Pyramides et cueillette des cerises

Article mis en ligne le 26 octobre 2018

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Préambule : Mes chers amateurs d’archéologie alternative

En 2011 sortait le film La révélation des pyramides (LRDP pour les intimes), devenant un petit phénomène sur internet, et amenant de l’intérêt pour l’archéologie fantastique chez un public qui n’en avait pas le souci jusque-là. Pendant plusieurs années l’argumentation du film fut attaquée de toutes parts, sous toutes les coutures, invoquant une large gamme de raisons de ne pas donner le moindre crédit à cette fiction. Et puis… le temps a fait son œuvre, et curieusement on voit encore très régulièrement des commentateurs sur internet qui invoquent ce film pour soutenir leur propos. C’est comme si ce film était passé dans l’imaginaire collectif de façon positive, et ce sans aucune légitimité, malgré ses imprécisions, malgré ses erreurs, malgré son emphase toute fictionnelle, et surtout malgré ses mensonges.

Alors, après tout ce temps, et l’impression que tout a été dit et largement diffusé sur ce film, pourquoi conserve-t-il de la pertinence aux yeux de certains amateurs d’archéologie romantique ? Parmi un grand nombre de paramètres qui entrent en compte dans l’appréciation du film malgré ses débunkages, nous pouvons en identifier un qui me semble le plus récurrent et est à l’origine de beaucoup d’autres : c’est la limite floue entre ce qui est perçu comme exceptionnel, suspect, révélateur, et ce qui est simplement normal, banal, quelconque. Cette capacité à trouver significatives des informations ou valeurs qui ne le sont pas, à voir des causalités ou des coïncidences partout où il y a de simples corrélations, me semble être un des ressorts majeurs de l’approche romantique des sciences.

Traduction d’un strip de Randall Munroe : https://xkcd.com/552/

Nous allons donc nous intéresser ici une nouvelle fois à LRDP, en nous focalisant uniquement sur cet aspect des coïncidences numériques.

I - Vous n’êtes pas seuls

Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce questionnement « est-ce que cette donnée est significative et pertinente ? » n’est pas une banalité que les scientifiques académiques balaient d’un revers de la main, assis sur leur arrogance, vous toisant du haut de leur morgue et méprisant vos doutes et incertitudes. En réalité, cette question est à la base de la méthode scientifique, elle est complexe autant que féconde, et toutes les recherches en passent par cette épineuse question tôt ou tard. Et c’est justement parce que cette question est pertinente que les chercheurs ont mis en place des outils objectifs pour appréhender la significativité d’un résultat afin d’avancer sereinement dans la compréhension du monde. Ces outils statistiques et probabilistes ont l’avantage d’être normalisés, ils fonctionnent indépendamment de l’avis de l’expérimentateur. Ces outils ne sont pas parfaits d’ailleurs (il y a des faux positifs même dans la plus rigoureuse des pratiques scientifiques), mais comme leur mécanisme est bien compris, il devient facile de discuter de la pertinence des résultats en fonction de l’utilisation faites de ces outils, c’est un processus beaucoup plus efficace que si chaque chercheur devait gagner ses collègues à sa cause sur la seule force de ses convictions et de son éloquence.

Malgré cette introduction générale, la suite du présent propos sera très concrète et accessible à n’importe qui.

II - Inventaire de LRDP

Commençons par relever les informations et les méthodes utilisées dans LRDP, cela nous servira de base de travail. Cela pourra sembler fastidieux mais c’est un passage obligé car il s’agira ensuite de reproduire la méthode pour une petite démonstration.

A - Données

1 - Valeurs

Le film utilise plusieurs valeurs auxquelles il donne une grande importance symbolique et mystique :
- la coudée associée à la grande pyramide, de 0.5236 mètres
- le mètre
- Pi
- le nombre d’or noté Phi
- Dans la seconde moitié de la vidéo nous voyons que certaines constantes de l’univers peuvent également être pertinentes dans l’analyse, puisque Jacques Grimault trouve la vitesse limite c, décrite ici comme étant la vitesse de la lumière dans le vide.

Je leur fais grâce de l’unité de mesure « grosse berline » qui semble pourtant fortement tenir au cœur des auteurs du film :
[03 : 25] « blocs de dallage aux formes étranges pesant chacun en moyenne le poids d’une grosse berline »
[13 : 40] « une vingtaine de grosses berlines »
[22 : 10] « le poids de 850 grosses berlines »
J’ignore si cette mesure en Grosse Berline est liée à l’idée finale du film qui est que le réchauffement climatique n’est pas d’origine anthropique mais annonce la fin des temps… dans le doute je vais ignorer.

2 - Transformations

Pour trouver des correspondances, le film utilise ces données dans des séries de calculs, qui sont plutôt auto-légitimés par leur résultat. Nous pouvons relever la multiplication de 2 à 5 et le carré ici :

La division par 2 et jusqu’à 7 des grandeurs :

Et une autre fois une division par 6 de Pi :

On peut également soustraire ces valeurs (avec une nouvelle mise au carré) :

D’autres soustractions :
[1 : 08 : 45] « Cette dimension en mètres, et il insista sur le mot, moins la hauteur toujours en mètres donne 314.16, soit 100 fois pi »
[1 : 09 : 13] « Cette dimension en mètres égale 10 fois pi en mètres, moins celle-ci égale 10 fois le nombre d’or au carré en mètres »

On peut également multiplier par nos valeurs :

[1 : 14 : 45] « La distance Nazca-Gizeh multipliée par le nombre d’or est égale à la distance Nazca-Angkor »

Et vous m’excuserez d’avoir perdu la référence, mais j’ai également noté l’utilisation d’une racine carrée quelque part.

Je m’arrêterai à ces transformations « simples », car il y aurait de nombreuses autres méthodes de calculs à ajouter si l’on tenait compte de toutes les manipulations géométriques parfois très osées que l’on retrouve dans le film, l’exemple le plus complexe étant probablement ce passage étrange :

B - Cadre méthodique

1 - A-dimensionnalité de toutes les valeurs

La plupart des nombres de vos calculs quotidiens ont des dimensions, c’est-à-dire qu’ils prennent une valeur associée à une unité. Vous n’additionnez pas le nombre de carottes (l’unité est la carotte) que vous achetez avec le prix des poireaux (en euro... ou en francs si vous êtes vieux) , ou avec la longueur des saucisses (en centimètres… ou en mètres si vous êtes allemand), pas plus qu’avec le volume d’eau utilisé (en litres), même si c’est pour le même pot-au-feu (il est bête cet exemple, maintenant j’ai faim). La méthode utilisée en physique pour savoir en quelle unité s’exprime le résultat d’un calcul théorique se nomme l’analyse dimensionnelle. Elle consiste à refaire le même calcul, sans se soucier des chiffres, mais en les remplaçant par leurs unités respectives.

Exemple :
Si je parcours 30 kilomètres en 3 heures, ma vitesse sera 30/3 = 10, et l’unité sera en kilomètres par heure, que l’on note km/h ou km.h-1.
Pour connaître cette unité j’applique le même calcul que « 30km/3h » mais uniquement aux unités donc « km/h ». Cela donne donc bien une vitesse de 10 km/h.
Cela peut sembler trivial, mais c’est une méthode indispensable pour savoir où l’on va lorsque l’on commence à faire des calculs de physique théorique qui impliquent pas mal d’unités, et que l’on doit trouver que le résultat s’exprime par exemple en N.m2.kg-2 (c’est l’unité de la constante gravitationnelle newtonienne).

Tout ce petit système est assez frontalement laissé de côté par LRDP qui compare volontiers un nombre en mètre (la différence entre deux cercles) et une valeur en centaine de milliers de kilomètres par seconde (la vitesse limite). C’est pour cela que vous lirez souvent que LRDP fait de la numérologie, cette façon d’ignorer les unités pour faire des rapprochements uniquement sur l’allure des nombres est caractéristique de la numérologie. Pour paraphraser LRDP, les chiffres ne mentent pas, sauf si on ignore l’unité dans laquelle ils s’expriment.

2 - Non-respect des puissances de 10 (de la virgule)

Là encore, LRDP semble n’avoir pas vraiment le souci du placement de la virgule, les auteurs multiplient et divisent les résultats des calculs par 10, 100 ou 10 000 selon le besoin. Il est vrai qu’avec notre système de numération en base dix très régulièrement décimalisé dans sa notation, les nombres gardent toujours la même allure si on les multiplie ou divise par des puissances de dix (c’est même tout le principe de la notation scientifique).
Ce principe serait comme trouver par hasard un Crop Circle extra-terrestre réalisé sur un champ à 314 mètres d’altitude (au hasard, disons à Sarraltroff), et dire qu’il est à 100 pi d’altitude *clin d’œil clin d’œil*, et le tour est joué, cela passe tout seul. LRDP use énormément de cette technique :

[1 : 08 : 40] « 314.16 mètres soit 100 fois pi »
[1 : 08 : 50] « 100 fois le nombre d’or au carré en mètres »
« 10 fois pi en mètres »
[1 : 09 : 13] « Cette dimension en mètres égale 10 fois pi en mètres, moins celle-ci égale 10 fois le nombre d’or au carré en mètres »
[1 : 14 : 35] « la distance entre l’Île de Pâques et Gizeh vaut 10 000 fois le nombre d’or »

Même sans avoir à faire ces multiplications – peu justifiées – il est également possible de déplacer la virgule simplement en modifiant l’unité de mesure. Si je veux diviser par dix une mesure en mètres, il me suffit de la convertir en décamètres, si je veux la diviser par 100, je parle en hectomètres, par 1000, en kilomètres. A l’inverse, si je veux la multiplier (déplacer la virgule vers la droite) je donnerai ma valeur en centimètre, millimètres etc.
Un exemple parlant de cette méthode est cette valeur de « 299,792458 » pour la vitesse de la lumière dans le vide donnée dans le film. Usuellement il y a plusieurs manières d’écrire cette vitesse, le plus souvent on la donne en kilomètres par seconde, soit 299 792,458, il est aussi possible de la donner en mètres par seconde, soit 299 792 458. Dans ces deux cas, il est également possible de la proposer en notation scientifique, soit 2,997 924 58 x 105 (en kilomètres par seconde ici). Sans aucune véritable raison le film décide d’exprimer cette valeur en millions de mètres par seconde. Cela n’a rien de faux, mais c’est plutôt inhabituel, et surtout cela permet de placer la virgule où on le désire simplement en sélectionnant l’unité qui nous sied.

Ici, ce choix permet de forcer artificiellement l’impression que les deux nombres ont quelque chose en commun. Car s’il était écrit en dessous « 299,79613 mètres » associé à la marge d’incertitude inhérente à toute mesure, et au-dessus « 299 792,458 km/s », toujours en surlignant en rouge que ces deux nombres n’ont en plus que 5 chiffres significatifs en commun, l’effet serait beaucoup moins réussi (et beaucoup plus honnête), cela va de soi :

3 - Précision minimale à deux décimales

Le film parle souvent d’égalité entre des valeurs, tout comme de « précision au dixième de millimètre » ou au « tiers de millimètre ». En réalité la méthode du film se satisfait d’une précision toute relative, je vais utiliser pour mon étude la précision minimale que s’autorise le film à [1 : 10 : 43] où la valeur de Pi est « 3.14 », donc 3 chiffres significatifs (deux décimales) :

De plus, on pourra remarquer que les nombreux calculs qui semblent tomber un peu plus juste, ont pour la plupart également une précision à seulement deux décimales, c’est ce que montre Dari qui a refait les calculs ici : https://youtu.be/NeaScsIFXg0?t=186.

Assez généralement, le film propose une mécompréhension de la précision des choses. Un bon exemple à [57:50] où la narratrice semble s’étonner du fait que la coudée soit donnée avec une précision au dixième de millimètre soit 0.5236 mètres… mais elle vient justement d’expliquer que cette valeur a été déduite des dimensions de la pyramide connues en nombre de coudées. Donc forcément, si l’on souhaite estimer une valeur en divisant une autre valeur beaucoup plus grande, il faut utiliser beaucoup de chiffres significatifs pour rester juste.

En l’occurrence, si on se limitait à une coudée au millimètre donc 0.523, on pourrait avoir une coudée à 0.5230 m, autant qu’à 0.5239 m. Et cette imprécision ferait varier la mesure de la base de la pyramide d’environ 40 centimètres (la longueur de 4 rouleaux de papier toilette) selon le calcul : 440 coudées multipliées par 0.0009 mètres est égal à environ 0.4 mètres. La base de la pyramide ayant été mesurée bien plus précisément qu’à 40 cm prés, on donne plutôt 0.5236 (ou 35, ou autre) et cela laisse une marge de moins de 5 cm pour les dimensions de l’édifice.

Ainsi, contrairement à ce qu’énonce la narratrice avec ironie à [58:05], on n’a pas « mesuré le contenu d’une piscine avec un verre doseur » mais on a fait exactement l’inverse : on a estimé la contenance d’un verre doseur en partant du volume connu d’une piscine…
C’est peut-être par cette confusion entre la valeur étalon purement hypothétique de la coudée estimée par des observateurs tardifs, et la précision mesurée réellement, que les auteurs croient que les pyramides et la chambre du roi sont précises « au dixième de millimètre ».

Au passage, cette mécompréhension est surprenante dans ce film qui met beaucoup d’emphase sur le mètre. Car c’est exactement de cette manière que le mètre a été défini, en divisant une très grande distance (le tour du globe) par 40 000 000, on obtient une valeur extrêmement précise, et qui pourra être retrouvée avec la même précision ultérieurement sans avoir besoin d’étalon.

C - Bilan LRDP :« l’infini des nombres »

À [56 : 19] LRDP défini le nombre d’or comme« un nombre unique dans l’infini des nombres », mais on constate que pour LRDP, ignorant les unités et déplaçant la virgule à l’envie, l’infini des nombres est en fait compris entre 1 et 10. Puisque par exemple 1 728 est équivalent à 1000 fois 1.728 qui est égal à 1000 fois 0.001728.

