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Dossier n°1-1 : Anton Parks, expertise linguistique
Article mis en ligne le 1er avril 2020

par Anpon Tarks

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Qui sommes-nous et pourquoi cette enquête existe-t-elle ?

Nous sommes un collectif de sceptiques, de chercheurs et de simples curieux. Nous avons décidé de mettre en commun nos connaissances et recherches dans divers domaines afin de questionner les affirmations et thèses de l’auteur Anton Parks.

Depuis quelques années, le nom d’Anton Parks revient souvent dans la bouche des tenants de diverses théories sans validité scientifique.
Depuis peu M. Parks se voit de plus en plus médiatisé sur les canaux dédiés aux « chercheurs de Vérité » et semble avoir une emprise de plus en plus prégnante sur un troupeau de plus en plus large de brebis égarées. Mais pas que : du moment que l’on recherche sur Internet un terme lié à la civilisation de Sumer (dans un cadre historique, archéologique, anthropologique, théologique ou mythologique), nous retrouvons dès la première page de Google des liens vers des sites web sur la même ligne idéologique qu’Anton Parks et/ou partageant des passages de ses livres, interviews, articles… etc. Cette corruption dans la recherche du « savoir » et du « connaître » par ces incursions invasives d’écrits de Science-Fiction est insupportable !
Si vous pensiez avoir tout lu/vu/entendu de la part des vedettes des pseudo-sciences spécialisés en pseudo-archéologie (Jacques Grimault, Quentin Leplat, Deï Mian et autre Thierry Jamin), vous allez tomber des nues !

Nous avons jugé de notre responsabilité de démontrer que la majorité des assertions d’Anton Parks étaient fausses, que ses écrits de Science-Fiction ne sont pas une réalité, et que ses essais pour tenter d’en prouver la véracité sont pétris de biais, de sophismes et de manipulations grossières. Sans oublier ses lecteurs, qui s’apparentent à des adeptes d’un mouvement idéologique dangereux cherchant à ré-écrire, non seulement l’histoire, mais également la préhistoire des hominidés tout en plongeant le lecteur dans une paranoïa aiguë que seule la parole de leur émissaire de la source, Anton Parks, peut apaiser par la sortie régulière de ses livres.

Pour mener à bien nos enquêtes, nous nous sommes basés sur des archives stockées depuis près de 10 ans pour les plus anciennes et certaines de nos sources ont même disparu…
Toutes les données mises en évidence sont publiques (exceptées de rares données fournies par l’auteur en échanges privés).
En cherchant où héberger nos dossiers, Irna s’est gentiment proposé de les mettre en ligne. Paraît-il qu’elle en a fait sa spécialité… Nous en profitons pour la remercier chaleureusement :)
Êtes-vous prêts à franchir la porte des étoiles du Bullshit ?

Nous ne sommes personne mais nous sommes nombreux.
Nous sommes « Anpon Tarks ».

Les Reptiliens sont parmi nous !

Parmi les auteurs à succès dans le domaine de l’archéologie dite « interdite » ou officieuse pratiquant tant dans le champ du néo-évhémérisme que celui de la pensée New-age (rassemblant ufologie, archéo-ufologie, cosmogonie, mysticisme, astrologie, conspirationnisme…), il existe une personnalité française un tantinet insaisissable : Anton Parks.

Pendant longtemps resté dans l’ombre, il est récemment entré sur la scène des personnalités sulfureuses et persécutées par le Nouvel Ordre Mondial (sic !) ; Anton Parks défend des thèses éculées largement inspirées par des romans, séries et longs-métrages de Science-Fiction (SF) telles que :
- La Terre creuse
- Les extra-terrestres reptiliens (mais aussi « félinoïdes » ou de type aviaire)
- La création de l’humanité par ces derniers
- Un Nouvel Ordre Mondial dominé par des Illuminati
- Les connaissances secrètes (et donc dissimulées par ces derniers et ceux de la ligne du dessus avant eux)
- Une astronomie iconoclaste du système solaire
- Des guerres passées dans les étoiles et dans le système solaire (Mars, Venus, Terre…)
- Des réalisations architecturales des Anciens créées par des technologies de l’espace ou par moulage de pierre… etc.

Le tout porté par un argument massue : celui de la codification des langues par plusieurs idiomes venus du ciel (comprenez de l’espace donc par les extraterrestres) que seul Anton Parks est capable de déchiffrer… le « Gina’abul-sumérien ». Cette langue du ciel serait « décodable » par les vocables des langues sumériennes et akkadiennes, que M. Parks traduit également. Il a révélé la vraie nature des dieux par la traduction de textes d’ancienne Mésopotamie et d’Égypte. Après tout, il est un expert de l’Orient ancien (autoproclamé) et aurait suivi des cours de sumérien avec un Assyriologue.

Alors… Anton Parks est-il un expert de l’Orient ancien et possède-t-il une expertise en traduction du sumérien ou de l’égyptien ? A-t-il suivi des cours de la part d’un Assyriologue réputé ? A-t-il révélé des éléments exclusifs au travers ses traductions ? Des traductions validant ses recherches et ses visions ? Apporte-t-il des preuves à la communauté scientifique ?
… « Alerte divulgâchante » : la réponse à toutes ces questions est NON.

