M. Osmanagic explique les pyramides aux visiteurs

Article mis en ligne le 17 mars 2007

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Cette interview - commentée par mes soins - a été réalisée par un visiteur de la "pyramide de la Lune" (Pljesevica), probablement à la fin de l’été 2006, visiteur qui a eu la chance de pouvoir bénéficier des explications scientifiques de M. Osmanagic. Les extraits ci-dessous, qui nous en apprennent plus sur M. Osmanagic lui-même que sur les "pyramides", ont été transcrits par Stultitia (bs) et traduits par moi-même. La vidéo originale en bosnien peut être vue sur YouTube (bs).

[...]

Osmanagic : Evidemment l’âge de la pyramide est très ancien. Disons que chaque centimètre [de sol] représente deux cents à trois cents ans... de formation... chaque centimètre d’argile... Là-bas à cet emplacement il y en avait à peu près 40 centimètres. Quarante centimètres multipliés par deux cents ou trois cents ans ça fait 8000 à 12000 ans. Donc c’est sûrement très vieux.

Sur cette "datation" de M. Osmanagic par l’épaisseur du sol, rappelons qu’il est impossible de déduire directement l’âge d’un site de l’épaisseur des sédiments qui le recouvrent ; en effet, cette épaisseur dépend avant tout de facteurs géologiques (nature du terrain), topographiques (site situé en bas d’une pente ou non) et surtout climatiques. M. Osmanagic a bien demandé une analyse pédologique pour les deux "pyramides", mais les résultats de cette analyse ne permettent pas de conclure quoi que ce soit sur l’âge des sols, voir ici.

Visiteur I : C’est pourquoi les historiens sont... contre ça ?

Osmanagic : C’est comme ça. C’est normal.

Assistant (en maillot rouge) : Les bons historiens...

Visiteur I : ...parce toute leur histoire tombe à l’eau ?

Non identifié : ... sur l’origine des civilisations... ce qui veut dire qu’ils ont décidé « Nous écrirons l’histoire à partir de là et c’est tout »... tout ça tombe à l’eau...

Visiteur II : Et ces autres... archéologues et tout... Ils sont d’accord avec eux ?

Osmanagic : Les archéologues seront les derniers à reconnaître l’existence des pyramides. Parce que ça ruine tout ce qu’ils ont appris dans leur vie. Et tout ce que depuis des décennies ils enseignent faussement à nos enfants. Et partout dans le monde. Ils seront les derniers. Mais ils le devront. Ou ils continueront à vivre au dix-neuvième siècle ou ils rejoindront ceci. Il y a ici des preuves. Comme nous allons en découvrir de plus en plus, on ne pourra pas les négliger. On voit que l’homme a disposé ces dalles. Ici, là, là-haut (montre de la main le sommet de Pljesevica) ; disposé là-bas, il a coulé du béton (montre de la main en direction de Visocica), il a percé les tunnels. D’après tout ça, ce sont des preuves, on ne peut pas faire mieux... (il élève la voix) Ils enfoncent la tête dans le sable et disent que ça n’existe pas. Ça existe. Et comme nous en découvrons de plus en plus... d’abord ils commenceront par se taire, comme ils ont déjà commencé à se taire, parce qu’au début ils faisaient beaucoup de bruit, « arrêtez-le, arrêtez-le », et maintenant comme ils n’ont pas pu nous arrêter, ils se taisent.

Couplet classique chez les "chercheurs alternatifs" : si les scientifiques refusent de reconnaître leurs théories tant géniales que révolutionnaires, ce n’est pas que leurs soi-disant "preuves" n’ont aucune valeur, c’est que ces scientifiques sont, au choix, aveugles, dépassés, malhonnêtes, qu’ils ont peur de perdre leur place... Quant à "vivre au dix-neuvième siècle", j’ai bien peur que celui qui se fait une idée totalement fausse et dépassée de l’archéologie, à mi-chemin entre Schliemann et Indiana Jones, ne soit M. Osmanagic lui-même !

Visiteur III : ça fait fait deux mois qu’ils n’ont rien écrit dans les journaux.

Osmanagic : Bah,... ils n’osent plus se manifester ! Parce si viennent ici vingt, cinquante, cent mille personnes, qu’elles voient que c’est l’homme qui a construit, et eux ils affirment qu’il n’y a jamais rien eu ici, et qu’il n’existe ici aucune preuve historique de l’existence d’une culture. Sur Pljesevica. Sur Visocica ils disent qu’il existe quelque chose, du moyen-âge. Ici il n’existe rien. D’après ça, d’après eux, ici on ne devrait rien pouvoir trouver à un mètre de profondeur. Et non, nous avons creusé un mètre de terre, et voyez ce que nous avons trouvé.