Et si l’on s’arrête à deux décimales, « l’infini des nombres » n’est plus infini du tout, il n’existe alors plus que les nombres allant de 1.00 à 9.99, soit 900 nombres différents :

Cela devient très facile de générer des coïncidences dans un si petit ensemble. Et c’est justement dans cet ensemble défini par LRDP que nous allons désormais exploiter les calculs du film.

III - Application

Nous venons de passer en revue tous les principes qui semblent recouvrir la partie la plus accessible (exotérique) de la « géométrie sacrée ». Ce que nous allons voir maintenant c’est ce que cela donne si je prends ces valeurs ou catégories de valeurs, et que je leur applique de manière massive les transformations autorisées par la géométrie sacrée du film.

A - Présentation du module

Le produit de ce travail est simplement un petit module sous Excel disponible ici :
- Version fichier Excel à télécharger : https://drive.google.com/file/d/11Zpb4s6Y01FeosurT9YuO2XxG-IdU8ha/view?usp=sharing
- Version Google Spreadsheet consultable et utilisable en ligne :
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1_SYP_qf20C2wT1qC1y0u1RIn8IitvLLvhj0SxxTM58w/edit?usp=sharing

Je vais partir du principe que vous l’avez ouvert et donc vous en décrire le fonctionnement dans le détail pour vous permettre de bien comprendre la démarche.

Nous allons d’abord nous concentrer sur les colonnes de gauche (des couleurs allant du brun-orangé au rose). Le bloc en brun-orangé « CONSTANTES » tout en haut, ce sont les seules valeurs que je vais utiliser pour mes calculs, il y en a seulement 9, dont 5 explicitement utilisées dans LRDP (coudée et mètre, pi et phi, puis 5 constantes astrophysiques dont la vitesse limite : c). En dessous nous avons un bloc couleur saumon « MULTIPLICATION CTES » qui est nettement plus long, il s’agit simplement de la multiplication 2 à 2 des 9 valeurs du dessus. Encore en dessous, en rose pâle, il y a une brève sélection de soustractions entre ces valeurs, choisies sans trop de méthode (nous verrons dans la suite pourquoi il n’est pas spécialement pertinent d’avoir une méthodologie pour le choix de ces formules, tant que je me limite à des choses utilisées dans LRDP).
Ce bloc de trois couleurs (brun-orangé, saumon, rose pâle) se répète encore en dessous, et plusieurs fois. Le premier bloc que nous venons de détailler propose les valeurs brutes, et chaque répétition du bloc applique une transformation à ces valeurs. Dans l’ordre nous avons la mise au carré des valeurs, puis la mise au cube, puis la racine de ces nombres. Cette très grande colonne de gauche est donc une succession de modifications simples appliquées au même groupe de 9 valeurs de départ.

Maintenant si nous regardons à droite de cette colonne, nous voyons appliquée de manière encore plus simple une autre transformation à chaque valeur issue de chaque ligne de la colonne de gauche. Tout d’abord des divisions jusqu’à 7 en bleu, puis des multiplications jusqu’à 5 en vert. A droite de chaque colonne de résultat, il y a une colonne orange au texte grisé, c’est cette colonne qui contient la formule qui transforme chaque nombre de la colonne à sa gauche en un nombre comportant un seul chiffre avant la virgule. Ces valeurs en orange sont d’ailleurs toutes reportées en dessous du tableau dans une dernière action qui arrondit ces chiffres à la décimale voulue (au centième pour cette démo). C’est simplement pour faciliter la construction, vous pouvez ignorer ces parties orangées.

J’obtiens par ces moyens un total de 2244 nombres issus de 2244 calculs et ce uniquement à partir de nos 9 valeurs de départ, auxquelles je n’ai jamais appliqué plus de trois transformations successives. Par exemple, la constante de Hubble, multipliée par la coudée en mètres, le tout au carré, puis divisé par 5.

Vous m’excuserez d’avoir retenu la multiplication au cube, qui n’est pas utilisée directement dans LRDP, mais le film parle régulièrement de volume. De la même façon, j’ai ajouté quelques constantes qui ne sont pas dans le film, simplement parce que le film intègre la notion de « constante universelle » dans sa logique, et il ne justifie pas que la vitesse limite soit plus logique qu’autre chose. De plus le film utilise d’autres valeurs astronomiques moins universelles comme la dimension de la terre (par la connaissance du mètre) et la vitesse de rotation de la planète également. Je me suis fort respectueusement cantonné à de véritables constantes, pas à des mesures astronomiques qui sont des références par convention (ce qui serait également le cas par exemple de la distance terre-lune, du parsec, de la durée d’une année etc.).

Si vous continuez sur la droite il y a une colonne violette de 900 lignes, la partie gauche est une simple énumération de 1.00 à 9.99, et la partie droite est tout simplement un comptage du nombre de fois où l’on retrouve un de ces 900 nombres différents parmi les 2244 nombres obtenus dans le tableau de gauche.

Je poursuis la visite (nous arrivons au bout) tout en haut, et toujours un peu plus à droite, vous trouverez un tableau gris collé à la colonne violette. C’est un tableau bilan de la plupart des valeurs que l’on peut tirer de cet exercice. Il comptabilise le nombre total de résultats (les 2244 dont je vous parlais tantôt), les 900 nombres de la colonne violette, le total de nombres différents absents ou présents dans la colonne violette (un maximum de 900 présents donc dans le cas qui nous occupe), une traduction en pourcentage de ces valeurs d’absence et de présence, et enfin, une ligne qui donne une idée du pourcentage maximal de présents que l’on pourrait attendre par la simple limite du nombre de résultats obtenus en tout. Ici, avec 2244 résultats à répartir dans 900 catégories, j’ai donc 249% de complétude possible (donc 100%), mais si je n’avais utilisé que les trois premières valeurs de mes « constantes » je n’aurais obtenu que 484 résultats, soit un maximum de 54% de complétion théorique (si les 484 résultats étaient tous des nombres différents, ce qui est très improbable).

Les deux lignes de pourcentages de présents et d’absents permettent d’obtenir un graphique très simple et qui était finalement l’objectif ultime de tout cela :

Pour cet exemple, c’est un camembert représentant 75,33% de nombres présents pour 24.67% d’absents.

Le bloc violet est également utilisé pour tracer un histogramme très long et bleu que vous trouverez en dessous du camembert.

Cela vous permet de visualiser la répartition des résultats entre les 900 nombres.

Essayez de digérer un peu cette longue description, vous gagnez à bien comprendre la démarche sur cette première page « Module démo » car les autres pages du tableur sont très similaires mais simplement plus « massives » et moins lisibles. La seconde page « +16 valeurs » propose exactement la même chose, mais avec un ajout de 16 lignes vierges dans les « constantes » qui sont intégrées au tableau et aux calculs (ce qui en augmente considérablement la hauteur, passant à 2700 lignes). La dernière page, comme son nom l’indique, c’est la même chose que ce second tableau, avec les 16 valeurs vierges, mais où l’étude porte sur trois décimales (et donc sur 9000 nombres différents possibles, de 1.000 à 9.999), soit 10 fois plus précis qu’un grand nombre des calculs de LRDP.

Ces trois pages sont totalement dynamiques, les 9 cases des valeurs contrôlent tout. Vous pouvez donc vous amuser à l’envie à enlever des valeurs pour voir l’évolution, à modifier certaines constantes pour voir ce que cela donne, et bien entendu, à rajouter des valeurs dans les 16 lignes vierges prévues à cet effet. Veillez à ajouter des valeurs contenues entre 0.0007 et 16.4, sinon il gardera des valeurs finales qui ne rentreront pas dans la fourchette 1.000 à 9.999. Donc si vous voulez ajouter la longueur de la base d’une pyramide de 105 mètres (c’est la pyramide de Mykérinos… car d’après mes recherches, il existe d’autres pyramides en Égypte… je sais, c’est stupéfiant) il faudra indiquer 10.5 ou 1.05, cela reviendra au même puisque tous les résultats sont ramenés à des valeurs comprises entre 1.000 et 9.999.

B - Résultats

Nous observons donc que l’échantillon de calculs de type LRDP que j’ai utilisé donne 2244 résultats (dont 1516 valeurs différentes), qui recouvrent 75% de « l’infini des nombres » selon LRDP si je me limite à 2 décimales. Cela implique que si j’effectue n’importe quel calcul aléatoirement, j’aurais 75% de chances, 3 chances sur 4, de pouvoir le mettre en relation avec une ou plusieurs des 9 constantes de départ. Avec trois décimales (troisième feuille du fichier Excel) j’ai une chance sur 6 (17% des nombres). Personnellement, en démarrant ce travail, je ne m’attendais pas à trouver une valeur aussi élevée, je tablais (au doigt mouillé) sur quelques dizaines de pourcent des nombres à deux décimales, par exemple 20%.

A deux décimales, le nombre 1.31 est celui qui revient le plus souvent, il apparaît jusqu’à 20 fois… Coïncidence ? Et précisément 20 fois en plus, pas 19 ni 21, avec la même précision qu’un équateur qui serait penché à 30 degrés exactement. Et 1.31 multiplié par deux cela donne 2.62, soit une bonne approximation du nombre d’or au carré. C’est facile en fait...

C - Quelques objections qui pourraient vous venir à l’esprit

Je n’ai en aucun cas effectué tous les calculs possibles avec les méthodes LRDP. Par exemple il n’apparaît nulle part les résultats pour la multiplication par 5 ou la division par 7 des valeurs brutes, que j’aurais seulement ensuite passée au carrée, ou au cube, ou soustrait à quelque chose. Il n’y a aucun nombre qui a été divisé par 2 à 7 puis ensuite multiplié par 2 à 5, il y a très peu de soustractions. Et ainsi de suite, on pourrait complexifier énormément ce tableau pour essayer de faire véritablement tous les calculs, en y adjoignant les calculs « géométriques » que le film réalise sans les formaliser, comme tracer des cercles aléatoires à partir de certaines dimensions, soustraire ces cercles etc.

En réalité, il n’y a pas d’exhaustivité possible dans ce travail, pour ce que je viens d’évoquer, les très nombreuses possibilités que je me vois mal explorer en intégralité (cela impliquerait de refaire encore d’autres tableaux de valeurs aussi gros que celui-là), mais également parce que je ne peux pas prédire que LRDP se serait abstenu d’utiliser d’autres modes de calcul s’ils permettent de trouver de sublimes « coïncidences ». Par exemple imaginons qu’en mettant Pi ou le nombre d’or à la puissance 5, je trouve des correspondances très exactes avec les dimensions de la grande pyramide, il me semble évident que LRDP aurait utilisé ce rapprochement s’il avait fait ce calcul et constaté les égalités (quand on voit que Jaques Grimault met en avant des valeurs des services obstétriques sur les dimensions approximatives des bébés à la naissance, chiffres qui n’existent nulle part, je pense que l’on peut affirmer qu’il fait feu de tout bois).

La raison pour laquelle cela n’est pas fait, c’est plus probablement parce que des rapprochements en puissance de 5 n’ont pas été tentés par les auteurs du film.

J’écrivais plus haut qu’il n’était pas très important de viser cette complétude des calculs, et c’est parce qu’il n’y aurait pas de mystère sur l’effet obtenu. La tendance veut clairement que plus on ajoute de calculs, plus on augmente la variété des résultats et donc le pourcentage de nombres présents, et plus le résultat est alors accablant pour la pertinence ou la précision avancée par LRDP. Avec mon échantillon de calculs, j’ai obtenu 75% des nombres à deux décimales, et 17% des nombres à trois décimales, si je rajoutais massivement des calculs complémentaires, géométriques ou autres, j’augmenterais simplement ces pourcentages, et probablement sans jamais atteindre les 100% d’ailleurs, la démonstration serait encore plus flagrante, mais elle est déjà tout à fait satisfaisante en l’état.

IV - Commentaire

J’espère que l’absence totale de « troublante coïncidence » vous apparaît mieux désormais. La méthode de présentation des résultats de LRDP est ce que l’on nomme du Cherry-picking, la cueillette des cerises en français (c’est curieux, en traduisant en français on a l’impression que c’est du québécois… alors que pantoute).

A - Le Cherry Picking

C’est une mauvaise pratique qui consiste à sélectionner les résultats qui nous semblent pertinents sur une large plage de données ou de possibilités, pour ne retenir que ceux-là, donnant l’illusion qu’ils sont très significatifs.

Un exemple type serait de réaliser une expérience pour tester l’efficacité d’un médicament pour soigner les orgelets (oui parce qu’on n’est pas obligé de toujours prendre des maladies graves comme exemple). On va faire de nombreux tests et de nombreux réplicats (des reproductions de la même manip plusieurs fois de suite pour s’assurer qu’on a bien toujours un résultat semblable), et trouver que 95% des cas ne montrent absolument aucun effet de notre médicament, tandis que 5% des manips en revanche donnent un résultat légèrement positif, ou en tout cas proche d’un effet significatif. Si l’on décide de ne publier que sur ce petit pourcentage de résultats (qui sont assez clairement des faux positifs) on donnera l’illusion que notre médicament a un effet concret sur la maladie. C’est ça le cherry-picking, et si le médicament est retenu par les agences de santé, il sera prescrit, et les malades, au lieu d’être soignés efficacement, mourront par milliers du non-traitement de leur orgelet (ha mince, là le choix d’exemple ne marche plus).