Les informations extraordinaires qu’il apporte à ses lecteurs, il est le seul à les avoir reçues. Le seul ? Enfin, presque, nous verrons que cela n’est pas tout à fait exact…
De quelle façon ? Rien n’est véritablement clair à ce sujet. Il prétend avoir reçu des informations cohérentes par… (Wifi spatiale ? 4G interdimensionnelle ?) :

« À l’âge de 14 ans, Anton Parks reçoit spontanément une multitude d’informations cohérentes sur notre passé et sur les origines extraterrestres des "dieux" de nos traditions.

Toujours est-il qu’une fois en possession de ces informations il va devenir le « créateur d’une thèse révolutionnaire sur le codage de la langue sumérienne - étude exposée dans sa série des Chroniques où l’on retrouve tout le processus qui l’a conduit à ses découvertes inédites [1] ».

Il en dit plus à ses lecteurs dans une interview de 2010 consultable sur son site Web :

« Mes flashs ont toujours été spontanés (en relation avec la lumière ambiante du moment présent, équivalente à la scène reçue), sans être contrôlés, ce n’est pas moi qui décide de "voir" contrairement à un channel. Quand cela survient, c’est de façon subite et je ne peux pas arrêter le processus, de toute façon, c’est très rapide, de 2 à 5 secondes tout au plus. Je reste cependant conscient de ce qui se passe autour de moi, mais les visions ont plus d’importance et accaparent toute mon attention. En quelques secondes, je reçois plusieurs minutes, voir [sic !] même des heures.
C’est dans ce dernier cas que cela est le plus éprouvant. Ce n’est pas simple, car je revis émotionnellement tout ce que le personnage vivait. L’intensité et le vécu émotionnel est d’ailleurs un facteur important dans la mémorisation. Lorsque l’on vit des choses aussi intenses et concentrées, il n’est pas possible de les oublier. C’est comme si vous aviez été brûlé à vif. [2] »

Il prétend ne pas contrôler le phénomène de réception des visions (se défendant de faire du channeling, alors que ce qu’il décrit est précisément dans la définition du phénomène [3]) mais pouvoir le bloquer en mettant… une CASQUETTE [4] ! Une simple casquette en tissu. Un tissu visiblement très efficace puisqu’il a la capacité de bloquer des ondes interdimensionnelles…

Anton Parks rédige deux types d’ouvrages : les premiers sont une série de récits fantastiques censés décrire le passé de la Terre, de l’Univers (les Chroniques du Girku) et les seconds sont des essais tentant désespérément de raccrocher ses « récits du passé » avec des faits contemporains/historiques (souvent réinterprétés à sa sauce).

M. Parks nous en dit ceci dans son essai La Dernière Marche des dieux :

« La série des Chroniques du Girku est une chose, mes recherches parallèles en sont une autre. L’histoire écrite avec le cœur et inspirée par "l’Âme du Monde" se distingue de !’Histoire scientifiquement vérifiable. Dans le monde quantique au sein duquel nous évoluons et que nous appréhendons progressivement, ces deux formes de rédaction ne sont pas antagonistes. Elles se complètent. C’est par exemple le cas pour mes ouvrages Àdam Genisis et Éden qui traitent d’un même sujet, mais de façons totalement différentes. Je remarque pourtant que ces deux approches touchent de nombreux lecteurs d’horizons différents qui ne s’entendent pas toujours. [5] »

En 2013, Anton Parks admet donc que ses « souvenirs » proviennent donc de « l’Âme du monde ».
Qu’est-ce donc que cela ?
A priori cela rappelle les Annales ou Archives Akashiques maintes fois évoquées dans les milieux New-age, exemple :

« Les Archives Akashiques sont les mémoires de l’âme.

Elles constituent la somme de toutes les expériences passées, présentes ainsi que les potentialités du futur. Le terme Akash, nom masculin, vient du sanskrit et signifie "substance primordiale", il est la substance dans laquelle tous les événements sont enregistrés. L’Akash est l’éther, le cinquième élément, celui qui contient tous les autres : l’air, la terre, l’eau et le feu. À l’image du liquide interstitiel dans lequel baignent nos cellules, il est la matrice de tout l’univers, le champ vibratoire dans lequel tout se crée, se relie et s’imprime.