Des couches géologiques ?

Visiteur IV : ... de la vieille ville là-haut ?

Osmanagic : Rien ! Là-haut il n’est pas resté pierre sur pierre. Quand les Turcs l’ont incendiée il y a cinq cents ans rien n’est resté. Personne n’y a vécu et personne n’a tenu les comptes ! Alors nous avons dit que nous allions restaurer et la vieille ville et s’il existe le petit poste d’observation romain et le petit village illyrien et la pyramide. Et (il élève la voix) ils nous attaquent ! Eux ! Qui par leur négligence ont permis que tout cela s’effondre ! Ils nous attaquent comme si nous détruisions quelque chose.

Certes, la forteresse médiévale est en ruines. Mais M. Osmanagic a tout intérêt à minorer volontairement et son importance et l’attention que lui ont prêtée dans le passé les historiens et archéologues locaux (dans cet article (bs), Stultitia montre les contradictions entre la façon dont MM. Osmanagic et Hodovic présentent le site de Visoki, et ce qu’en disent des historiens comme Desanka Kovacevic-Kojic ou Pavao Andelic). Il oublie de préciser qu’il s’agit d’un monument national classé (voir la présentation du site (en) par la Commission pour la protection des monuments nationaux), qui a joué un rôle politique et militaire certain, dans une vallée densément peuplée qui était le coeur du royaume médiéval de Bosnie, qu’en dehors de la forteresse elle-même il y avait très probablement des implantations sur toutes les pentes de la colline, et que c’est en raison du risque que font courir à ces implantations médiévales mal connues les "fouilles" de M. Osmanagic que la zone de protection a été étendue en 2006.

Homme à côté d’Osmanagic : Bon, les Illyriens ont existé, tout le monde est d’accord là-dessus, ils étaient... (confus)

Osmanagic : Seulement ils disent 2300 ans, et ce qu’il y avait avant trois mille, 5000, 12000, 18000...

Auteur de l’enregistrement : On ne sait pas, c’est ça ?

Osmanagic : Il n’y avait rien, c’est ce qu’ils disent. Mais voilà il y a un mystère en Bosnie, nous avons des pyramides, nous avons des sphères de pierre, nous avons... (indistinct) déjà des preuves matérielles de ce qu’il avait quelque chose dans un lointain passé.

Sur les sphères de pierre, voir ici et .

Passant : Continuez, tenez bon ! (Osmanagić le salue de la main)

Auteur de l’enregistrement : Est-ce que, avez-vous trouvé ces anneaux métalliques quelque part ?

Osmanagic : Nulle part concrètement...

Auteur de l’enregistrement : Nous sommes...

Osmanagic : Il y a plein de récits et de légendes mais nulle part nous ne les avons trouvés.

Auteur de l’enregistrement : Nous les avons cherchés là-haut vers Kozarica, il y a des gens qui disent les avoir vus de leurs yeux sur la falaise de Kozarica... et rien...

Osmanagic : C’est ça. Je suis allé là-haut l’année dernière et je suis monté sur la montagne de Kozarica... mais nous ne les avons pas trouvés. Est-ce que c’est étouffé par la végétation, ou est-ce que quelqu’un les a enlevés, on ne sait pas. ... certains jurent les avoir vus il y a trente ou quarante ans en gardant les moutons etc. mais...

Auteur de l’enregistrement : Cela veut dire qu’il n’y a rien...

Osmanagic : ... et nous savons que durant les années 70 et 80 on les a systématiquement enlevés ! Partout, de la Krajina vers la Bosnie du Nord, la Bosnie centrale, ils les ont enlevés et emportés, qui, pourquoi, nous ne savons pas. Mais on a alors parlé de leur existence. Dans les villages, les gens qui avaient des contacts avec les autres villages ont parlé, ils existaient, mais ils n’y sont plus.

Visiteur III : Notre tante nous a raconté, elle y est allée quand elle était petite, et elle les a vus.

Osmanagic : En fait il y a ici, dans le coin vers la pyramide du Soleil... c’est même là vers la pyramide du Dragon... un endroit où il y avait un anneau métallique. On voit précisément comme une rainure, et alors ils l’ont enlevé il y a, je ne sais pas, vingt ans...