B - Anti Cherry-Picking

Ce qui est observable sur le fichier tableur que je vous propose, on pourrait appeler ça de l’anti-cherry-picking ou du dé-cherry-picking, puisque j’ai re-généré la plage de données à partir des méthodes de calculs utilisées sans justifications. C’est cette plage de données (ou une plage de données semblable) qui a servi au Cherry-picking utilisé par le film, pour trouver de subtiles correspondances qui n’existent que parce qu’il est possible de faire un grand nombre de calcul. Car à partir du moment où l’on trouve 75% des nombres, il y a de grandes chances de pouvoir trouver, notamment, les nombres qui nous intéressent pour notre démonstration. Il n’y a alors plus de coïncidence, mais seulement une sélection habile. Même le « hasard » invoqué dans le film pour ridiculiser l’opinion des scientifiques académiques en les présentant comme dédaigneux, c’est un masquage de la méthode proposée. En réalité les scientifiques ne disent pas que cette série de calculs surprenants qui tombent à peu près juste c’est le hasard, ils remarquent en revanche bien que ces calculs n’étant pas justifiés, ils appartiennent à un très grand nombre de calculs possibles (numérologiques) dont il serait plus que stupéfiant qu’aucun ne tombe juste et ne puisse être mis en relation avec Pi, le nombre d’or ou ce que vous voulez. Par l’adage selon lequel personne ne saurait se tromper tout le temps, ou pour le dire autrement, parce que même une horloge arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour.

Donc, si le calcul tombe juste, c’est bien du hasard, ce qui ne l’est pas, c’est la sélection dont les calculs font l’objet pour vous donner l’illusion qu’ils ne sont pas le fruit du hasard. C’est par politesse que les scientifiques concernés disent que c’est du hasard, car ils savent bien que c’est de la manipulation en vérité.

C - Autres exemples de cherry-picking

Le cherry-picking est le mode d’argumentation principal de LRDP. Prenons un exemple tout bête, lorsque le film divise la hauteur totale de la pyramide (une valeur bien commode car elle ne peut être qu’imaginaire, puisque le sommet est manquant, et que le parement l’est également) il nous propose ceci :

Le film ne nous dit pas vraiment ce qu’il faut en penser, ce que cela nous apporte comme information, et ne mettra jamais en relation ces calculs avec le reste de son propos. D’une certaine manière, il faut que nous nous fassions notre propre avis sur la pertinence de ces calculs.

Mais quelle pertinence y a-t-il à reporter ainsi des valeurs approximatives ? Quel sens cela peut-il bien avoir ? Il y a un total de 7 altitudes utilisées à l’image (les traits rouges en pointillés), le nombre total N de distances entre n traits est donné par le rapport N = 1 + 2 + 3 + … + (n-1). Ici pour 7 traits cela donne 1+2+3+4+5+6 = 21, donc 21 distances différentes (en vert sur l’image ci-dessous), parmi lesquelles le film pioche les 7 distances qui conviennent à ses calculs (les pastilles bleues au sommet des lignes vertes), comme ceci :

D’ailleurs, quelle pertinence accorder à ces 7 hauteurs ? Pourquoi le plafond de la chambre hypogée n’est pas pris en compte alors que le plafond de la chambre du roi l’est ? Et inversement, pourquoi le sol de la chambre de la reine est utilisé mais pas celui de la chambre du roi ? Pourquoi la pointe des chevrons revêtirait un quelconque sens et pas leur base ?

Si l’on procède avec méthode et pas au petit bonheur la chance comme le film, on définit à l’avance les paliers que l’on trouve caractéristiques et on prend en compte l’intégralité des éléments. Si j’inclue tous les plafonds et sols, les hauts et bas de chevrons, la base et le sommet, ainsi que l’altitude de l’entrée de la pyramide (je m’arrête là mais on pourrait augmenter encore le nombre de paliers), j’obtiens 12 hauteurs « importantes » :

Cela correspond à 66 distances différentes possibles (toujours en vert sur l’image ci-dessus). Et le mieux, c’est qu’elles seront toutes assez approximatives, aucune ne sera connue au centimètre près, tout simplement parce que la base de la pyramide n’est pas régulière au centimètre près par exemple, et cela vaut pour de nombreuses autres mesures. Nous avons donc 7 correspondances approximatives de distances reportées sur un schéma mais sans calculs, parmi 66 possibilités… c’est donc tout à fait normal.

Il ne vous aura d’ailleurs pas échappé que dans la moitié basse de la pyramide, il y a en réalité des choses à toutes les altitudes. Vous pouvez faire le même exercice à la maison : Je vous invite à vous rendre dans la pièce la plus meublée chez vous (avec étagères, commode, bureau etc.) de vous en faire (mentalement ou réellement) un plan vu de profil (comme les plans de la pyramide) et de compter sur ce plan chaque « niveau » horizontal que vous pouvez identifier. De haut en bas cela pourrait être le plan le plus bas atteint par le plafonnier, le niveau du dessus des chambranles de porte, du dessous des chambranles de porte, le niveau de la clenche, le niveau de chaque étage ou tiroir des plus gros meubles, et ainsi de suite. Divisez maintenant la hauteur totale de la pièce de 1 à 10, cela m’étonnerait fort que vous ne trouviez pas des rapports qui correspondent bien, d’ailleurs si vous n’en trouvez pas, c’est là que cela devient exceptionnel et remarquable. Vous comprendrez peut-être alors mieux la supercherie.

D - Aveu de Cherry-Picking

Le cherry picking n’est pas uniquement une affaire de nombres et de calculs, il peut prendre des formes très variées et par exemple s’associer au biais du survivant. Ainsi à [33 : 15] on sous-entend l’improbabilité du voyage des Polynésiens pour trouver l’île de Pâques comme s’il n’y avait eu qu’un seul voyage achevé par un curieux hasard à cet endroit, et pas un balisage très large de tout l’océan par ces peuples de voyageurs pendant des siècles. Le propos est assez absurde d’ailleurs, la narratrice met du pathos en parlant d’hommes qui ont abandonné femmes et enfants pour partir en exploration à des milliers de kilomètres, et sous-entendre par là la faible probabilité de l’évènement. Mais puisque ces peuples ont émigré, et de toute évidence engendré des civilisations pérennes durant plusieurs siècles, je serais étonné de voir comment ils se sont débrouillés pour faire ça sans emmener les femmes avec eux (pour les enfants je ne promets rien).

Le cherry-picking du film est presque officialisé par cette phrase à [1 : 09 : 25] :
« Il n’existe au monde qu’une seule pyramide possible présentant tout ce que vous avez vu, et c’est précisément celle qui a été réalisée, la grande pyramide de Gizeh »

Il existe environ 120 pyramides en Égypte, dont une trentaine de grande taille. Celle de Khéops est la plus grosse (qui nous soit restée ) mais sa taille n’est pas vraiment exceptionnelle. La pyramide de Khéphren n’est finalement que 15% moins volumineuse et 2% moins haute, autrement dit, une structure aux mêmes ordres de grandeur et qui déchaîne pourtant moins les passions.

Si on décortique la phrase cela veut dire « il n’existe qu’une seule géométrie pyramidale présentant toutes ces propriétés mathématiques et c’est justement cette forme-là qui a été construite »… mais que deviennent les plus de cent autres pyramides dans ce cas ? On essaye là de vous faire croire qu’aucune autre pyramide égyptienne n’existe. Si l’on dé-cherry-pickise (oui je construis des néologismes immondes, je sais) cette phrase, cela devient « il existe 120 pyramides en Égypte, elles présentent de nombreux profils différents, la pyramide de Khéops est la plus grande de peu, et présente certaines caractéristiques qu’on ne retrouve pas dans les autres, de même que chaque pyramide présente des caractéristiques qu’on ne retrouve pas dans les autres » et on pourrait ajouter « Le fait que certains de ces rapports évoqués dans le film ne soient justement présents que dans la grande pyramide démontre qu’ils n’ont aucune pertinence, puisque s’ils découlaient de principes de construction ou de numérologie secrète des anciens, on pourrait justement les retrouver dans des pyramides plus anciennes ou moins anciennes ».

Il y a vraiment un désir de faire passer pour exceptionnelles et « uniques » des choses qui ne le sont absolument pas, simplement en l’affirmant. Par exemple à [1 : 01 : 30] la pyramide devient « un modèle mathématique unique, le seul à réunir pi et le nombre d’or » …. Il existe des centaines de formes qui pourraient réunir Pi et nombre d’or de manière bien plus élégante, évidente et significative que cette pyramide. Au hasard un rectangle de pi longueur et phi largeur, un cercle de rayon phi, et ainsi de suite, vous pouvez en imaginer un grand nombre sans forcer.

Cette mystification sur le caractère unique de ce bâtiment se retrouve également dans :
[1 : 09 : 05] « Si la grande pyramide avait été construite plus petite ou plus grande de seulement 50 centimètres, tout ceci aurait été impossible »
[1 : 09 : 13] « Si la chambre haute avait été plus grande ou plus petite de seulement 5 centimètres, tout ceci aurait été impossible »

C’est probablement vrai. En revanche, si, au lieu de mesurer quelques centimètres de plus ou de moins, ces objets avaient été… 2 fois plus grands ou 2 fois plus petits, les proportions auraient été les mêmes, et s’ils avaient été au hasard 3.14 fois plus petits ou plus grand… ou 1.62 fois plus petits ou plus grands, et des dizaines d’autres possibilités numérologiques, alors il y aurait eu encore les mêmes rapports, et des tas d’autres rapports possibles également.

La possibilité de fabriquer des « coïncidences » et de l’« unique » est d’autant plus élevée s’il y a une part de vérité. Par exemple, si nous supposons comme c’est envisagé que le nombre d’or soit réellement inscrit dans la pyramide pour des raisons semi-volontaires – soit parce que les Égyptiens avaient une connaissance au moins empirique du nombre d’or, soit parce qu’il est assez courant de retomber sur le nombre d’or lorsque l’on cherche à établir des proportions harmonieuses dans des formes simples – alors il suffit de trouver des relations nombreuses entre le nombre d’or et une autre valeur symbolique, par exemple Pi. Et l’on aura l’illusion d’une présence récurrente de Pi simplement parce qu’on le retrouve par des calculs utilisant également Phi, qui est lui réellement là. Mais on ne fera alors que révéler des relations numérologiques entre Phi et Pi, indépendamment de l’architecture.

Extrait des "complots faciles pour briller en société"

Un nombre réellement présent pour des raisons historiques tout à fait envisageables devient alors un tremplin pour mystifier le public en faisant passer d’autres nombres pour des vérités inscrites dans la pyramide. En réalité on aura simplement trouvé un nombre en plus, c’est-à-dire rajouté une ligne aux constantes du tableur, et donc augmenté grandement le nombre de coïncidences magiques exploitables.

V - Coïncidences et corrélations

A - Générateur automatique de Coïncidences

Le module présenté ici (ou d’autres modules construits sur le même principe) peut constituer un véritable générateur de correspondances numérologiques magiques. Vous pouvez ajouter des constantes assez nombreuses pour complexifier la variété des résultats, mais avec la fonction recherche du tableur (Ctrl+F) vous pouvez aussi directement remonter aux résultats que vous cherchez pour établir vous mêmes vos mystiques égalités qui invitent à « revoir le sens du mot hasard » ([1 : 20 : 40]). Vous pouvez même – lorsque des correspondances vont bien – vérifier jusqu’où se poursuit l’égalité. Car si pour cette démonstration nous nous arrêtons à 3 décimales, rien n’empêche que par hasard (et oui toujours lui) certaines de vos correspondances se révèlent beaucoup plus fructueuses, poursuivant loin derrière la virgule une égalité avec la valeur de votre choix.

Vous pouvez également – tel un apprenti Jean-Pierre Adam – mettre les dimensions de votre tabouret de cuisine ou de votre brosse à dents et voir ce que cela donne.

B - Générateur manuel de Corrélations

Mais alors, qu’en-est-il de tous ces sites archéologiques ou historiques reliés entre eux, avec autant de correspondances ? Tout cela ne peut être le simple fruit du hasard ! Il n’y aurait aucun point commun entre tous ces sites ? Alors que tant de chercheurs indépendants ont évoqué tant de liens, dessinant progressivement des soubassements aux conséquences gigantesques et pan-historiques ?

Figurez-vous qu’il y a effectivement un lien entre ces sites, un vrai lien, et qu’effectivement, les chercheurs indépendants auxquels vous pensez ont mis le doigts dessus depuis plusieurs décennies et même siècles. On pourrait même dire que c’est plus ou moins lié à un complot mais c’est tout de même exagéré de présenter les choses ainsi. Et non, je ne plaisante pas dans ce paragraphe, je n’ironise pas non plus, je suis tout à fait sérieux.

1 - Le lien

Le lien entre ces sites est assez simple : ce sont des sites sur lesquels nous ne disposons pas de toutes les informations, et parfois d’informations pas totalement sûres. Et surtout, nous disposions d’encore moins d’informations fiables il y a quelques décennies ou siècles, voire d’absolument aucune donnée, en ces époques qui ont vu naître l’archéologie romantique.

Prenons deux cas types : les Pyramides d’Égypte et l’île de Pâques.
Il y a deux siècles et moins, le Sphinx de Gizeh était encore ensablé et l’origine concrète de toutes ces structures étaient très peu connue, et sans la moindre fiabilité par ailleurs (imaginez la place laissée au mystère lorsque vous vous promenez au milieu des dunes, entouré d’architectures mégalithiques encore enfouies sous le sable, dont vous ne connaissez ni la date, ni jusqu’où ils s’enfoncent, ni rien). L’Île de Pâques de l’époque rencontrait une situation semblable, elle avait subi plusieurs cycles de dépeuplement, laissant très peu de ses habitants d’origine, l’importante érosion du sol avait recouvert partiellement les statues, et l’île apportait énormément de questions sans réponses. C’est à ces époques que l’on a vu foisonner l’archéologie que l’on décrit aujourd’hui comme romantique. Une archéologie qui pouvait réunir dans une même dynamique des chercheurs rigoureux et méthodiques, ainsi que des rêveurs fascinés et souhaitant voir dans ces sujets d’étude un tas de causes symboliques ou mystiques, des traces d’évènements bibliques, de la numérologie et de nombreuses autres idées dont l’inventivité était à la hauteur de la majesté des vestiges.