De très nombreuses cultures ont évoqué l’existence de ce champ de conscience supérieure. “Livre de vie” dans la tradition chrétienne, “Livre du souvenir” dans la tradition juive, il est “Anima mundi”- ou Âme du monde – de la civilisation Maya, ou encore le “Référentiel de Thot” chez les Égyptiens. Plus proche de nous, les Archives Akashiques trouvent leur résonance dans ce que l’on nomme la “Conscience cosmique ou collective”. [6] »

Comme souvent avec ce genre d’informations, rien ne va : le « Livre de vie » de la tradition chrétienne et le « Livre du souvenir » de la tradition juive ne ressortent dans aucune de nos recherches ; le concept de Anima mundi n’a rien à voir avec la civilisation Maya mais a pris naissance en Grèce antique et correspond à une force vitale de l’Univers [7] ; quant au « Référentiel de Thot », ce document ne semble pas non plus exister… Le terme Akash est également incorrect, il s’agit du mot Ākāśa provenant de la religion hindouiste et signifiant « Ether » ou espace. Dans le bouddhisme cette notion est divinisée en trois entités. [8]

Adeptes New-age, peut-être des lecteurs d’Anton Parks ?

Nous avons donc une description complètement « fumeuse » d’un concept qui ne l’est pas moins ! Mais nous sommes habitués avec le New-age [9] qui récupère de vagues notions spirituo-religieuses d’un peu partout, sans se soucier de l’exactitude des principes importés dans leur mouvement, tout en essayant désespérément de raccrocher le tout à des théories scientifiques du moment ou de fringe science [10] tant que celles-ci parlent de « quantique » !

C’est dans ce mouvement que s’inscrit clairement la démarche pseudo-scientifique générale d’Anton Parks. Et c’est également la raison pour laquelle il ne s’affiche que lors d’événements prônant des notions New-age comme le Salon Nostradamus en mai 2019, le Salon Zen en septembre 2019 ou encore au Salon du Bien-être, Bio et Thérapie de Toulouse également en septembre 2019. [11]

Il n’est par ailleurs interviewé que par des magazines ou des chaînes complotistes et New-Age comme NureaTV [12] ou BTLV [13].

Bref, l’Âme du Monde ! L’on parlerait donc d’une bibliothèque virtuelle et éthérique stockant tous les événements du passé. Et Anton Parks recevrait par « télépathie » ou autre procédé inconnu des informations en provenance de ces « archives ».

Selon lui, enfin, toutes les langues anciennes sont « codées » avec des langues extraterrestres.

Ce qui impliquerait non seulement que les êtres humains ne soient pas le seul fruit du processus d’évolution des espèces, mais encore qu’ils étaient à ce point stupides pour avoir besoin d’un langage créé de toutes pièces afin de communiquer entre eux.

Cette « thèse révolutionnaire » a-t-elle été validée par ses pairs (Anton Parks se prétendant expert de l’Orient ancien dans sa biographie) ?
A priori puisque, comme nous le verrons, il a été assisté et soutenu par un Assyriologue anglophone réputé.
Nous allons enquêter sur ce point juste après.

Nous développerons également dans de futurs dossiers chaque thèse développée par Anton Parks et dont ses lecteurs sont très friands, notamment :
- Les sources, inspirations et influences d’Anton Parks.
- Ses connaissances historiques, anthropologiques, artistiques et mythologiques.
- Ses connaissances astronomiques et géologiques.
- Ses connaissances biologiques et génétiques...

Quelle est l’expertise linguistique d’Anton Parks (où est Charlie Don Moore) ?

Anton Parks se prétend expert. Un expert de l’Orient ancien. Mais en aucun cas un « homme de science » comme il le précise dans l’interview de 2010 présente sur son site Web. [14] Dans la même interview, à une autre question, il prétend pourtant avoir été invité à participer à une expédition vers le pôle nord par Steve Currey, un explorateur américain. Cette expédition n’aura jamais lieu mais nous y reviendrons dans un autre dossier. Ce qui nous intéresse par contre c’est la réponse de M. Parks :

« Avec le consentement de Steve Currey, il m’a invité à faire partie de l’expédition à titre gratuit, en qualité de linguiste spécialisé dans le langage extraterrestre Gina’abul, afin que je puisse être intégré aux hommes de science qui allaient participer à cette expédition. »

Anton Parks ne semble donc savoir pas s’il doit se situer dans ou en dehors de la science… En fin de dossier sa conviction sur le sujet sera plus claire.

Quel est exactement son parcours ? Il en parle dans son essai Éden, paru en 2011 :

« Possédant une formation de graphiste dans les disciplines du marketing et de la communication, et travaillant dans ce domaine depuis 1985, Anton Parks s’est spécialisé dans les cultures de l’Orient ancien dès l’année 2000. Il est à ce titre l’auteur de la série Les Chroniques du Ğìrkù qui retrace, sous la forme d’un récit et d’un minutieux travail de recherche, les origines de l’humanité à travers le regard des dieux de nos mythologies. [15] »

Il complète cette présentation avec la biographie présente sur son site officiel :

« Auteur de nombreux best-sellers, les ouvrages d’Anton Parks sur les Chroniques du Ğirkù ainsi que ses essais ont été vendus à plus de 150.000 exemplaires à ce jour en langue française ! [16] Anton Parks est un spécialiste de l’Orient ancien, auteur de la série culte Les Chroniques du Girkù, qui relatent les aventures des dieux et déesses à l’origine de l’humanité.