Ah, ces anneaux de métal ! Tout le monde en a entendu parler, mais personne n’en a réellement vu un seul ! D’après le grand ami de M. Osmanagic, Jovo Jovanovic (voir ici sur l’annexe du livre "La pyramide du Soleil de Bosnie"), ces anneaux servaient à attacher des bateaux, à l’époque où la mer était plus haute de plusieurs centaines de mètres (d’après l’historien "Foresterius", qui a écrit deux longs textes sur ces anneaux sur son blog (bs), l’altitude des emplacements supposés de ces anneaux varie de 300 à quelque 900 mètres). Dans ce texte (bs), Foresterius explique comment aurait pu se former ce mythe des "anneaux de métal" dans la Bosnie médiévale, à partir d’éléments comme la légende du Déluge biblique, et la présence de fossiles marins au sommet de certaines montagnes. Il est clair que M. Osmanagic, lui, ne met pas en doute l’existence de ces anneaux que personne n’a vus, et que leur absence actuelle s’explique par un complot : "ils" les ont tous enlevés. Qui sont ces "ils" ? le gouvernement ? les scientifiques ? les "élites cachées qui gouvernent le monde" (voir ici) ?

Auteur de l’enregistrement : ça, ça nous l’avons vu là-haut sur Kozara, ces rainures, il y a pas mal comme ça de pierres creusées, incisées, peut-être même par l’eau ou autre chose, mais des pierres creusées.

Osmanagic : C’est comme un support...

Auteur de l’enregistrement : Oui, oui...

Osmanagic : C’est parce que le niveau de la mer était plus élevé. Il y avait même un anneau métallique près du sommet de la pyramide...

Auteur de l’enregistrement : Laquelle ?

Osmanagic : ... la pyramide du soleil. Car le niveau de la mer était peut-être à 50 mètres sous le sommet. Pendant quelque temps. Mais il y avait un anneau. Et ils l’ont enlevé. Dans les années 70. C’est ainsi qu’a malheureusement été détruite l’histoire, mais voilà des récits ont été sauvegardés.

Rappelons que l’altitude du sommet de Visocica est d’un peu plus de 760 mètres, c’est-à-dire que, d’après M. Osmanagic, il y a 10 000, 12 000 ou 25 000 ans le niveau de la mer était à 700 mètres au-dessus de son niveau actuel - et ce suffisamment longtemps pour qu’une civilisation humaine ait eu le temps d’installer des ports et des anneaux pour attacher les bateaux... Cette conviction, partagée par toute l’équipe de M. Osmanagic (son père, Muris Osmanagic, et l’ingénieur Goran Cakic ont également écrit sur le sujet), contredit TOUT ce que nous savons sur l’histoire géologique de l’Europe et du bassin Méditerranéen pendant le Quaternaire, et ne repose sur aucun argument scientifique.

Visiteur V : Professeur... Existe-t-il le moindre doute... (indistinct) ...enregistré par l’histoire que ce soit quelque autre... (indistinct)

Osmanagic : Ce n’est rien d’autre. Une pyramide. (indistinct) J’ai été invité par hasard, il y a un an, un an et demi, pour visiter le musée local, et pour qu’on me montre cet endroit où autrefois était cette ville du moyen âge. Et ce qui m’a sauté aux yeux c’est cette forme, justement cet endroit où nous nous tenons, cette Pljesevica.

Assistant (en maillot rouge, il montre Osmanagic) : ... cet homme a visité toutes les pyramides du monde. Je pense que...

Osmanagic : ... et la forme là-bas de Visocica. Quand on la regarde, elle a une géométrie parfaite, ce sont ses faces, correspondant aux points cardinaux...

Assistant (en maillot rouge) : ... car c’est comme ça qu’on fait les pyramides.

Osmanagic : Pour moi c’était suffisant pour que nous sachions que ce n’est pas une forme faite par la nature. Et moi, quand je regarde ça, je ne vois pas du vert, je vois des murs gris, des blocs et tout ça.

Quand je disais que M. Osmanagic en était resté à l’archéologie du XIXème siècle... Il lui "suffit" de voir une colline aux versants triangulaires pour pouvoir affirmer qu’il s’agit d’une pyramide - appuyé sur sa longue expérience de "visiteur de pyramides" ! Sur la forme "parfaite" de la "pyramide", voir ici. Personnellement, dans ce passage de la vidéo, c’est le faire-valoir en maillot rouge que je trouve assez pathétique...