Photographie de Donald McLeish, 1921

Mais la situation pour ces deux sites n’a pas évolué à l’identique. Il y a un peu plus d’un siècle et demi, l’archéologie scientifique commençait à naître, repartant de zéro pour questionner avec méthode ces vestiges, et avancer vers une connaissance progressive mais solide de leurs origines. Les informations autour de Gizeh étaient innombrables en y regardant bien, et l’archéologie s’est grandement professionnalisée avec l’étude des vestiges égyptiens, car ils sont très anciens ainsi que très nombreux, permettant autant de recoupements, pour asseoir une connaissance bien affirmée. L’état des connaissances en égyptologie et même sur l’ancien empire est désormais très vaste, très robuste, plus que correctement étayé, et tout se tient. Sur l’île de Pâques en revanche, si les connaissances ont avancé, le doute reste omniprésent. Par sur les grandes lignes, mais les dates précises, les conditions précises, tout cela reste partagé entre différentes hypothèses plus ou moins robustes. Les hiéroglyphes égyptiens ont commencé à être correctement traduits il y a presque 200 ans, permettant de déchiffrer de grandes quantités d’inscriptions, s’ajoutant à la restauration de fresques très explicites montrant les conditions de réalisation des édifices et la vie des gens de l’époque. L’écriture de l’île de Pâques en revanche, nous ne la lisons toujours pas, et nous ne disposons pas d’une si grande quantité de textes par ailleurs. C’est ainsi que l’île de Pâques conserve toujours une porte entrouverte vers le mystère et les fantasmes les plus originaux pour ceux qui le souhaitent vraiment. Et c’est également pour ces raisons que lorsque des idées d’archéologie romantique sont médiatisées, vous voyez de nombreux spécialistes de l’égyptologie s’exprimer catégoriquement sur l’inanité des idées concernant les pyramides, mais beaucoup moins montant au créneau pour lutter contre les fantasmes concernant l’île de Pâques.

Si l’archéologie alternative s’est intéressée prioritairement à ces sujets inexpliqués à l’époque, c’est parce qu’il est très complexe d’écrire une « Histoire secrète » crédible pour une époque bien documentée. Cela vaut même si beaucoup de détails restent inconnus des historiens, car tellement de faits sont connus qu’il faut la jouer habilement pour ne pas créer d’incohérences flagrantes lorsque l’on remplit les blancs (et tout particulièrement si on les remplit avec des choses majeures, magiques, des évènements historiques de prime importance etc.). De plus, faire cela correctement demande de se documenter considérablement pour s’assurer que notre récit ne jure pas avec les faits établis, et qu’aucun historien poussiéreux ne pourra objecter, pas trop facilement en tous cas. C’est un exercice qui devient en revanche d’une grande facilité lorsque l’on s’attaque à des civilisations dont nous n’avons pas de traces écrites, des écrits non-déchiffrés, peu de vestiges, des peuples isolés ayant établi assez peu de contact avec les autres civilisations de l’époque, des peuples de marins dont on ne peut pas retrouver de traces des voyages car l’océan bouge, et ainsi de suite. L’Histoire de ces peuples est quasiment vierge et on peut laisser courir son imagination sans trouver de contradicteurs.

Par corollaire à chaque fois qu’une civilisation nous est bien connue, est bien documentée, archéologiquement et historiquement, les traces éventuelles des Atlantes/des Aliens/des anciens astronautes/des Géants/ou autre hypothèse de votre cœur, disparaissent totalement… alors qu’elles devraient drastiquement augmenter, puisque nous sommes face à une civilisation connaissant l’écriture, archivant des tas de choses, pratiquant même l’Histoire. C’est comme si la condition sine qua non pour qu’une civilisation puisse être reliée à ces hypothèses d’archéologie alternative soit… que nous n’ayons aucune information fiable sur ladite civilisation.

C’est pour ces raisons que LRDP répète beaucoup « on ne peut pas dater la pierre », cette phrase est l’assurance-vie du film, son alibi. Des méthodes de datations variées, il y en a de nombreuses pour estimer au moins le millénaire qui a vu la fabrication des murs et des structures. Mais le film est obligé de balayer cette datation pour pouvoir affirmer que : plus c’est ancien, plus c’est massif. Mais si on ne peut pas dater la pierre, qu’est-ce qui leur permet d’affirmer que ces structures massives sont les plus anciennes ? Vous remarquez qu’il s’agit d’un argument circulaire : On remarque des structures massives, on décide que certaines sont très anciennes pour soutenir une thèse ésotérique, et puisqu’on ne peut pas dater la pierre, alors on affirme que tout ce qui est massif est très ancien. Plus brièvement, on utilise l’argument de l’impossibilité de dater les pierres pour… dater les pierres. En réalité on peut dater scientifiquement la plupart de ces structures, chacune par des méthodes différentes généralement, et le plus souvent en couplant plusieurs méthodes pour s’assurer de résultats comparables (et donc fiables en première approche).

Le film a l’obligation de nier la totalité des datations, quelle que soit la méthode, sinon il se retrouve à devoir expliquer des choses compliquées. Expliquer pourquoi des choses aussi majeures que des contacts avec des extra-terrestres ou des Atlantes ont été monnaie courante (mais on n’en a pas la preuve malheureusement) entre - 12 000 et - 2500, se produisant sur toute la surface du globe. Puis ont existé uniquement en Amérique du Sud et sur quelques îles ou lieux – isolés et désormais totalement désertés – avant le premier millénaire de notre ère jusqu’aux environs du 16ème siècle. Et expliquer pourquoi ces visiteurs ou ces puissances secrètes ne se sont jamais manifestées auprès des civilisations dont nous avons le plus de traces, les Romains, les Grecs, les empires européens. D’ailleurs la plus grosse pierre jamais déplacée par l’homme sans machine rentre – malheureusement pour le romantisme – dans cette catégorie des cas trop documentés pour être attribués à des puissances supérieures. Il s’agit de la pierre tonnerre, le socle de la statue du cavalier de bronze, une pierre de 1500 tonnes selon les estimations prudentes, déplacée au 18ème siècle. C’est assez gênant que ce soit la plus grosse d’ailleurs, car l’argument d’ignorance récurrent du « certes vous arrivez à déplacer [tel poids] dans des reconstitutions, mais qu’en-est-il des plus lourdes pierres déplacées ? Avec celles-là, cela ne fonctionne pas ! » est invalidé.

2 - Le complot

Je parlais un peu plus haut de « complot » international au sujet des liens entre tous les sites utilisés par LRDP. C’était de la provocation je l’avoue, on a l’impression d’un complot car toutes ces personnes ont la même démarche, mais c’est probablement sans réelle concertation, seulement un habile mimétisme, une compréhension des mêmes enjeux, une utilisation des mêmes ressources. Des personnes qui sont confrontées aux mêmes problèmes et trouvent des solutions semblables. De quoi est-il question ici ? Des contacts entre bâtisseurs antiques ? Non, je parle du « complot » des promoteurs d’archéologie romantique qui ont tous au moins intuitivement compris ce qui est écrit plus haut : un site archéologique inexpliqué est une ressource mobilisable pour asseoir à peu près n’importe quel discours : un discours sectaire, un discours mystique, un discours new-age, un discours complotiste, un discours qui fait vendre des livres, des films, des produits de médecine alternative ou des objets, bref un discours en lien avec la marotte de chacun des intervenants qui auront compris la combine. Ceux qui sont obsédés par Shamballah feront le lien avec Shamballah, ceux qui sont obsédés par le déluge biblique feront le lien avec le déluge biblique, ceux qui sont obsédés par les aliens etc. A chaque fois, la cible, c’est nous (et vous donc) et le marteau utilisé pour faire rentrer ces clous dans notre cerveau, c’est de nous faire croire que tout le monde nous ment, sauf eux. Effectivement, il y a fort à parier que des gens vous mentent parfois, mais les promoteurs (pour ne pas dire prometteurs) de l’archéologie fantastique, eux, c’est absolument certain qu’ils vous mentent.

La dynamique historique du rapport entre archéologie romantique et archéologie scientifique s’apparente finalement à la friction que l’on a pu observer entre les institutions religieuses et l’émancipation des sciences au fil du temps. La majeure partie des prétentions des Églises à décréter le vrai sur de nombreux sujets du monde matériel a été progressivement contredite et privatisée par les sciences au fil de l’évolution du sécularisme en occident. C’est la même rivalité entre l’archéologie scientifique qui a progressivement grignoté les affirmations péremptoires des archéologues romantiques pour les remplacer par des argumentations étayées, menant le plus souvent à des conclusions différentes voire inverses, et à une destruction progressive de la magie. Dans un monde où l’on ne sait rien, il est effectivement possible de dire tout et son contraire sans subir la contradiction. Et l’évolution vers une amélioration du savoir peut alors être perçue comme une perte de liberté. Mais maintenant que l’on sait, est-ce souhaitable d’ignorer les faits pour le plaisir libérateur de dire tout et son contraire ?

Les amateurs ou promoteurs d’archéologie romantique, qui construisent un récit mythique entourant les pyramides d’Égypte qui va à l’encontre des faits établis, sont simplement les héritiers d’une tradition. Lorsque cette tradition est née, rien ne s’y opposait formellement, mais malheureusement pour eux la connaissance objective a grandement avancé depuis cette époque. Les archéomanes sont une sorte d’arrière-garde du camp de ceux qui voulaient rêver sur les civilisations anciennes, perpétuant des fantasmes vieux de plusieurs siècles, qui ne dérangeaient pas à l’époque, mais dont on sait qu’ils sont faux désormais. Ils luttent à leur façon, parfois malhonnêtement, mais parfois ingénument et sincèrement à n’en pas douter, contre la démagification du monde qu’ils observent. C’est un réflexe de défense très compréhensible de la part de personnes aimant la magie, ayant la foi pour moteur, et accordant de la valeur à leurs rêves. Vouloir rêver c’est louable et compréhensible, mais le faire contre les faits les plus élémentaires, en niant sans argument une bonne part des travaux sur le sujet, en faisant du prosélytisme alter-scientifique, en se faisant passer pour de la science afin de mieux tromper, cela s’apparente plutôt à de la malhonnêteté qu’à de la candeur. C’est pour cela que LRDP tente de faire remonter les sources de l’égyptologie scientifique à Hérodote, un auteur très ancien, facilement disqualifiable, et par ailleurs historien. Car l’égyptologie est en réalité une science moderne, principalement archéologique et non pas historique pour ce qui concerne l’ancien empire, ce sont en fait les sources et les références de LRDP qui commencent à dater (voir « La Révélation des Pyramides » : les références de Jacques Grimault - I).

Vous pourriez vous dire intuitivement (c’est l’objectif du film) : « C’est vraiment dommage que ces peuples ne nous aient pas laissé des traces plus claires du passage des êtres supérieurs ! Si seulement des informations plus explicites nous étaient parvenues, cela claquerait le beignet des sceptiques qui se moquent de nous ! » mais vous raisonnez alors à l’envers. La condition pour pouvoir « attester » de ces contacts c’est justement des civilisations méconnues, des constructions aux origines mystérieuses. Comme expliqué, le vrai lien entre ces sites, ce n’est pas un contact extra-terrestre, le vrai lien c’est le manque d’informations fiables disponibles, qui permet facilement à qui le souhaite de vous vendre rétrospectivement une hypothèse extra-terrestre (ou autre). Car il n’existe en réalité que deux cas de figure :
- Soit nous avons très peu d’informations sur les sites, et des personnes tordent alors le sens de ce qui est disponible pour affirmer catégoriquement ou sous-entendre habilement des choses très improbables (ufologiques, mystiques ou autres)
- Soit nous disposons de nombreuses informations sur les sites, et ces choses improbables n’ont alors plus aucune prise sur les faits.
Les sites pour lesquels nous avions peu d’informations (Gizeh) mais que nous connaissons très bien désormais ont simplement vu reculer progressivement l’hypothèse romantique. Ce n’est pas « un malheureux hasard » que nous n’ayons pas d’information sur ces sites, c’est ici le bon moment pour voir la corrélation qui implique une causalité ! C’est parce que nous avons peu d’information que ces sites vous ont été présentés avec une lecture romantique, c’est leur point commun, et l’unique raison pour laquelle ils sont tous reliés dans une grande théorie romantique.

Ce mécanisme peut s’observer à d’autres sujets. Par exemple : « c’est vraiment dommage que les vraies images d’OVNI soient généralement floues, lointaines, d’une origine inconnue ». Là encore, ces caractéristiques sont les conditions pour qu’une image d’OVNI puisse être considérée comme « recevable » par les Ufologues tenants de l’hypothèse extra-terrestre. Il y a une corrélation de 100% entre ces caractéristiques et la crédibilité d’une image d’OVNI, car si plus d’informations étaient fournies dans ou avec l’image, cette dernière rentrerait dans le deuxième cas de figure « débunkée ». Car dans ce cas également, il n’existe pour le moment que deux cas de figures, d’une part des images peu convaincantes mais pas non plus élucidées parce qu’on ne voit rien, et d’autre part, des images débunkées.

La démarche scientifique est parfois ingrate, elle limite rapidement les rêves justement. Dans le cas de l’étude des époques passées, c’est encore plus frustrant car on a la certitude que l’on n’aura jamais toutes les réponses que l’on souhaiterait, certaines choses sont détruites et ne réapparaîtront jamais, certaines conjectures resteront des conjectures pour l’éternité de la connaissance humaine. Et c’est justement là qu’il faut être résolu et ferme, c’est frustrant mais « nous ne le savons pas » doit rester une réponse valide en science, sans que quiconque éprouve le besoin impérieux de bricoler une réponse pour maquiller le problème. Je citerai pour conclure le linguiste Pierre Guiraud qui parlait de l’étude de l’étymologie des expressions populaires en des termes qui s’appliquent par analogie à toutes les sciences du passé : « Une locution est un puzzle dont nous ne possédons qu’une pièce sur dix et en essayant de le reconstruire on doit se garder de forcer les morceaux dans une échancrure destinée à rester vide » [1].