De ses débuts à 2005 :

Anton Parks est un écrivain franco-allemand, spécialisé dans les cultures de l’Orient ancien. Sa série "Les Chroniques du Gírkù" retrace, sous forme de récit et d’un minutieux travail de recherche, les origines de l’humanité à travers le regard des dieux de nos mythologies. »

Rien que ça.
Dès le premier tome des Chroniques du Girku, l’auteur se place au-dessus de tous ses « confrères » :

« Dans ces conditions, et au risque de choquer plus d’un expert en Orient Ancien, l’assyrien et le babylonien ne résultent pas d’une évolution de la langue sumérienne comme le pensent vos spécialistes, mais d’idiomes volontairement implantés par certains d’entre nous à partir de l’Emesà (« langage matrice »). Seule l’écriture cunéiforme en elle-même, rédigée sur les tablettes par les peuples de Mésopotamie, a effectivement connu une nette évolution selon les régions, mais pas le langage. [17] »

Il prétend donc, au contraire de tous les spécialistes des langues dans l’histoire et dans le monde, que les langues n’évoluent pas (car si cela était le cas en Mésopotamie, pourquoi pas ailleurs dans le monde et à d’autres époques ?).
C’est un fait bien connu, il suffit de voyager dans le temps de 500 ans et nous nous comprendrions parfaitement avec nos ancêtres !

Par ailleurs, ce qu’il prétend est parfaitement faux.
D’une part le sumérien est un isolat, qu’on ne peut rattacher à aucune langue existante dans un arbre phylogénétique des langues. Ce n’est pas un cas unique, l’on trouve un autre exemple proche géographiquement comme celui de l’élamite. Ou bien, plus proche de nous, le basque.
D’autre part l’assyrien et le babylonien ne découlent pas du sumérien ; elles sont des langues sémitiques à part entière qui ont découlé de l’akkadien, qui lui-même ne provient pas du sumérien.

L’akkadien, du fait de la proximité géographique avec les peuples parlant le sumérien, a emprunté au sumérien. Au XXe siècle BCE, l’on jugeait d’ailleurs tous les habitants de la région comme bilingues sumérien-akkadien [18], avant que l’akkadien ne finisse par supplanter définitivement le sumérien. Le sumérien (comme le latin à une époque pas si lointaine au sein des églises d’Europe) ne fut utilisé par la suite que dans un cadre strictement religieux, liturgique voire scientifique, et ce, jusqu’au Ier siècle BCE. [19]

Ci-après, l’arbre phylogénétique/généalogique des langues sémitiques [20] :

Cette prétention à maîtriser les langues orientales anciennes ainsi que les cultures où celles-ci étaient parlées interrogent et l’on aperçoit souvent des tiers posant la question de l’expertise de M. Parks, comme ci-après sur la page Facebook Anton Parks officielle :

Ici, un simple curieux demande dans quelle Université M. Parks a étudié, quel diplôme lui permet de s’affirmer expert ou encore où l’on peut trouver les publications de sa thèse sur la codification des langages.
Bien entendu, il n’y a jamais de réponse du principal intéressé à ce type de questions…

Questions pertinentes, puisque si Anton Parks a élaboré une thèse, où est-elle publiée ? L’a-t-il fait valider par ses pairs comme l’exige la démarche scientifique [21] ?
Aucune trace ne va dans ce sens et l’auteur des Chroniques du Girku n’en parle jamais.
A dire vrai, il ne se base sur des travaux scientifiques vérifiés que lorsque ceux-ci vont dans le sens de ses interprétations, pour les autres… il les jette à la poubelle. Mais nous y reviendrons dans d’autres dossiers.

Son expertise semble basée sur ses recherches personnelles couplées à des cours en langues orientales disparues pris auprès d’un certain Don Moore, comme l’auteur l’indique dans son ouvrage Éden :

« À partir de 2006, Anton Parks a pris des cours de sumérien avec l’Assyriologue Don Moore (1929-2010). [22] »

Jusqu’à il y a peu de temps la biographie de son site Web évoquait également Don Moore. Mais depuis le mois de mars 2020 cette information a curieusement disparu, peut-être à partir du moment où l’auteur a compris que nous enquêtions sur ce sujet à travers des questions que nous lui avons posées en direct...

A partir de là, nous devrions être rassurés sur les compétences d’Anton Parks… ou pas.

Le premier livre de M. Parks est édité en 2005. Quelques mois après, alors que son livre n’était pas traduit en anglais, Anton Parks a reçu diverses sollicitations comme celle de Don Moore, visiblement, qui lui aurait apporté de l’aide dans la traduction du sumérien.