Auteur de l’enregistrement : Dites, avez-vous, à cause de ces maisons, ici il y a pas mal de maisons avec des toits à quatre pans, et orientées selon les points cardinaux, y a-t-il un lien quelconque avec ces pyramides peut-être ?

Osmanagic : Ces maisons se construisent ainsi depuis des générations.

Auteur de l’enregistrement : Avec quatre pans ?

Osmanagic : Et ça surtout en Bosnie centrale.

Auteur de l’enregistrement : Oui, oui, avec quatre pans.

Osmanagic : Est-ce que les gens font ça inconsciemment et...

Auteur de l’enregistrement : ... et est-ce que ce sont des pyramides, chacun construit sa propre pyramide ?

Osmanagic (hoche la tête) : Chacun construit sa pyramide, chacun est sous une pyramide.

Visiteur III : Cela aurait-il un lien, professeur, avec par exemple le fait que les habitants de Visoko sont des gens très particuliers et tout ça ? (rires)

Osmanagic : Eh, c’est possible. Mais voilà, au pied de Pljesevica les gens racontent que justement grâce à ces toits à quatre pans ils ne tombent pratiquement jamais malades, qu’ils sont en bonne santé, que c’est comme ça. Il y a aussi ça. Et il y a aussi le fait que pendant la guerre, pendant trois ans il y a eu beaucoup de troupes sur la pyramide du soleil et beaucoup de bombardements, et personne n’a jamais été blessé. Pas un seul soldat. Maintenant, est-ce que c’est la pyramide qui les a protégés... (rires)

Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour vivre en bonne santé : modifiez le toit de votre maison !

Visiteuse : Et qu’en est-il des tunnels, ceux de Ravne ? Jusqu’où êtes-vous arrivés ?

Osmanagic : Eh bien, nous sommes arrivés à 350 mètres, et pour le moment nous sommes arrêtés car l’armée yougoslave en 86 les a fermés puis ils ont détruit à la dynamite une partie du tunnel, peut-être 20, 30, 50 mètres, je ne sais pas. Nous avons nettoyé 4 ou 5 mètres, mais c’est très difficile. De sorte que pour le moment nous essayons de contourner cette partie effondrée et de creuser une entrée depuis la surface afin de pouvoir contourner et continuer avec ce tunnel. En fait il me semble que j’aimerais mieux... car je sais que en haut il y a deux entrées depuis la ville au sommet de la pyramide du soleil, mais c’est déjà dans la zone protégée et ça il ne faut pas le faire.

Auteur de l’enregistrement : Et dans ces tunnels, est-ce le même matériau de construction qu’à la surface, avec ces grès ?

Osmanagic : Le matériau de construction est... là-bas c’est déjà de la brèche naturelle, c’est de la brèche naturelle. Apparemment ils ont creusé à travers cette brèche. Et ces dalles sur lesquelles nous nous trouvons, qui sont décorées de la main de l’homme, c’est du grès, il est identique à celui-là, mais un peu plus ferreux.

Du grès identique à de la "brèche" ? Et avec tous les géologues présents dans son équipe, aucun n’a réussi à lui expliquer ce que sont les "ripple-marks" qui décorent ces dalles de grès ?

[...]

Visiteuse : Et dans quelle mesure ces... ce... ces modifications tectoniques ont pu provoquer un changement de la forme de la pyramide.

Osmanagic : Excellente question. Cette face que nous regardons maintenant (indique la direction de Visocica), ici il existe une faille entre les pyramides de la lune et du soleil, et la pyramide de l’amour qui est orientée exactement vers moi. Là existe une grande faille, géologique, qui est venue d’un gigantesque tremblement de terre. Quand ? Trois mille, 4000, 5000 ans - nous ne savons pas. Ce tremblement de terre a véritablement ouvert cette terre. Quand il l’a ouverte, voilà, les fondations de la pyramide du soleil se sont brisées. Et sur cette face sud, comme elles se sont brisées, elle s’est effondrée et plein de blocs de pierre ont, comment dire...

Assistant (en maillot rouge) : ... coulé.

Osmanagic : Ont coulé, sont tombés, etc., et comme ils sont tombés, la géométrie de la pyramide s’est perdue, et c’est la seule face qui est un peu arrondie... Et à cause de cela il existe des débris qui rendent ça un peu, euh, arrondi, mais il reste trois côtés qui sont très, très très bien conservés.

Visiteuse : Et ce...