Notes :

[1Les locutions françaises, 1961 Presses Universitaires de France


Forum
Répondre à cet article
Pyramides et cueillette des cerises
Emile Lurien - le 26 octobre 2018

Bravo pour cet article très complet !
Sur Excel, en C5, ça pouvait s’écrire
=SIERREUR(ARRONDI(B5*10^-ENT(LOG10(B5)) ;2) ;0)
pour 2 décimales
=SIERREUR(ARRONDI(B5*10^-ENT(LOG10(B5)) ;3) ;0)
pour 3 décimales
Désolé, déformation professionnelle

Pyramides et cueillette des cerises
Aurl - le 7 novembre 2018

Haha, je viens de tester cette très élégante formule et cela fonctionne fort bien en effet, c’est autrement plus sobre que mon merdier ^^

Si vous êtes pro du tableur, il ne vous aura donc pas échappé le grand amateurisme du fichier proposé, que je serais par ailleurs bien en peine de cacher. J’ai bricolé jusqu’à obtenir un résultat avec autant d’automatisation que j’en étais capable, mais j’aurai pu mettre ma main au feu qu’il existait une façon bien plus élégante de parvenir à ce résultat lorsqu’on maîtrise le logiciel.

Merci pour la formule Émile !

Pyramides et cueillette des cerises
NEMROD34 - le 27 octobre 2018

Coquille :
Des personnes qui sont confrontés aux mêmex problèmes

Pyramides et cueillette des cerises
Irna - le 27 octobre 2018

Merci Nemrod34, je corrige !

Pyramides et cueillette des cerises
Iyadcqnsdqsl’o AI² - le 27 octobre 2018

Tiens, ça faisait un bon moment que je me demandais pourquoi il n’y avait plus d’articles. Je dois dire que ma scrollbar se recroquevillant pendant le chargement de la page m’a servie de réponse, encore une fois du boulot impeccable !

Pyramides et cueillette des cerises
Irna - le 27 octobre 2018

Oui, je ne suis pas très productive en ce moment :(
Heureusement qu’il y a des gens comme l’auteur de cet article, Aurl, pour produire de bons articles !
Irna

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 27 octobre 2018

Bonsoir à tous.

Je me permets d’ajouter quelques remarques sur le point VALEURS de l’article. Si, plus tard, vous voulez des infos supplémentaires sur ces remarques vous n’avez qu’à les demander.

JE CITE :

Le film utilise plusieurs valeurs auxquelles il donne une grande importance symbolique et mystique :

1/ - la coudée associée à la grande pyramide, de 0.5236 mètres

2/ - le mètre

3/ - Pi

4/ - le nombre d’or, noté Phi

REMARQUES :

Très bien. Voyons ces valeurs :

1/ “Coudée royale” (52’36 cm) :

J’aborderai cette valeur à la fin.

2/ Mètre (1 m) :

Le système métrique, évidemment, n’existait pas dans l’Antiquité. Il fut crée en 1789 environ.

3/ Pi (3’141592…) :

Les anciens ne connaissaient pas la valeur numérique de Pi = 3’141592…. Ce qu’ils employaient, d’après les textes, c’est des valeurs approchées telles que 22/7 (= 3’1428), 3+1/8 (= 3’125) et d’autres. Puis, ils savaient, bien évidemment, tracer géométriquement des cercles.

4/ Phi = 1’618.

Les anciens ne connaissaient pas non plus la valeur numérique de Phi = 1’618. Tout au plus ils connaissaient quelques-uns des tracés géométrique qui produisent cette proportion.

Ceci dit le système de mesures ancien était antropométrique, suivant le principe “L’Homme est mesure de toute chose” et le choix d’un modèle humain officiel (Homme en T = 1’80 m et postures derivées) qui s’est conservé jusqu’aujourd’hui grâce à Léonard De Vinci.

Aussi, contrairement à ce que l‘on croit, ce modèle humain ne contient pas le nombre d’or mais bien une grille d’unités antropométriques qui est expliquée sur les textes anciens.

5/ “Coudée royale” (52’36 cm) :

Revenons maintenant à cette fameuse unité de 52’36 cm appellé habituellement “Coudée royale” et associée à la Grande Pyramide.

L’insistance de tous les auteurs (aussi bien “pyramidomanes” que “spécialistes”) sur cette unité est la preuve de la grande méconnaissance sur les deux champs par rapport aux mesures anciennes.

Ce que nous avons dans l’Antiquité ce n’est pas des unités isolées mais bel et bien un système d’unités complet, organisé et cohérent basé sur un modèle humain officiel qui correspond à un Homme de 1’80 m.

Ce système est expliqué sur les textes et il est gravé sur des étalons (des étalons, des règles : non pas des “Coudées”). L’unité centrale de ce système antropométrique est l’Homme = 24 Palmes = 1’80 m (et non pas cette “Coudée Royale”).

Donc, nous avons toute la serie de Palmes depuis 1 Palme (7’5 cm) jusqu’à 24 Palmes (7’5 cm).

Les textes expliquent aussi que l’unité Coudée naturelle fait 6 Palmes et que l’unité Coudée Royale fait 8 Palmes (60 cm) ou 32 Doigts (57’60 cm).

Quant à ces fameuses “Coudées” de 52’36 cm elles sont tout simplement des règles de 7 Palmes (52’50 cm) mais pas l’unité “Coudée Royale” qui (d’après Girard, Heron et Mayora) fait, elle, 8 Palmes (60 cm) ou 32 Doigts (57’60 cm).

400 de ces unités de 32 Doigts font le coté de la base de la Grande Pyramide (12800 Doigts = 230’40 m) mais, de toute façon, il est clair qu’on n’employa pas une unité isolée mais bien le système en entier. Aussi nous avons les mesures de la Grande Pyramide en Plètres grâce à Herodote et Héron.

POUR FINIR :

Il serait temps que les partisans des 2 champs (“pyramidomanes” et “spécialistes”) commencent à se rendre compte que parler d’unités antropométriques sans bien étudier les textes anciens qui les expliquent et sans l’appui du modèle humain correct non seulement n’est pas cohérent mais en plus conduit tout le temps à commettre des erreurs.

Bien à vous.

Luis Castaño. Licenciado en Filología. Investigador en Metrología Histórica.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 28 octobre 2018

Je corrige :

Donc, nous avons toute la serie de Palmes depuis 1 Palme (7’5 cm) jusqu’à 24 Palmes (1’80 m).

Pyramides et cueillette des cerises
Lafla - le 30 octobre 2018

Bonjour,

Comme beaucoup de monde je suis venu au sujet de l’archéologie alternative par la film LRDP qui m’a d’abord beaucoup intrigué. Puis cernant un peu mieux le personnage de J Grimault et ses "méthodes", je suis devenu plus sceptique au sujet de nombreux éléments du film ; néanmoins je reste très intéressé par certaines théories alternatives et le débat autour de celles-ci.

Etant mathématicien de formation je souhaite réagir sur quelques points de cet article. Nous sommes d’accord que l’accumulation de relations entre pi, phi et un nombre indéterminé de dimensions de telle pyramide n’est pas en soi une preuve de quoique ce soit. La "méthode" LRDP repose au mieux sur une intuition hors de contrôle, au pire sur la cueillette des cerises. Ce n’est pas pour autant je pense qu’il faut tout rejeter, et quelques unes des relations les plus significatives posent question selon moi.

Il existe des centaines de formes qui pourraient réunir Pi et nombre d’or de manière bien plus élégante, évidente et significative que cette pyramide. Au hasard un rectangle de pi longueur et phi largeur, un cercle de rayon phi, et ainsi de suite, vous pouvez en imaginer un grand nombre sans forcer.

Admettant que la pyramide fait 440c de base pour 280c de hauteur, on obtient une pente de 280/220 = 14/11 soit 4/pi (avec l’approximation d’Archimède pi 22/7). Par ailleurs 4/pi se trouve être approximativement égal à la Vphi, ce qui nous fait un triangle rectangle de côtés 1,Vphi,phi (peut-être la racine carrée que vous cherchiez).

Après c’est une affaire de goût, mais je trouve cette évocation de phi et de pi à travers Vphi très élégante (qu’elle soit intentionnelle ou non). Une approximation particulièrement ingénieuse, tout à fait dans le style des méthodes mathématiques pré-euclidiennes. Une parmi d’autres, c’est certain, mais une tout de même.

Le seul problème ici est d’admettre l’hypothèse que les Egyptiens se soient penchés sur ces deux nombres quelques millénaires avant les Grecs, et les aient inscrits dans leur pyramides mais pas sur leur papyrus... C’est du reste la seule question qui m’intéresse, on laisse de côté Atlantes et ET.

La pyramide de Khéphren n’est finalement que 15% moins volumineuse et 2% moins haute, autrement dit, une structure aux mêmes ordres de grandeur et qui déchaîne pourtant moins les passions.

Mais non, elle me passionne aussi. Son profil est basé sur le triangle 3,4,5 (dixit JP Adam) ce qui suggère justement que la pente n’est pas choisie au hasard, mais répond à des critères géométriques (pourquoi Khéphren et pas Khéops dans ce cas ?) et ce qui appuie également les principes mis en évidence par H Crowhurst. J’en discuterais volontiers plus tard...

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 30 octobre 2018

RÉPONSE :

Bonjour.

Je cite :

“Admettant que la pyramide (de Kheops) fait 440c de base pour 280c de hauteur, on obtient une pente de 280/220 = 14/11 soit 4/pi (avec l’approximation d’Archimède pi 22/7). (…)

La pyramide de Kephren elle me passionne aussi. Son profil est basé sur le triangle 3,4,5 (dixit JP Adam) ce qui suggère justement que la pente n’est pas choisie au hasard, mais répond à des critères géométriques (pourquoi Khéphren et pas Khéops dans ce cas ?) et ce qui appuie également les principes mis en évidence par H Crowhurst. J’en discuterais volontiers plus tard.”

INTRODUCTION

Sauf que la pyramide de Kheops ne fait pas 440 coudées de base pour 280 coudées de hauteur. Aussi, Jean-Pierre Adam se trompe lorsqu’il dit que Kephren répond à des critères géométriques simples et Khéops pas. Cette affirmation n’a aucun sens et elle est erronée.

Ce qu’il faut d’abord comprendre c’est que ce qu’on est en train d’appeller “Coudées” (de 7 Palmes) c’est des étalons mais que pour construire un bâtiment quelconque on n’emploie pas une seule unité de mesure mais bien un système complet organisé et cohérent.

LE SYSTÈME ANTROPOMÉTRIQUE ANCIEN.

Dans l’Antiquité le système était antropométrique et l’unité centrale (l’Homme) correspond à un Homme de 1’80 m. Ce système a toujours été (et l’est toujours) très mal étudié. Et ce qu’il faut faire c’est d’abord reconstituer le système à l‘aide des textes, du modèle humain et des étalons, puis l’appliquer à l’études des bâtiments. C’est justement ce que je suis en train de faire dans ma recherche en Métrologie Historique depuis 2012.

Parlons maintenant de ce système. L’Homme (24 Palmes = 1’80 m) est l’unité centrale du système. Nous avons donc toute la serie de Palmes depuis 1 Palme (7’5 cm) jusqu’à 24 Palmes (1’80 m). Et nous avons des textes qui nous disent que l’unité Coudée Royale fait 8 Palmes (60 cm) ou 32 Doigts (57’60 cm). Donc, il ne faut pas confondre les étalons de 7 Palmes avec l’unité Coudée Royale qui, elle, fait 8 Palmes (60 cm) ou 32 Doigts (57’60 cm) et on le fait tout le temps parce que personne n’a bien étudié le système antropométrique.

Pour le parcours historique du modèle antropométrique voir ici :

http://metrologiahistorica.blogspot.com/2018/10/reponse-romain-buisson.html

PASSONS MAINTENANT À LA PYRAMIDE DE KEFREN.

Ses dimensions apparaissent clairement expliquées sur le problème 46 du Papyrus Rhind. Ce problème dit :

“Quelle est la pente d’une pyramide de 250 Coudées de hauteur et 360 Coudées de base ?”

Si on prend l’unité correcte (qui n’est pas ce module de 7 Palmes mais bien, d’après les textes, l’unité qui fait 8 Palmes ou 32 Doigts) nous avons les calculs suivants :

Hauteur = 250 Coudées de 32 Doigts x 1’8 cm = 144 m.

Base = 360 Coudées de 8 Palmes x 7’5 cm = 216 m.

On peut transformer ces valeurs en Hommes en T (1’80 m) et nous avons ceci :

Hauteur = 80 Hommes x 1’80 m = 144 m.

Base = 120 Hommes x 1’80 m = 216 m. Donc, demi-base = 60 Hommes x 1’80 m = 108 m.

Et nous avons ainsi un triangle 3 + 4 + 5 :

Demi base = 60 Hommes / Hauteur = 80 Hommes / Hipotenuse = 100 Hommes.

(Note : Ceci est expliqué sur un article à moi qui est sur academia.edu depuis 2014. Cet article s’intitule : "Sistema métrico antiguo, Codo Real egipcio y problema 56 del papiro de Rhind").

QUANT À LA PYRAMIDE DE KHEOPS :

Quant à la pyramide de Kheops, ses dimensions nous sont fournies par Herodote en Plètres :

http://metrologiahistorica.blogspot.com/2018/10/diseno-gran-piramide.html

Tout ceci fait partie de ma recherche en Métrologie Historique. Mais comme elle fait aujourd’hui 43 articles mis à mon nom au Registre de Proprieté Intelectuelle de Cadix je vous laisse plutôt un lien à mon dernier article “Hombre, medidas, pirámides”. Il a été publié sur la revue Egiptología 2.0 au mois d’Octobre : http://egiptologia20.es/hombre-medidas-piramides

POUR FINIR :

Comme j’ai dèjà exposé plus haut sur un autre commentaire, il serait temps que les partisans des 2 champs (“pyramidomanes” et “spécialistes”) commencent à se rendre compte que parler d’unités antropométriques sans bien étudier les textes anciens qui les expliquent et sans l’appui du modèle humain correct non seulement n’est pas cohérent mais en plus conduit tout le temps à commettre des erreurs.