En effet dans le tome 1 de ses Chroniques, il n’est fait aucune mention de Don Moore. Dès le tome 2 (sorti en 2007) par contre, il y fait référence dans les remerciements :

« Merci à Don Moore pour ses précieux documents. [23] »

L’ombre de l’Assyriologue plane de nouveau au-dessus de l’ouvrage en plusieurs endroits où il est fait mention de documents personnels lui appartenant sous la référence suivante :

« FACSIMILE OF MESOPOTAMIAN TEXTS AND CUNEIFORM LITERATURE, Don Moore’s personnal collection. [24] »

Nous apprenons dans l’essai Éden que Don Moore est également professeur, en effet M. Parks y remercie :

« le professeur de langues orientales Don Moore (1929-2010), pour ses fac-similés, ses leçons de sumérien et ses conseils. [25] »

Plus loin dans le même essai, Anton Parks se place au même niveau d’expertise que Don Moore [26], ici :

« Pour cet extrait du début du mythe d’Enki et Ninmah, tiré d’une tablette du British Museum, Don Moore, ancien professeur en langues orientales, et moi-même avons partiellement adopté la traduction de Samuel Noah Kramer qui avait choisi de suivre la logique de la séparation du Ciel et de la Terre… [27] »

Ou encore ici :

« Nous nous baserons sur une traduction inédite de Don Moore, ancien professeur en langues orientales, avec qui j’ai ces dernières années réalisé quelques traductions. [28] »

Enfin, la dernière citation de Don Moore apparaît à la page 93 où Anton Parks nous donne plus d’informations à son sujet :

« J’ai donc une nouvelle fois reproduit de courts extraits de cette série de tablettes dans Le Testament de la Vierge, mais elles provenaient cette fois-ci d’une traduction personnelle du professeur en langues orientales Don Moore, qui avait donné des cours privés de transcription en cunéiforme entre les années 1960 et 1980.
Au cours de ces dernières années, Don a eu la gentillesse de me communiquer plusieurs documents cunéiformes sous forme de fac-similés en tout genre, donc des reproductions de tablettes complètes réalisées à la main et qui permettent un travail de traduction. C’est sur ce genre de reproduction que je me suis exercé au déchiffrage du sumérien. [29] »

Dans une interview de 2012 accordée au site web conspirationniste onnouscachetout.com (qui semble aujourd’hui éteint, ne présentant qu’une page vierge), nous trouvons cet échange :

« Question : Nous découvrons dans le livre (Éden) que l’Assyriologue Don Moore vous a transmis de nombreux Fac-similés des tablettes de Kharsag, quel(s) rapport(s) entretenez-vous avec lui ? D’autres Assyriologues avant vous avaient commencé à traduire ces tablettes dans un sens différent de celui que vous leur avez donné.

Anton Parks : Don Moore est décédé en 2010. J’ai eu peu de contact avec cet Assyriologue. Il m’a transmis des fac-similés faisant partie de sa collection personnelle et il m’a donné quelques conseils pour le sumérien. Il a effectué de son côté une traduction partielle des tablettes de Kharsag. Nous avons réalisé plusieurs traductions ensemble pour m’exercer. Ensuite, pour la pratique, j’ai appris tout seul.

Le point de départ d’Éden fut pour moi la découverte des textes relatifs à l’histoire d’Umma et du conflit que connut cette ville sumérienne avec sa cité voisine. J’avais repéré dans cette histoire plusieurs passages en connexion étroite avec le début de la Genèse. Initialement, ce livre devait tourner autour de cette histoire uniquement. Nous avions même composé la première couverture du livre autour de ce thème. J’ai beaucoup travaillé sur ces textes, mais en parallèle j’exécutais depuis plusieurs mois la transcription en cunéiforme des textes de Kharsag. Une série de tablettes trouvées sur le site de Nippur entre 1889 et 1900. Celles que j’ai traduites furent découvertes entre 1896 et 1898. [30] »

Nous apprenons des éléments essentiels, sur lesquels nous revenons juste après. Ce qui reste surprenant c’est que cette interview n’existe pas sur le site Web officiel de M. Parks :

Pourquoi Anton Parks ne tient pas à ce que cette interview, longue et enrichissante, apparaisse sur son site ? Pourquoi nous a-t-il été si difficile de la trouver (il nous a en effet fallu payer pour la télécharger) ? Tous les autres sites qui en faisaient mention l’ont vu disparaître de leurs archives… Un peu comme le nom de Don Moore sur le site Web de M. Parks, et ailleurs.

Mais tout cela serait très réconfortant pour les tenants des thèses de M. Parks (de savoir que des scientifiques approuvent ses thèses) si cette histoire n’était pas aussi… incohérente.

Nous avons un M. Don (ou Donald) Moore, Assyriologue de son état, qui serait rentré en contact après le tome 1 des Chroniques du Girku (2005) pour enseigner à distance (supposément) le sumérien à un inconnu jusqu’à sa mort en 2010. Un Don Moore qui a donné des cours privés à Anton Parks pendant plusieurs années alors qu’il avait arrêté de donner des cours dans les années 1980.
Admettons qu’à partir de 2006 Don Moore ait donné des leçons de sumérien à M. Parks, cela veut dire que ces échanges auraient débuté alors qu’il avait 77 ans… dans quel contexte ?

Nous imaginons mal M. Moore se déplacer régulièrement en France afin de donner ces cours et Anton Parks n’évoque pas non plus de voyage à l’étranger afin de s’instruire auprès de Don Moore. Reste Internet, la visio-conférence… mais l’on parle d’un monsieur qui aurait transmis son savoir entre 77 et 81 ans.
Le contexte n’est pas clair et n’a jamais été précisé publiquement par Anton Parks.