Osmanagic : Donc ils sont tombés. Et c’est comme ça que elle aussi (il montre la direction de Cemorac, la soi-disant « pyramide de l’amour ») a perdu sa forme, sûrement ces blocs qui se sont brisés, à cause de ce tremblement de terre, il y a la même chose ici vers la pyramide de la lune. Nous voyons là-haut beaucoup de bouleversements, nous voyons vraiment beaucoup, dans pas mal d’endroits, qu’il y a des aberrations, qu’il y a eu des glissements, etc...

Pratiques, ces séismes, ils permettent d’expliquer à peu de frais toute anomalie dans la "forme parfaite" des pyramides... Sauf qu’un rejeu si récent (à l’échelle géologique) de la grande faille évoquée par M. Osmanagic (qui existe réellement, et qui était déjà active avant le Quaternaire), "un gigantesque tremblement de terre" il y a quelques milliers d’années, aurait très probablement laissé d’autres traces que quelques blocs ayant "coulé" (!) de la "pyramide".

Visiteuse : Et ça là-haut sur le plateau (elle montre en direction de Visocica), ça m’intéresse cet empilement l’un sur l’autre.

Osmanagic : Eh bien je pense qu’il s’est produit là un, une sorte de soulèvement et aussi de cassure, et maintenant... Ce que je suppose c’est que tout ça là-bas a été coulé en bloc, c’est du grès, ça a été coulé sur place.

Auteur de l’enregistrement : Les dalles ?

Osmanagic : Oui. Comme ici, mais un peu différemment...

Auteur de l’enregistrement : Alors ce n’est pas cette pierre, comment, qui est un peu usée par l’eau, qui a des formes un peu arrondies...

Osmanagic : Oui, celle-là, c’est sûr...

Visiteuse : Quelles différences avec celles-ci ?

Osmanagic : Il n’y a pas une grande différence de composition...

Visiteuse : Seulement de forme...

Osmanagic : De forme, oui. Dans l’épaisseur aussi. Nous avons le même cas sur le plateau lui-même près de chez Ekrem (rires) quand vous grimpez à une trentaine de mètres du sommet même de la pyramide de la lune sur un mètre il y a des dalles semblables avec ces motifs de vagues et de nouveau 50-60 centimètres de dalles de grès, tout empilé l’un sur l’autre. Douze, quinze, vingt centimètres, quarante centimètres, il s’agit de quelques couches de longueur et épaisseur, comme ça...

Visiblement, les idées de M. Osmanagic ne sont absolument pas claires en ce qui concerne la nature des roches sur lesquelles il discourt ; il ne sait plus lesquelles sont du grès, lesquelles de la "brèche", ne sait plus non plus lesquelles sont "coulées" et lesquelles naturelles...

Visiteur VI : Avez-vous trouvé quelque part le coin, le bord de la pyramide...

Assistant (en maillot rouge) : ... l’arête, l’arête...

Osmanagic : Eh bien nous en avons deux (montre de la tête en direction de Visocica), nous creusons là-bas sur la face nord...

Auteur de l’enregistrement : ça veut dire qu’il y a encore des sondages ?

Osmanagic : Oui, nous creusons vers les arêtes là-bas au nord et à l’est de la pyramide du soleil, ce sont deux sondages ouverts, et ici je suppose que ça c’est l’arête, ce que nous faisons au premier, deuxième, troisième, au troisième sondage incliné, c’est très probablement l’arête.

Sur la fameuse "arête" de Visocica, voir ici.

Visiteuse : Et jusqu’à quel niveau de Perac est-ce que ça descend ? Selon votre évaluation ? Jusqu’à quelle partie de Perac ? Jusqu’à l’église ? Ça commence à ce niveau-là ?

Osmanagic : Ce que je pense c’est que c’était comme ça, tout ça ici faisait partie d’une vallée. Tout était plat, il n’y avait pas de collines, il n’y avait rien là où sont aujourd’hui les pyramides. Et comme quand vous construisez un parking pour autos, un grand parking public, d’abord vous allez vers le bas à deux ou trois étages sous la terre puis ensuite vers le haut quatre cinq étages, c’est ainsi qu’on construit un parking. D’après moi ici on a fait de la même manière. D’abord on a creusé vers le bas, coulé d’énormes fondations, puis vers le haut.

Auteur de l’enregistrement : Avec ces pyramides ?

Osmanagic : C’est ça.

Sans commentaire...

Auteur de l’enregistrement : Et les autres collines, ce sont aussi des pyramides ?