Bien à vous.

Luis Castaño. Licenciado en Filología. Investigador en Metrología Histórica.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 30 octobre 2018

J’ajoute quelques remarques :

Vous parlez de Howard Crowhusrt. Je ne connais pas tout son travail mais il me suffit de voir cette conférence à lui sur la Grande Pyramide pour voir que ce qu’il y propose est erroné :

https://www.youtube.com/watch?v=jKZuyhhcZWQ

1/ Il parle de la Coudée Royale (7 Palmes pour lui) comme "l’unité de la Grande Pyramide".

Erreur : On a un système de mesures complet, pas une seule unité. Donc, visiblement il n’a pas étudié les textes anciens. Aussi la Coudée Royale ne fait pas 7 Palmes mais bien 8 Palmes ou 32 Doigts.

2/ Il parle de Phi alors que sur le modèle humain, contrairement à ce que l’on croit, nous n’avons pas le rapport Phi mais bien une grille de mesures antropométriques.

3/ Il ne cite à aucun moment les mots de Herodote ni emploie le modèle humain.

Bref : Comme beaucoup d’autres auteurs, il fait plus de la numérologie que de la Métrologie Historique comme il se doit (et, à mon avis, portant préjudice à celle-ci).

Bien à vous.

Luis Castaño. Licenciado en Filología. Investigador en Metrología Histórica.

Pyramides et cueillette des cerises
Lafla - le 30 octobre 2018

Bonjour,

la "coudée royale" qui sert de référence ici est la coudée dont un exemplaire se trouve au Louvre, annoncée à 0,523 m (0,5236 m selon LRDP), et divisée en 28 doigts ou 7 palmes de 4 doigts. Si l’on divise un "homme" de 1,80 m en 24 palmes, cela nous fait une palme à 7,5 cm donc 7 palmes à 0,525 m.

Mais mon propos ne porte pas sur une coudée employée qui serait de 7 ou 8 palmes, il porte seulement sur la pente de la pyramide qui est un rapport sans unité, ce qui en fait d’ailleurs une donnée significative. Êtes vous d’accord sur les valeurs de pente proposées par Wikipédia, à savoir 14/11 pour Khéops et 4/3 pour Khéphren ?

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 6 novembre 2018

bonjour Luis Castano,

"Hauteur = 250 Coudées de 32 Doigts x 1’8 cm = 144 m.
Base = 360 Coudées de 8 Palmes x 7’5 cm = 216 m."

Si une palme de quatre doigts fait 7.5cm, un doigt fera donc 1.875cm
Et donc : Hauteur = 250 Coudées de 32 Doigts x 1.875 cm = 150 m

Ou alors une palme fait 4 doigts de 1.8 cm = 7.2 cm
Et donc : Base = 360 Coudées de 8 Palmes x 7.2 cm = 207.36 m

Cela ne me semble pas cohérent ; me trompe-je ?

Pyramides et cueillette des cerises
Armand Cadi - le 30 octobre 2018

coquille : les Ufologue tenants de l’hypothèse extra-terrestre

Pyramides et cueillette des cerises
Irna - le 30 octobre 2018

Corrigé, merci Armand !

Pyramides et cueillette des cerises
Irna - le 30 octobre 2018

Luis Castaño Sánchez, Je me permets de recopier ici un commentaire que je vous ai laissé sur FB, qui porte sur vos diverses interventions à la fois ici et là-bas. Je précise tout d’abord que l’objet de cet article de Aurl n’a aucun rapport avec la ou les valeur(s) supposée(s) de la coudée ni avec la métrologie égyptienne. Il s’agit uniquement de démontrer la *méthode* utilisée par le film LRDP pour impressionner le public en mettant en avant des "coincidences extraordinaires"... qui n’ont rien de bien extraordinaire.

Pour en revenir à la métrologie égyptienne, je ne suis pas sûre de bien percevoir l’enjeu de cette discussion - sur une question qui par ailleurs ne me passionne pas outre mesure ; mais j’ai quand même quelques remarques. Dans le désordre :

- Pour justifier votre "étalon humain" d’1,80m vous vous appuyez d’une part sur Léonard de Vinci et l’Homme de Vitruve, et d’autre part sur le commentaire de PS Girard dans son Mémoire sur le Nilomètre, et en particulier sur cette phrase : "On sait en effet qu’ils [les anciens] regardaient la coudée naturelle comme la quatrième partie de la hauteur du corps", qui vous permet d’affirmer que le "modèle" est de 4x0,45m, soit 1,80m. Or "les anciens" évoqués par Girard, comme il le précise dans une note en bas de page (https://books.google.fr/books?id=457-VZEhCwIC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false page 14), c’est en fait Vitruve. Du coup on tourne un peu en rond, et rien ne nous permet d’affirmer que le Canon de Vitruve était déjà utilisé par les Egyptiens ou autres peuples de l’Antiquité. Il me semble me souvenir par exemple que les Grecs sont plus proches d’un canon à 7 têtes ou 7 têtes et demi que d’un canon à 8 têtes ; pour l’Egypte, John Legon par exemple affirme que le canon est basé sur 3 coudées royales (http://www.john-legon.co.uk/canon.htm). Comme Romain Bousson l’a expliqué, les canons varient selon les époques, et il me semble que vous plaquez peut-être abusivement le canon vitruvien sur des périodes antérieures.

- Vous parlez à plusieurs reprises d’un doigt de 1,8cm, par exemple pour la coudée de Maya dans votre réponse à Romain ("Le Doigt fait 1’8 cm"). Or la division de cette coudée en 28 doigts ne donne pas 1,8cm, mais pas loin d’1,87 (le Louvre donne 1,86cm : https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/coudee-regle-de-maya-ministre-des-finances-du-roi-toutankhamon). De même, le"module central" de la table de Leptis Magna montre un pied romain de 29,6 ou 29,7 cm, ce qui donne un doigt de 1,85cm et non de 1,8 (cf https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2334). Du coup, j’ai du mal à voir le lien que vous faites avec le dessin de Léonard (je vous cite : "Le Doigt fait 1’8 cm. Le 1/10 de Doigt fait 1’8 mm. Donc, voilà, c’est la même relation que, bcp plus tard, nous trouvons sur l’image de Leonardo."), et cela me laisse un peu l’impression de mesures parfois "arrangées"...

- Dans vos différents textes vous insistez sur le fait qu’il y aurait une "vraie" coudée royale de 8 palmes et 32 doigts, la coudée royale des égyptologues de 7 palmes et 28 doigts n’étant qu’un simple "étalon physique" ("patrones fisicos erroneamente denominados codos"). Je n’ai pu trouver aucune mention d’une coudée de 8 palmes chez aucun égyptologue *récent* (ne parlons pas de Héron d’Alexandrie, j’aurais aimé des sources plus récentes...). Si c’était le cas, pourquoi les Egyptiens auraient-ils porté sur leurs coudées votives de 52,5cm le terme de "meh niswt", comme sur la coudée de Maya ? Y a-t-il le moindre texte *égyptien* parlant de cette "vraie coudée" ?

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 3 novembre 2018

Chère Irna. Je me permets de mettre ici le lien à la réponse que je vous ai offert à ce même commentaire sur la page Facebook : "Archéologie et zététique".

Je fais ceci non pas pour vous, évidemment, qui avez déjà lu cette réponse, mais à l’attention des lecteurs de cet échange de commentaires :

http://metrologiahistorica.blogspot.com/2018/10/reponse-irna.html

Bien à vous.

Pyramides et cueillette des cerises
Irna - le 4 novembre 2018

Pour compléter, je copie/colle ici ma réponse, ainsi que plus bas le lien vers votre dernière réponse :

Bonjour Luis Castaño Sánchez, merci de votre réponse détaillée et de votre effort de pédagogie. Je pense comprendre un peu mieux votre démarche, mais reste non convaincue.
Non convaincue d’une part par votre démarche qui consiste à chercher UN système de mesure "universel" commun à tous les peuples de l’Antiquité et basé sur le même étalon d’1,80m, étalon qui se serait transmis absolument inchangé à travers les millénaires et les régions.
D’autre part par votre méthode : si je résume vous vous appuyez sur deux réprésentations égyptiennes de Thot et Geb, deux textes de l’Antiquité (Vitruve et Héron), et les travaux des savants français du début du XIXème siècle (vous ne citez pas Gossellin en plus de Jomard et Girard, mais je suppose que vous le connaissez ?) qui écrivaient à une époque où les connaissances sur l’Egypte antique étaient plus que limitées, et qui envisageaient l’Egypte à travers le prisme des études classiques. Cela me paraît assez fragmentaire et limité. Je reconnais ne pas avoir lu l’ensemble de vos articles par manque de maîtrise de l’espagnol, mais j’ai l’impression que ce sont là vos références principales, qui reviennent tout le temps.
Je vous souhaite de pouvoir constituer l’équipe pluridisciplinaire que vous appelez de vos voeux : tant que vous n’aurez pas soumis votre hypothèse à des spécialistes contemporains qui eux connaissent parfaitement le corpus mathématique des Egyptiens, il me semble difficile de l’accepter.

Réponse à Irna 2 : https://metrologiahistorica.blogspot.com/2018/11/reponse-irna-2.html

Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 3 novembre 2018

Beau boulot, super démonstration sur la pertinence des "valeurs extraordinaires".

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 7 novembre 2018

Luis Castano,
A propos de la pyramide de Khephren, comment la palme peut-elle faire 4x1.8cm= 7.2cm en vertical mais 4x1.875=7.5cm à l’horizontale ?
Y aurait-il un léger tassement des doigts lorsqu’ils sont empilés ?
Dugt.

Pyramides et cueillette des cerises
Aurl - le 7 novembre 2018

C’est parce que dans l’antiquité, les anciens affichaient des images 16/9 sur des écrans 16/10 en format "auto", ce qui avait tendance à légèrement étirer les valeurs horizontalement !

Ce n’est qu’autour du XIXème siècle que l’on a appris à régler correctement les écrans.

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 7 novembre 2018

Mais bien sûr Aurl, suis je sot de ne pas y avoir pensé !

Plus sérieusement, cette minime différence sur la valeur du doigt, multipliée par les quelques 8000 que comporte la hauteur de la pyr, mène quand même à un écart de 6m !!

Sans vouloir couper les poils de chameau en quatre, (et je rappelle ici à Luis que ce bestiau n’était pas présent en Egypte à l’époque des pyramides), je voulais simplement souligner que ce mode de calcul permet de faire avaler bien des couleuvres ; c’est, pour moi, une pirouette à la Grimault, largement utilisée dans LRDP comme tu l’as si bien exposé dans ton article.
Dugt

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 7 novembre 2018

Bonjour. Je n’avais pas vu tous ces commentaires. Je vous réponds ici :

DUGT 1

1/ bonjour Luis Castano,

"Hauteur = 250 Coudées de 32 Doigts x 1’8 cm = 144 m.

Base = 360 Coudées de 8 Palmes x 7’5 cm = 216 m."

Si une palme de quatre doigts fait 7.5cm, un doigt fera donc 1.875cm

Et donc : Hauteur = 250 Coudées de 32 Doigts x 1.875 cm = 150 m

Ou alors une palme fait 4 doigts de 1.8 cm = 7.2 cm

Et donc : Base = 360 Coudées de 8 Palmes x 7.2 cm = 207.36 m

Cela ne me semble pas cohérent ; me trompe-je ?

R1/ Ce qui n’est pas cohérent (et on le fait depuis toujours en Métrologie Historique) c’est de parler des unités antropométriques (“Pieds”, “Coudées”, etc) sans employer aucun modèle humain.

Cela a provoqué bcp d’erreurs qui durent encore aujourd’hui, erreurs que aparemment personne ne voit.

Par exemple l’erreur d’appeller “Coudée égyptienne” à un objet qui est un étalon long de 7 Palmes où bcp d’unités du modèle humain sont gravées.

Ou par exemple le fait d´étudier des bâtiments égyptiens à l’aide d’une seule unité (“Coudée royale de 52’36 cm) au lieu d’appliquer un système de mesures complet.

Quant à cette proposition pour la pyramide de Kefren c’est juste une proposition.
Mais il y a bien d’autres manières encore plus simple d’expliquer le profil de cette pyramide. Par exemple un triangle 3+4+5 :

Base = 120 Hommes en T x 1’80 m = 216 m.

Demi-Base = 60 Hommes en T x 1’80 m = 108 m.

Hauteur = 80 Hommes en T x 1’80 m = 144 m.

Hipotenuse = 100 Hommes en T x 1’80 m = 180 m.

Ceci dit le tavail qui reste à faire pour bien étudier l’architecture ancienne est, d’abord, de bien rétablir l’ancien système de mesures antropométrique à l’aide du modèle humain correct, puis de l’appliquer. Et c’est un travail qui serait à faire en équipe.

Ce que j’apporte c’est ma découverte de ce modèle en 2012, puis mes 6 ans de travail sur les textes anciens qui expliquent ce système de mesures et sur les étalons anciens où des unités de ce système sont gravées.

Puis, j’essaye de faire connaître ce travail pour justement faire prendre conscience des incohéherences qui existent sur presque la totalité de travaux en Métrologie Historique afin qu’on commence à étudier sérieusement les mesures anciennes et bien les appliquer.

Si cela vous intéresse (et que vous comprenez l’espagnol) vous pouvez lire ceci :

http://egiptologia20.es/hombre-medidas-piramides

DUGT 2

1/ Luis Castano,

A propos de la pyramide de Khephren, comment la palme peut-elle faire 4x1.8cm= 7.2cm en vertical mais 4x1.875=7.5cm à l’horizontale ?

Y aurait-il un léger tassement des doigts lorsqu’ils sont empilés ?

Dugt.

R1/ Je vous ai répondu plus haut avec una autre proposition bcp plus simple.

Ceci dit le point principal de ma recherche est la découverte du modèle humain qui est à la base du système de mesures ancien.

