orientés vers des constellations précises. [64] Dommage mais la pyramide de Chéops a bien été construite à son époque pour devenir son tombeau [65] et le récent papyrus de Merer ne fait que le confirmer. [66]
- Au chercheur John Cadman qui évoqua l’idée qu’une salle de la pyramide de Chéops aurait servi de pompe hydraulique souterraine [67], alimentant la pyramide en énergie. [68]
- A l’ancien professeur d’Université John Desalvo [69], qui reprend les recherches (farfelues et bien entendu non publiées) de Dan Davidson et Joe Parr (chercheurs indépendants américains) sur les caractéristiques électro-magnétiques de la pyramide de Chéops. [70] Une belle brochette de pyramidiots ! Anton Parks reprenant à son compte et sans sourciller ces données infondées pour alimenter ses propres délires autour de la Grande Pyramide de Gizeh. [71]

Pour conclure il faut évoquer rapidement les émules générées par Anton Parks sur Internet (comme ce site : http://savoirvoir.e-monsite.com/) et au sein des librairies. Assez récemment un auteur francophone au parcours inconnu, Satochi Nasura [72], s’est fendu de trois livres tournant autour des thèmes développés par M. Parks. Nous n’avons pu nous procurer ces ouvrages mais de ce que nous avons pu lire de son introduction (mise à disposition en PDF [73]), il apparaît qu’il soit victime des mêmes biais cognitifs et poursuit les mêmes dérives pseudo-scientifiques que son maître à penser. Un chercheur indépendant qui a trouvé en son gourou un maître ès reptiliens. Tout comme lui, il n’a aucune approche scientifique et s’en remet à la clémence d’un public crédule assoiffé d’histoires à dormir debout. Déplorable…

Il est à présent temps de conclure ce dossier.
Nous avons l’origine des travaux d’Anton Parks jusqu’aux écrits de science-fiction du début du XXe siècle ; les principales sources d’inspirations des théoriciens des Anciens Astronautes étant les écrivains H.P. Lovecraft et Edgar R. Burroughs. Ces récits romanesques ont donc servi de terreau aux maîtres à penser d’Anton Parks : Erich Von Däniken, David Icke, Graham Hancock, Zecharia Sitchin et autres ufomaniaques pyramidiots, appuyant un peu plus l’aura des auteurs de SF précités sur ses travaux. Complétés par les récentes oeuvres télévisuelles et cinématographiques de Fantasy et de SF, les romans de M. Parks ne contiennent véritablement rien d’exclusif ni de jamais-vu (ou jamais-lu). Ce mélange des genres est savamment orchestré jusqu’à la couverture du tome 3 de ses Chroniques : il s’agit du portrait ci-dessous :

Ce personnage est censé représenté Horus tel qu’Anton Parks l’a perçu dans ses visions. La couverture globale montre une Isis surplombant Horus. [74] Apprenez que les modèles d’Horus et d’Isis sont respectivement Anton Parks et Nora Parks (ex-épouse) grimés pour personnifier les dieux Gina’abul. M. Parks peut prétendre partout qu’il ne se considère pas comme la réincarnation d’un dieu, il démontre tout le contraire dans ce qu’il écrit et expose. Double discours encore une fois…

Quant aux sources qu’il a utilisées tout au long de ses romans ou Chroniques et de ses essais, elles ne sont le fait que de gourous à pyramidiots (Hancock, Childress, Velikovsky, Cremo et Thompson, Gigal, Sabbah, Slosman, Arthur David Horn, Martorelli, Knight-Jadczyk) ; de loups solitaires égarés qui se sont éloignés de leur champ de compétences initial (Davidovits, Dieterlen/Griaule, Dormion, Desalvo, Zeitlin) ; de mystiques (Cayce, Randall-Stevens, Eady) ; de « chercheurs » indépendants (Cadman, Parr, Davidson, Naudin) et enfin de scientifiques d’une autre époque aux travaux plus (Tesla, Amélineau) ou moins (Waddell Laurence, Falkenburger) respectables qui voient leurs théories ou hypothèses détournées ou ré-exploitées (surtout quand celles-ci sont dépassées).

Les traductions de ses essais ne valant pas tripette comme l’avons démontré dans notre dossier précédent, il reste peu d’arguments à son avantage. Les derniers seront basés sur des éléments qu’il qualifie de « scientifiques » et nous commencerons à les déboulonner dans notre prochain dossier. En commençant par sa « preuve formelle » de la présence des Gina’abul sur Terre (SPOILER : un sceau-cylindre sumérien où apparaîtrait un Gina’abul !).
Nous commencerons ainsi par les éléments issus de l’archéologie, de l’histoire, de l’anthropologie, des mythes et légendes qu’Anton Parks exploite et détourne pour tromper son lectorat, démontrant par là même soit sa totale ignorance des domaines précités soit son habileté à exploiter celle de ses adeptes.


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