En privé Anton Parks confesse volontiers qu’il aurait reçu des leçons de sumérien par e-mail sur une période s’étalant entre six et huit mois. Enfin, c’est Gerry Zeitlin qui l’aurait introduit auprès de ce curieux Assyriologue… nous y revenons plus bas. Mais remarquons déjà que contrairement à ce qu’aurait laissé entendre M. Parks de-ci de-là, Don Moore ne lui a pas enseigné le sumérien sur plusieurs années mais seulement en une poignée de mois, et ce, par e-mail… ce qui est confirmé par l’extrait de l’interview ci-dessus. Anton Parks rajoutant qu’il a ensuite « appris tout seul. »

Admettons qu’il y a un problème de date… la mémoire jouant des tours à tout un chacun.
Notre plus gros souci est par contre que… Don Moore n’existe pas !
Nous parlons d’un fantôme.
Nous avons recherché les documents qu’évoque Anton Parks dans ses ouvrages : ils n’existent pas.
Nous avons cherché des cours, des traductions des articles ou des publications de Don Moore : introuvables.
Nous avons donc demandé des informations sur l’Assyriologue Don Moore auprès de la principale autorité concernée : the International Association for Assyriology. [31]
Celle-ci nous a redirigé vers le Who’s who des recherches sur les cunéiformes (une liste initiée et mise à jour par le CNRS et l’Université d’Oxford), une liste reprenant les Assyriologues décédés ainsi que leurs principales publications.
Cette liste ne contient malheureusement pas de Don Moore… [32]

Est-ce que cela explique pourquoi M. Parks, lorsqu’il évoque un érudit, un professeur, identifie à chaque reprise l’Université du chercheur dont il parle, excepté dans le cas de M. Moore ?
Exemples :
- professeur de psychiatrie David B. Larson de l’Université Duke, en Californie du Nord [33] ;
- Jean-Louis Huot, directeur de la délégation archéologique française en Irak et professeur à l’Université de Paris 1 [34] ;
- Donald Losman, professeur d’économie à l’Université de la Défense nationale (Washington) [35] ; professeur italien Roberto Fondi, de l’Université de Sienne [36] ;
- professeur Ewing de l’Université de Columbia [37] ;
- William M. Schniedewind, professeur d’études bibliques à l’Université de Californie [38] ;
- professeur Bill McGuire, docteur en volcanologie (Benfield Grieg Hazard Research Centre de l’University College de Londres) [39]
- professeur d’anthropologie de l’Université d’Arkansas, Jerry Rose ; l’archéologue Barry Kemp de l’Université de Cambridge [40] ;
- docteur William Kelly Simson, professeur d’égyptologie à l’Université de Yale [41] ;
- professeur Phil Currie, de l’Université d’Alberta [42]

Nous avons donc poussé d’autres portes… celles de toutes les Universités anglophones (puisque Don Moore est un nom anglophone) traitant de près ou de loin d’Assyriologie. Des Universités du Royaume-Uni, des USA, d’Australie, du Canada et d’Afrique du Sud.

Les Universités contactées ont été les suivantes (attention la liste est longue) :

Canada :
Toronto
York
British Colombia (Vancouver)

Afrique du Sud :
UNISA
StellenBosch

Royaume-Uni :
Birmingham
Cambridge
Durham
Edinburgh
Glasgow
Liverpool
British Museum
UCL (London)
SOAS
Manchester
Oxford

USA :
Michigan
Emory
John Hopkins
Washington
Berkeley
Boston
Bryn Mawr College
Buffalo
Harvard
The Casco Bay Assyriological Institute
Chicago
Hebrew Union College
Ohio
Illinois
Denver
Edwardsville (Illinois)
Elmhurst College
Cornell (NY)
Wisconsin + Winsconsin Madison
UCLA (Cotsen)
Minnesota Bradley
Vanderbilt
Yale
Colombia
NY (Center for Ancient Studies)
Pennsylvania
Oklahoma
Brown
North Carolina
California
UC San Diego
Washington
StonyBrook
Brandeis
Purdue
NY ISAW
NY University

Australie :
Sydney.

Nous n’avons reçu que des retours négatifs quant à la connaissance d’un certain Don (ou Donald) Moore.
Quelques exemples de retours au hasard (les réponses sont adressées à « Anpon Tarks », notre pseudonyme pour l’occasion) :

Certaines réponses, comme celles de Bradford Brown, professeur de l’Université de Bradley, sont exhaustives et se concluent par les déroutes éventuelles de certains étudiants ayant trop visionné de programmes de type Ancient Aliens (dont sont certainement friands les lecteurs d’Anton Parks) que les professeurs redirigent vers des sujets « sérieux » !!