Pour le reste il reste bcp à faire et il faudrait une équipe de travail multi-disciplinaire.

AURL 1

1/ C’est parce que dans l’antiquité, les anciens affichaient des images 16/9 sur des écrans 16/10 en format "auto", ce qui avait tendance à légèrement étirer les valeurs horizontalement.

Ce n’est qu’autour du XIXème siècle que l’on a appris à régler correctement les écrans.

R1/ Il vaudrait mieux de se renseigner sur les bases d’un nouvelle proposition avant de commencer à faire des blagues dessus sans bie connaître ce que l’on propose.

Je comprends bien qu’il y a bcp de pyramidomanes et que on peut croire que toutes les personnes qui font de nouvelles propositions entrent dans ce groupe mais ce n’est pas toujours le cas et ce n’est certainement pas mon cas.

Il est très bien de faire preuve de scepticisme mais se moquer d’emblée d’une nouvelle proposition sans bien la connaître et la rejetter sans connaître ce que l’on presente n’est pas vraiment faire preuve dd scepticisme rationnel.

Renseignez-vous d’abord, puis (en bonne connaissance de cause) formez-vous une opinion ensuite. Merci.

DUGT 3

1/ Mais bien sûr Aurl, suis je sot de ne pas y avoir pensé !

Plus sérieusement, cette minime différence sur la valeur du doigt, multipliée par les quelques 8000 que comporte la hauteur de la pyr, mène quand même à un écart de
6m !!

Sans vouloir couper les poils de chameau en quatre, (et je rappelle ici à Luis que ce bestiau n’était pas présent en Egypte à l’époque des pyramides), je voulais simplement souligner que ce mode de calcul permet de faire avaler bien des couleuvres ; c’est, pour moi, une pirouette à la Grimault, largement utilisée dans LRDP comme tu l’as si bien exposé dans ton article.

Dugt

R1/ Cette unité est bien décrite sur les textes décrivant l’ancien système de mesures.

P-ê on ferait bien d’étudier sérieusement les textes anciens qui décrivent le système de mesures antropométiques avant de continuer de parler d’unités antropométriques sans une vraie connaissance de ces textes.

Comme ça on commencerait p-ê à comprendre que ce que vous appelez “coudée royale de 7 Palmes” est un étalon où sont gravées des unités antropométriques de ce système qui est bien décrit sur les textes.

Alors non, aucun pirouette à la Grimault. Une étude sérieuse de textes anciens et des étalons à l’aide du modèle humain correct qui était la base du système de mesures antropométrique, puis quelques propositions d’application à des bâtiments, propositions qui restent bien sûr à être explorées puis validées ou rejetées.

Je ne prétends pas avoir les réponses correctes depuis ma maison sans avoir étudié à fond le bâtiment à l‘aide de spécialistes. Ce que je propose c’est le modèle humain original, puis une reconstitution de l’ancien système de mesures décrit sur les textes et gravé sur les étalons.

J’espère m’être mieux expliqué cette fois-ci.

PS : Dugt, vous dites ceci : c’est, pour moi, une pirouette à la Grimault, largement utilisée dans LRDP "comme tu l’as si bien exposé dans ton article".

Je ne suis pas très sûr de vous comprendre correctement, donc je vous prie de vous expliquer un peu plus clairement. Merci.

Luis Castaño. Licenciado en Filología, Investigador en Metrología Histórica.

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 7 novembre 2018

Bonsoir Luis Castano,

J’ai posé une question simple, et j’aurais aimé en retour une réponse simple.
Je renouvelle donc cette question : la palme fait-elle 7.5cm (4 doigts de 1.875cm), ou bien 7.2cm (4 doigts de 1.8cm) ?

Dugt

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 7 novembre 2018

Ok. Donnez-moi quelques minutes. Merci bien.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 7 novembre 2018

Voilà pour une réponse plus courte :

1/ Bonsoir Luis Castano,

J’ai posé une question simple, et j’aurais aimé en retour une réponse simple.

Je renouvelle donc cette question :

la palme fait-elle 7.5cm (4 doigts de 1.875cm), ou bien 7.2cm (4 doigts de 1.8cm) ?

Dugt

R1/ Bonsoir, Dugt.

Ok, je vais vous faire une réponse simple.

Sur les traités anciens (par exemple, Héron) le système est décrit comme suit :

(Notes prises sur Mario Ruiz Morales : Metrología Histórica en la Descripción de Egipto. Universidad de Granada. 2011 ; puis traduites en français par moi-même).

“D’après Heron de Alexandrie, les unités de longueur employées anciennement en Egypte étaient celles-ci :

Le Doigt (qui pouvait se diviser en unités plus petites, en fonction des besoins). La Palme, de 4 Doigts. Le Dichas, de 2 Palmes. Le Spithame, de 3 Palmes ou 12 Doigts. Le Pied qu’on appelle Pied Royal ou Philéterien de 4 Palmes ou 16 Doigts.”

La liste se continue mais elle est longue, donc j’arrete là. Cela suffira.

Donc Heron cite des rapports entre la Palme et les 4 Doigts, rapport qui existe bel et bien.

Mais ces deux valeurs (Palme et 4 Doigts), bien qu’en rapport entre elles, ne sont pas exactement égales.

Et elles ne sont pas exactement égales car il faut tenir compte de toutes les unités du système, même les unités mineures.

Ces unités mineures sont expliquées aussi sur des textes. Ainsi on nous dit :

“Le Doigt était divisé en 4 Grains d’orge et le Grain d’orge en 6 Poils de chameau”.

Donc, nous avons, pour les valeurs idéales :

Doigt = 1’8 cm. Grain = 4’5 mm. Poil = 0’75 mm.

(Poil = Marque entre les Doigts sur les étalons)

Doigt + Poil = 1’8(75) cm.

(C’est au niveau des unités mineures qu’il y a des variations sur les étalons ce qui est d’aillleurs très logique : à l’époque ils n’avaient pas une précision au laser).

Donc :

4 Doigts (x 1’8(00) cm) font 7’2 cm et 1 Palme (4 Doigts x 1’8(75) cm) fait 7’5 cm.

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 7 novembre 2018

Bon, tous ces rappels de mesures anthropométriques ne m’avancent guère ; je les connais maintenant par cœur, et il est inutile de les rappeler à chaque fois.

Je vais donc poser mon interrogation autrement :

Pour la hauteur est utilisée une coudée de 32 doigts de 1.8cm, soit 57.6cm
Pour la base une coudée de 8 palmes de 7.5cm, soit 60cm

Pourquoi ne pas utiliser une même coudée pour mesurer la base et la hauteur d’une même pyramide ?

Dugt

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 7 novembre 2018

1/ Bon, tous ces rappels de mesures anthropométriques ne m’avancent guère ; je les connais maintenant par cœur, et il est inutile de les rappeler à chaque fois.

R1/ Vous m’avez demandé une explication à la différence entre 4 Doigts et 1 Palme et je viens de vous l’apporter.

Et maintenant vous me dites que “Il est inutile de les rappeler (les mesures antropométriques) à chaque fois ?”

Ça, alors. Merci de remercier comme ça cette explication que vous m’avez demandée.

Et bien justement non. Bien expliquer ces mesures antropométriques est absolument nécessaire pour avoir les équivalences correctes. Et notamment, en particulier, de la valeur du Doigt.

2/ Je vais donc poser mon interrogation autrement :

Pour la hauteur est utilisée une coudée de 32 doigts de 1.8cm, soit 57.6cm

Pour la base une coudée de 8 palmes de 7.5cm, soit 60cm

Pourquoi ne pas utiliser une même coudée pour mesurer la base et la hauteur d’une même pyramide ?

Dugt

R2/ Je dois dire que j’offre le modèle humain, puis tout ce que j’ai pu reconstituer du système de mesures ancien, mais que je n’ai pas (encore) réponse à tout.

Ma recherche est encore en cours et aussi mettre de l’ordre sur tout ce que l’on a écrit jusqu’a présent en Métrologie Historique est une tâche qui dépasse largement les capacités d’une seule personne, même en bon état de santé (ce qui n’est pas mon cas).

En tout cas ce qu’il faut retenir c’est qu’on n’utilise jamais une seule unité mais bien un système de mesures complet, organisé et cohérent.

Pour la Grande Pyramide Herodote nous donne ses dimensions en Plètres : 8 Plètres.

Cette valeur de 8 Plètres correspond à 12800 Doigts = 400 modules de 32 Doigts = 100 Hommes en ( I ) = 128 Hommes en T = 230’40 m.

Mais passons à Kefrén.

Ses valeurs peuvent s’expliquer comme Base = 120 Hommes en T et Hauteur = 80 Hommes en T.

Qu’en est-il de ce problème 46 du Papyrus de Rhind : “Quelle est la pente d’une pyramide de 250 Coudées de hauteur et 360 Coudées de base ?”

Je propose qu’il peut s’appliquer aux dimensiones de la pyramide de Kefrén.

Vous demandez, à juste titre :

“Pour la hauteur est utilisée une coudée de 32 doigts de 1.8cm, soit 57.6cm. Pour la base une coudée de 8 palmes de 7.5cm, soit 60cm. Pourquoi ne pas utiliser une même coudée pour mesurer la base et la hauteur d’une même pyramide ?”

Or, il s’avère que 250 modules de 32 Doigts correspondent exactement à 240 modules de 8 Palmes :

250 x 32 Doigts x 1’8(00) cm = 144’00 m.

240 x 08 Palmes x 7’5(00) cm = 144’00 m.

Donc, en fait, la Base fait 360 modules de 8 Palmes = 216’00 m et la Hauteur fait 240 modules de 8 Palmes = 144’00 m.

Connaissaient-ils cette équivalence, c’est-à-dire, 250 x 32 Doigts = 240 x 8 Palmes ?

Je n’en sais rien.

Pour l’instant j’applique les unités antropométriques qui dérivent du modèle humain et des textes et je crois qu’elles permettent d’apporter des explications simples.

Sont-elles aussi valables ?

Je ne sais pas et c’est bien ce que je cherche à savoir mais je ne peux pas tout vérifier depuis ma maison et pas en bonne santé.

C’est pour cela que j’essaie de faire connaître mon travail de recherche.

Pour arriver aux spécialistes adéquats qui pourraient s’intéresser à cette recherche qui essaie d’apporter une lumière absolument nécessaire sur les mesures anciennes.

Pyramides et cueillette des cerises
dugt - le 7 novembre 2018

Bien, encore une fois vous noyez le poisson, mais peu importe ; en fait ma véritable question était de savoir qui était Luis Castano ; vous y avez répondu et je vous en remercie.
Vous avez reçu l’inspiration divine, moi pas ; je ne peux pas lutter.
Je vous souhaite bon vent, et, surtout, soignez vous bien.
Dugt

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 8 novembre 2018

1/ Bien, encore une fois vous noyez le poisson, mais peu importe ; en fait ma véritable question était de savoir qui était Luis Castano ; vous y avez répondu et je vous en remercie.

R1/ Cher Dugt :

Je ne vois pas où vous voyez que je noie le poisson. J’ai essayé de vous répondre le plus clairement possible et en vous donnant toutes les informations possibles.

Aussi si ce que vous vouliez c’était de savoir qui je suis il suffisait de le demander directement.

Vous pouvez lire une courte biographie à moi à la fin de l’article “Hombre, medidas, pirámides” sur la revue Egiptología 2.0 :

http://egiptologia20.es/hombre-medidas-piramides

Vous trouverez le texte original de cette biographie sur la page 134 du PDF. De toute façon j’ai traduit pour vous cette biographie en français. Vous pouvez la lire plus bas (voir PS).

2/ Vous avez reçu l’inspiration divine, moi pas ; je ne peux pas lutter.

R2/ Je n’ai reçu aucune inspiration divine, M Dugt.

En 2012, étudiant l’image de Léonardo sur une copie exacte du document original, j’ai eu l’idée de mesurer la ligne de mesures qui est sous le carré central, c’est tout.

Puis plus tard j’ai vérifié ce résultat à Venise, puis plus tard Mr. Martin Kemp l’a verifié aussi.

Et cela a été le debut d’une recherche en Métrologie Historique qui dure maintenant 6 ans.

Donc, aucune inspiration divine mais beaucoup de travail et de lectures.

3/ Je vous souhaite bon vent, et, surtout, soignez vous bien. Dugt.

R3/ Merci bien de vos bons voeux.

PS : BIOGRAPHIE :

Luis Castaño Sánchez.

Né à Valence en 1969, il est arrivé à Cadix en 1980. Dans cette ville, il a obtenu son Baccalauréat en Sciences en 1987 et a commencé ses études en Philosophie et Lettres (Philologie) à l’UCA (Université de Cadix), au cours desquelles il a effectué plusieurs séjours dans des universités étrangères (Brest, Lyon, Bruxelles).

Après avoir obtenu sa Licence en Philosophie et Lettres (Philologie) en 1992, il a enseigné l’espagnol à Paris au cours de l’année scolaire 92/93. Plus tard, il a travaillé comme enseignant dans l’enseignement secondaire de 1995 à 2008, année au cours de laquelle, pour des raisons de santé, il a été mis à la retraite.

En 2011, étudiant l’image de Léonard de Vinci connue sous le nom de "Homme de Vitruve", il découvre le Canon original. À partir de cette date, il mène une recherche en Métrologie Historique (43 articles sur le sujet enregistrés dans le RPI de Cadix) qui est toujours en cours.

Tout en poursuivant ses recherches, il fait connaître son travail dans des interviews de presse, radio et télévision et des conférences telles que celle donnée à l’École d’Architectes de Cadix en 2016 ("L’homme et la mesure dans l’histoire de l’architecture") ou celle donnée au VIème Congrès Espagnol de Métrologie à San Fernando (Cadix) en 2017 ("Homme et Mesure : Brève histoire de la Métrologie").

Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 10 novembre 2018

Bonjour Luis,

J’aimerais soulever un problème (qui a déjà été posé par Irna) :
Pourquoi vous basez-vous sur un être humain de 1.80 m exactement ? Ou, comment l’avez-vous retrouvé ?