Osmanagic : Eh bien voilà, pour ces cinq objets, grâce à plusieurs méthodes nous savons qu’ils se comportent comme des objets artificiels. Pour deux d’entre eux, le Soleil et la Lune, nous avons les preuves géologiques qu’il s’agit d’objets artificiels. Donc pour cinq objets nous savons. Certains mentionnent encore deux objets et ceux-là, en les regargant simplement en passant, quand on les regarde eux aussi ressemblent à des pyramides. Nous ne les avons pas encore mentionnés publiquement. Mais je peux vous dire qu’ils sont ici entre la Lune et la Terre là-bas à l’extrême gauche. Vous ne devez pas aller là-bas, il y a pas mal de mines. Mais il semble qu’il y a là deux plus petits, deux plus petites élévations pyramidales, comme je les appellerais. Et voilà ce que nous savons pour cette partie de la vallée de Visoko. Cependant, j’étais justement aujourd’hui à Vratnica, à quatre kilomètres d’ici, et je vous le dis il y a là-bas quelque chose comme un tumulus, une élévation circulaire avec des dalles et blocs magnifiques, comme ceux d’ici.

Visiteur III : ça pourrait être une pyramide aussi ?

Osmanagic : Ce n’est pas une pyramide au sens géométrique. C’est comme deux tumulus, comme deux, comment, comme deux collines circulaires qui se relient l’une à l’autre...

Visiteur III : Et elles sont artificielles ?

Osmanagic : ... et partout il y a des dalles, des dalles et des blocs...

"Les preuves géologiques qu’il s’agit d’objets artificiels" ??? Si quelqu’un peut m’expliquer... Il me semblait que des preuves archéologiques auraient été mieux adaptées. Et quelles sont les "plusieurs méthodes" qui permettent à M. Osmanagic d’affirmer que cinq collines se comportent comme "des objets artificiels" ? Il me semble que son seul argument ici est la carte de "l’inertie thermique" fournie par M. Smailbegovic, carte qui montre surtout que la quasi-totalité des sommets de la vallée de Visoko se refroidit un peu plus vite la nuit que les points les plus bas. Le saut logique réalisé par M. Osmanagic ("Donc pour cinq objets nous savons") est impressionnant ! Quant à la présence de dalles sous d’autres collines de la région ("partout il y a des dalles et des blocs"), une petite visite ici vous montrera que c’est un argument bien faible.

[...]

Visiteuse : Mais non, ça m’intéresse vraiment, dans combien de temps prévoyez-vous d’obtenir quelque chose de concret.. autre chose que... autre que ces... que ces... collisions et ces effondrements, qui...

Osmanagic : Nous continuons à découvrir les pyramides. Ils ont discuté, ils ont insulté, ils ont accusé, mais ils n’ont pas... (indistinct). Ainsi, si nous avions un millier de personnes pendant la prochaine saison, qui travaillent six mois, nous pourrions découvrir toute la face nord. La face nord tout entière, avec ses degrés, son entrée etc. Mais, pour la découvrir en entier, il y a là-bas une centaine de maisons, il y en a au pied, quelques unes sont même construites sur la pyramide. Cela signifie qu’il faudrait théoriquement acheter cent maisons, à cent, cint cinquante mille, ça fait 15 millions de marks. Mille personnes à 25 marks, 25 000 marks par jour, multiplié par 200 jours ça fait 50 000 marks, plus ces 20, 70, presque 100 millions de marks. Qui peut donner 100 millions de marks pour de telles fouilles ? La Bosnie n’a pas cet argent. Et aussi le monde n’est pas prêt.

Passons sur l’arithmétique pour le moins curieuse de M. Osmanagic, il peut arriver à tout le monde de faire ce genre d’erreur. "Qui peut donner 100 millions de marks pour de telles fouilles ?" Personne, espérons-le, n’ira mettre même le dixième de cette somme dans un tel projet pseudo-archéologique. Par contre, si un généreux mécène était tenté par un investissement dans l’archéologie en Bosnie, il y a de quoi faire : voici par exemple une liste de priorités absolues définies par la Commission européenne et le Conseil de l’Europe, de 20 monuments (fr) en Bosnie-Herzégovine considérés comme faisant partie du patrimoine national et européen, et qui sont menacés, pour beaucoup d’entre eux, de disparition totale à très court terme. Donc, non, M. Osmanagic, le monde n’est pas prêt, et j’espère quant à moi qu’il ne le sera jamais, à vous suivre dans ce type de coûteuse aventure pseudo-archéologique.


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