Ci-après, le docteur Augusta McMahon de l’Université de Cambridge et spécialiste de l’ancienne Mésopotamie, précise qu’afin de pouvoir attribuer un diplôme à Cambridge, il est nécessaire que le professeur concerné soit Assyriologue …

Dans tous les cas Anton Parks lui-même avait précisé que Don Moore était Assyriologue… [43]

Et Mark Altaweel, docteur œuvrant à la UCL (University College de Londres), spécialiste de l’archéologie du Proche-Orient, de confirmer que les langues akkadienne et sumérienne sont tellement spécialisées qu’il est nécessaire d’être Assyriologue pour les enseigner :

Le professeur Paul Collins de l’Université d’Oxford rajoute qu’au-delà de 68 ans, les professeurs ne pouvaient plus enseigner… point intéressant. Mais du reste, Don Moore aurait donné des cours particuliers à Anton Parks. Donc…

Dans ses échanges privés, Anton Parks prétend que Don Moore lui aurait été présenté par le « chercheur » Gerry Zeitlin et son épouse, que M. Parks qualifie de « gens étranges ». Quelques recherches nous indiquent que le chercheur [44] et son épouse [45] sont tous les deux décédés aujourd’hui. Impossible donc de les contacter pour valider cette question.
Nous apprenons simplement que tout est… singulier dans cette histoire.

Gerry Zeitlin, un ingénieur en électricité américain, qui intervenait sur le projet parallèle à SETI [46] (Open SETI, aujourd’hui éteint) a rapidement pris contact avec Anton Parks (dès 2006) et a rapidement adhéré aux thèses néo-évhéméristes de l’auteur. Nous verrons dans le dossier consacré aux sources, inspirations et influences d’Anton Parks que Gerry Zeitlin était proche des réseaux New-age et qu’il était, bien avant son rapprochement avec M. Parks, complètement persuadé de la présence d’entités extra-terrestres sur Terre depuis des millénaires. L’on peut donc parler d’un scientifique qui a « dévissé »…

Quant à son épouse, Marie-Louise (dit « Malou »), elle aurait travaillé pour le gouvernement américain (services secrets et NASA) tout en étant proche de Georges H.W. Bush. [47]
Nous n’avons rien trouvé de concret sur les emplois de Mme Zeitlin. Les seuls textes lui appartenant sur la toile démontrent simplement qu’elle partageait les vues dangereusement New-age de son mari.
Bien qu’il les qualifie de gens étranges, il aura travaillé avec Gerry et Malou Zeitlin depuis le tome 2 dès sa série et leur offrira de dithyrambiques remerciements :

« Merci du fond du coeur : Au scientifique Gerry Zeitlin et à sa femme, Malou Zeitlin, pour leur appui déterminant, leur grande bonté et leur haute intégrité. [48]

Nous reviendrons longuement sur les Zeitlin dans notre prochain dossier.

Nous ne savons donc rien de plus sur Don Moore si ce n’est qu’il aurait instruit Anton Parks par échanges d’e-mails sur une période s’étalant entre 6 et 8 mois. Nous sommes loin des quatre années (2006-2010) durant lesquelles M. Parks aurait reçu des enseignements de Don Moore, comme l’auteur le laisserait entendre.

D’autre part il nous paraît peu probable qu’un domaine aussi spécialisé et complexe que le sumérien et l’écriture cunéiforme puisse être enseigné à distance (par e-mail qui plus est !) sur une période aussi courte !
Nous nous sommes renseignés auprès de spécialistes en langues orientales anciennes et cette affirmation leur a paru pour le moins saugrenue : apprendre le sumérien prend des années et en présentiel, pas à distance…

Pour le Dr Mark Altaweel (de l’UCL (University College de Londres)) la réponse est brève et sans appel : « No » !

Nous avons également contacté les responsables du projet Digital Hammurabi [49] (un projet qui consiste à partager des informations précises et fiables sur l’ancien Moyen-Orient), le Dr Joshua Bowen et sa compagne Megan Lewis.
Ces deux-là sont loin d’être débutants dans le domaine de l’Assyriologie !
Vient de paraître notamment leur dernier ouvrage : Learn to Read Ancient Sumerian : An Introduction for Complete Beginners [50] (« Apprendre à lire l’ancien sumérien : une introduction pour complets débutants »). Un livre qu’il faudrait dédicacer à Anton Parks…

Leur réponse, bien que prenant les précautions d’usage quant aux ressources mises à disposition et à la qualité de l’enseignant, met évidemment en doute les compétences acquises en 6-8 mois pour être capable pouvoir lire mais surtout traduire d’anciens textes sumériens.

C’est pourtant ce qu’Anton Parks s’est attelé à faire dans son essai Éden dont les traductions laissent songeur… nous y revenons dans la dernière partie de ce dossier.

Maintenant, nous sommes peut-être dans le faux en pensant que M. Moore n’existe pas. Si cet Assyriologue a réellement enseigné le sumérien à Anton Parks, cela devrait se traduire par une maîtrise de la question de la part de l’auteur des Chroniques du Girku.

Qu’en pense sa fiancée, Hanaël Parks ? :

Dans cette interview du média conspirationniste et New-age NureaTV [51], sa nouvelle compagne qui a elle-même reçu des visions dans la langue des anciens Sumériens, évoque Anton Parks comme étant un traducteur de la langue cunéiforme (sic !) et insiste sur le côté extraordinaire, exceptionnel de cette capacité. Elle confirme par ailleurs que son futur époux aurait pris des cours.

Évidemment… c’est exceptionnel puisque cela ne veut rien dire !
On ne parle pas plus la langue cunéiforme que la langue cyrillique… ce sont des formes d’écriture et non de langage.
L’écriture cunéiforme ayant par exemple servi de support scriptural aux Sumériens puis aux Akkadiens après eux avant que les Babyloniens et les Assyriens leur empruntent finalement.
Mais ces langues étaient différentes, voire complètement différentes pour le Sumérien (origine inconnue, l’on parle d’isolat) et l’Akkadien (langue sémitique). [52] C’est un peu comme l’alphabet latin utilisé de nos jours qui est le support pour écrire des dizaines de langues et d’idiomes différents. Comparez le finlandais au malgache par exemple…
Les cunéiformes ont même servi de support à la langue hittite, parlée au centre de l’Anatolie, qui faisait partie de la famille… indo-européenne ! [53]

Monté, créateur de la chaîne YouTube Linguisticae [54] (vulgarisation linguistique), qui nous a assistés sur ce dossier nous en dit plus sur la question :

« la proximité géographique et l’origine commune du système scriptural n’indique pas un lien de parenté. La phonologie du proto-indo-européen est très différente de celles du proto-sémitique par exemple ; comme celle du hittite de l’akkadien, à tel point que le hittite doit faire usage de voyelles pro- et épenthétiques pour écrire des séquences de consonnes ou de voyelles spécifiques parce que le système syllabaire n’y est pas adapté du tout. »

Comparer à ce point le sumérien (isolat) à l’akkadien (langue sémitique) en prétextant la proximité géographique et historique, c’est ignorer que, pour parler d’un contexte proche de nous, le français (langue issue du latin) et le basque (isolat) sont parlés sur une même zone géographique et ont partagé une histoire commune, sans pour autant que les deux langues aient quoique ce soit en commun.
Au mieux, très localement, certains termes ont pu glisser d’une langue vers l’autre, donnant des patois chantants…

Laissons maintenant la parole à Nora de NureaTV qui dans un entretien du 10 avril 2019 en direct sur YouTube demande à Anton Parks de prononcer quelques mots de sumérien [55] :

Là-dessus M. Parks semble très gêné, bafouille et cela se remarque dans les commentaires de la vidéo YouTube :

Il finit par parler de traduction de valeurs phonétiques par l’entremise d’un ouvrage universitaire [56] (contenant toutes « les particules sumériennes et akkadiennes » selon lui) tandis qu’Hanaël Parks noie le poisson en évoquant les cartons, le récent déménagement… etc.

Nora renchérit à 1h21:00 : elle souhaite entendre ce qu’Anton Parks a entendu des années durant ses visions, soit du sumérien « avec accent ».

Anton Parks élude encore la question, « plus tard dans l’émission »

Pourtant plus tôt dans l’émission M. Parks prétend avoir rapidement compris le langage parlé dans ses visions : il s’agit de « proto-sumérien ». [57] Au passage, le proto-sumérien n’existe pas. C’est une invention de M. Parks. Avant le sumérien classique (ou vieux sumérien), l’on parle de sumérien archaïque. [58]

Un peu plus loin il prétend qu’il y a quelques années il n’y avait que quelques personnes qui parlaient le sumérien dont lui-même : « il y a quelques années, on était une centaine [à parler le sumérien]. » Cette affirmation arrive même à duper des érudits comme Morvan Salez, docteur en astrophysique, qui s’est très récemment (avril 2019) fendu d’un article critiquant sévèrement les thèses de Zecharia Sitchin, dont Anton Parks s’inspire en partie. [59]

A 40:35 il avoue que les interprétations varient selon les traducteurs, un point sur lequel nous reviendrons dans d’autres dossiers et aussi plus bas dans cette enquête.

A la toute fin de cette interview (2h32:42), les présentateurs de NureaTV insistent à nouveau pour entendre du sumérien de la bouche d’Anton Parks :

Et M. Parks de rétorquer : « j’ai rien sous la main…là… » avant de s’empresser, pour détourner l’attention, de plaquer devant sa caméra la couverture d’un de ses livres à paraître.

Y a pas à dire, c’était une belle démonstration de la langue cunéiforme.

En quelques clics, l’on trouve rapidement des personnes nous parlant sumérien sur YouTube (même si sa prononciation exacte est approximative car reconstituée à partir de langues voisines) :

Et en écoutant toutes les langues de cette vidéo, l’on comprend très vite que la thèse révolutionnaire d’Anton Parks sur la codification des langues ne se base pas sur grand-chose… les langues anciennes entendues ne se ressemblant en rien !


Suite : Dossier Anton Parks n°1-2 : De la codification du Bullshit