Il me semble que vous vous basez sur l’homme de Vitruve (c’est ce que vous indiquez) dans votre "biographie", or Vitruve écrit :
"Quatre paumes font un pied, six paumes font un coude, quatre coudes font la hauteur d’un homme."
D’où : la hauteur d’un homme fait 6 pieds
Le pied romain variant entre 294 et 298 mm, notre homme fera entre 1.764 et 178.8 m.

Vous semblez faire grand cas du "modèle humain correct", j’aimerais savoir comment vous le définissez. Vous parlez notamment de "comprobation sur des volontaires" (comment les sélectionnez-vous ?), et à un autre moment, des "erreurs et confusions habituelles en Métrologie Historique qui dérivent du fait de ne pas employer le modèle humain correct pour étudier les mesures anciennes."
Pour prendre un exemple tout simple - vous parlez de la palme à de nombreuses reprises - j’ai pris la fantaisie de mesurer la palme (largeur de la paume) sur moi-même :
- main gauche : 9 cm (plus proche, paradoxalement, de 8.75 cm que de la palme de 7.5 cm du modèle d’1.8 m !)
- main droite : 9.5 cm (je suis droitier)
Précisons que je fais un peu moins de 1.8m.
Si ma "coudée royale" fait 7 palmes, j’obtiens :
- main gauche : 63 cm
- main droite : 66.5 cm
D’autre part, puisque la hauteur du corps équivaut à 24 palmes, je devrais mesurer entre 2.16 et 2.28 m.
Suis-je un "modèle humain incorrect" ? Tenez-vous compte dans votre étude de la variabilité de la stature de l’être humain ? Il me semble que, pendant longtemps, la taille de l’être humain mâle tournait autour de 1.6 m (avec des variations de 20 selon les ethnies) et que Ramsès II, avec ses 1.7 m et des poussières, était considéré comme "grand".

Avez-vous envisagé la possibilité que ces "canons" soient :
- des reconstructions à posteriori pour unifier des unités de mesure disparates (ce qui explique qu’ils semblent décrire un homme disproportionné)
- des constructions de l’esprit pour donner place à des fantasmes numérologiques (ex : le Modulor de Le Corbusier, basé sur phi).

Désolé si ma contribution vous semble naive ou ignare, mais je ne connais pas grand-chose à la métrologie antique ; plutôt que de me pencher sur vos savantes conversions d’unités, je me suis attaqué aux points qui me posaient le plus question.

Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 10 novembre 2018

une légère erreur de ma part, il faut lire
"notre homme fera entre 1.764 et 1.788 m", pas 178.8, bien entendu.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 10 novembre 2018

Cher, L. Despoutres :

Cela fait quelques jours, je crois, que je n’étais pas entré sur le site. Je viens donc juste de voir vos 2 commentaires mais là (23:41) il est trop tard pour moi. Je prends note et j’essaierai de vous répondre demain.

Bien à vous.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 11 novembre 2018

Bonsoir, L. Despoutres :

Finalement, je ne réussisais pas à m’endormir, donc j’ai rédigé une réponse pour vous. Vous pourrez la lire sur le link en bas. Ce sera bcp plus facile.

Bien à vous.

Réponse a L. Despoutres.
Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 11 novembre 2018

Bonjour Luis,

J’ai lu avec attention vos deux réponses, j’aimerais y faire quelques commentaires

1) concernant la valeur de 1.8 m
Vous citez plusieurs auteurs comme sources, je remarque que plusieurs datent du XIXe siècle :
Karl Richard Lepsius (1810-1884)
Emile Saigey (1828-1872)
Pierre-Simon Girard (1765-1836)
A noter que Girard donne une valeur de 527 mm pour la coudée royale qu’il mesure sur le nilomètre, ce qui (calcul fait), donne une hauteur de 1.806 m et pas 1.80 m pile.

Corinna Rossi se montre, elle, beaucoup plus prudente : dans son tableau, toutes les mesures en centimètres son précédées d’un c. pour "circa", environ, ce qui montre que les valeurs ne sont pas définies très précisément.

Hirsch, lui aussi, se montre moins affirmatif : dans la copie d’écran que vous donnez, on peut lire :
"Lepsius defined its [la coudée royale] lenght, 52.5 cm. Modern scholarship gives it a lenght varying between 52 and 54 cm"

Traduction " Lepsius a défini la longueur de la coudée royale à 52.5 cm. Les spécialistes modernes lui donnent une longueur variant entre 52 et 54 cm"

N.B. : Lepsius la définit à 525 mm, Pierre-Simon Girard à 527 mm, lequel croire ?

En toute honnêté, je préfère me ranger à l’avis nuancé des auteurs modernes (Mme Rossi semble encore en activité actuellement) qui pensent que la longueur de la coudée peut être légèrement variable, plutôt qu’à celui des auteurs anciens, certes péremptoires, mais moins au fait des dernières découvertes.

Pour la valeur romain du pied de Lepcis Magna, il semble qu’il est indiqué à 296 mm sur la table de Lepcis Magna, pourquoi en ferait-il 300 ? Il me semble peu probable que la table porte une inscription disant "vaut pour un pied de 30 cm".
D’autres sources donnent 295.7 mm, ou 296 mm également pour le pied romain, une source livresque me donne 294.4 mm.
Certes, prendre un pied de 300 mm permet de retomber sur 6 pieds = 1.8 m, mais c’est un peu tordre le bras aux unités pour leur faire dire ce qu’on veut. Dire que "les anciens n’étaient pas aussi précis que nous" pour plaquer une valeur de 30 cm sur une valeur de 29.6 cm me semble plutôt hasardeux : si tous les étalons que l’on a retrouvés tournent autour de 296 mm, c’est que le pied romain mesurait très probablement autour de 296 mm ; à moins d’imaginer que les Romains étaient trop stupides pour connaître leur propre unité de mesure !

J’ai un peu de mal à comprendre votre démonstration sur le pied :
Vous écrivez :
"La hauteur de l’Homme correspond à 7 “Pieds naturels” (= 1/7) et, en même temps, à 6 modules de 4 Palmes (“Pied Royaux")"
D’ou : Pied royal = 4 palmes et
6 pieds royaux = hauteur de l’homme
Puis, en dessous :
Ce “Pied romain” de 4 Palmes est le module de 4 Palmes cité par Heron comme “Pied Royal
D’où je comprends :
Pied royal = Pied romain (en effet, le pied romain vaut 16 doigts)
6 pieds royaux = hauteur de l’homme = 6 pieds romains
Or, 6 pieds romains de 296 mm font 1.776 m et pas 1.8 m
Vous m’excuserez si j’ai mal compris la démonstration.

Par ailleurs, vous définissez la hauteur de l’homme comme étant égale à 7 pieds naturels d’où le pied naturel = 180/7 = 25.71 cm
en pointure française, cela fait un petit 38 1/2
Je me permets de signaler qu’un homme de 1.8 m qui a une paume de 7.5 cm et chausse du 39 me paraît étrangement fluet.

2/Concernant la mesure de la main, je vous confirme que ma paume (sans le pouce) fait 9 cm .
La largeur de mon majeur (le doigt du milieu) vaut 2 cm
La palme devrait faire 8 cm, elle en fait 9, la relation ne se vérifie pas.
De même ma coudée naturelle (de l’extrémité des doigts à l’articulation du coude) fait 48 cm, je devrais théoriquement faire 1.96 m (4*48).

Ceci étant simplement une remarque à propos de la "vérification sur des volontaires", mais étant donné que c’est une donnée mineure dans votre démonstration, je ne m’appesantirai pas

3/Concernant la construction du canon
j’entendais le terme "construction" comme "schéma servant d’aide-mémoire", et pas "canon donnant les proportions idéales de l’Homme"
On peut en effet voir qu’on a
Une "petite unité" : le doigt/pouce
Une "moyenne unité" : le pied/paume
Une "grande unité" : la coudée
Dans ce contexte, donner un nom de partie du corps à ces unités permettrait de se souvenir "ah, un pouce est plus petit qu’un pied"
(Contre-exemple : "une short ton est-elle plus lourde ou plus légère qu’un hundredweight ?")
Avons-nous des éléments qui nous permettent d’affirmer positivement que les Egyptiens faisaient également la relation 4 coudées = hauteur d’un homme, ou cela vient-il seulement de Vitruve, via Léonard de Vinci (et ce serait donc une extrapolation postérieure, pas la base du système) ?

J’ai fait cette remarque en lisant un extrait de vos écrits où vous sembliez vous insurger contre le fait que la coudée royale ait pu être divisée en 6 palmes de 8.75 cm au lieu de 7 palmes de 7.5 cm.
a) cette palme de 8.75 cm est cependant possible sur un homme de 1.8 m
(je l’ai mesuré sur ma propre main, et je mesure moins de 1.8 m)
b) vous semblez focalisé sur le sens littéral du mot "palme" comme "largeur de la paume de la main"
Etant donné que l’on parle ici d’une unité de mesure, ne pourrait-on pas comprendre "unité de mesure correspondant à une certaine fraction de la coudée" (comme le centimètre est 1/100 de mètre) ?
Existe-il, en grec ou en égyptien, deux mots différents pour désigner ces deux notions, comme en anglais :"thumb" pour le pouce (doigt), "inch" pour le pouce (unité) ?

Je serais très heureux si vous pouviez m’éclairer sur ces problèmes et me signaler les éventuelles erreurs que j’aurais pu faire.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 11 novembre 2018

Bonsoir.

Je vous mets ici le link à ma réponse pour vous.

Ça suffit pour aujourd’hui. Fatigué.

Bien à vous.

Réponse a L. Despoutres (2).
Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 11 novembre 2018

Bonjour, à nouveau.

J’avoue que je suis un peu perplexe.
Il est tard, je vais essayer de faire une réponse rapide sur les points les plus problématiques.

En résumé, vous décidez que tout est basé sur une valeur de 180 cm et que ce qui ne vous convient pas, est dû à des variations.
Vous ne sélectionnez que les valeurs qui vous conviennent pour trouver la valeur que vous vouliez trouver.
C’est du cherry-picking. Désolé, mais ce n’est pas de la bonne science.

1/Vous semblez obsédé par l’Homme de Vitruve, de Léonard de Vinci, dont le carré central fait 180 mm de côté.
Il fait 180 mm de côté. Et alors ?
L’homme de Vitruve ne traite que des proportions. Si le pied faisait 25 ou 27 cm, l’homme ferait toujours 6 pieds.
Je ne vois pas comment vous pouvez être sûr qu’il fasse exactement 1.8 m.

2/Concernant le pied romain, votre source donne des valeurs qui vont de 293 à 308 mm. Il n’y a une seule valeur -sur 13- qui vaille 300 mm, et elle vient d’un livre (donc impossible de savoir comment elle a été calculée).
Vous dites :
" Donc, on a pris comme valeur 29’60 cm mais on pourrait aussi bien prendre 30’00 cm."
Mais pourquoi prendre 30 cm, alors même que votre source montre que la majorité des étalons ne donnent PAS une longueur de 30 cm ?
La réponse est simple : vous prenez une valeur de 30 cm parce que c’est celle-là qui vous permet de trouver 1.80 m.
C’est typiquement du cherry-picking.

3/Vous critiquez Corinna Rossi parce qu’elle s’arrête à 7 palmes (c. 52.5 cm) et ne va pas jusqu’à 24.
Mais pourquoi irait-on jusqu’à 24 ? Pour le plaisir de trouver votre valeur fétiche de 1.8 m ? La coudée royale fait 7 palmes, et basta. Il n’y a aucune raison d’aller plus loin.
Pourquoi ne pas aller, sinon, jusqu’à 48 palmes, et dire que l’Homme de Vitruve est un homme de 3.6 m reproduit à l’échelle 1/2 ?
Le fait que 24 palmes (et on n’est pas sûr de la valeur de la palme) fasse 1.8 m ne veut rien dire.
Je pourrais tout aussi bien dire que la coudée a été calculée sur le modèle de la Tour Eiffel, parce 4160 palmes = la hauteur de la Tour Eiffel.

4/Je vous ai posé une question simple :
"Où, dans des sources antérieures à Vitruve, trouve-t-on la relation
4 coudées = hauteur d’un homme ?"

Vous me donnez des images de coudée, et ces images montrent la coudée royale et ses subdivisions. Elles ne montrent pas la relation
4 coudées = hauteur d’un hommme.

Seriez-vous assez gentil pour me fournir une source antérieure à Vitruve qui indique que 4 coudées = hauteur d’un homme, ou que 24 palmes = hauteur d’un homme ?

5/La dernière question ( sur "inch" et "thumb") était une réponse à votre obsession à propos de "parler d’unités antropométriques sans aucun modèle humain."
Pourquoi parler du corps humain ? Ce sont juste des étalons que l’on trouve lors des fouilles ! Des étalons en bois, en pierre, en métal, pas des morceaux de corps humains gradués.
Aucun auteur antique ou du XVIe siècle n’a écrit de manuscrit disant que "le pied utilisé couramment fait 300 mm (unité de 1985)", ou "la coudée royale fait exactement 52.5 cm", et ça, je n’ai pas besoin de potasser une infinité d’auteurs pour vous le dire.
Héron (ou un autre) peut faire la liste de toutes les unités de son époque, il ne peut donner que des relations numériques entre ces unités, pas la valeur de ces unités dans le système métrique !
La valeur moderne (en mm, cm, ou m) est déduite des objets physiques (étalons, etc) que l’on retrouve.

Vous avez l’air complètement obnubilé par le fait qu’une certaine unité de mesure soit nommée "pouce" ou "pied".
Si ces unités étaient nommées "Oreille d’Anubis" ou "Doigt de Maât", auriez-vous affirmé qu’Anubis et Maât ont réellement existé (puisqu’on a pris leurs mesures !) ?

Et le "poil de chameau" est-il une mesure anthropométrique, aussi ? ça ne vous fait pas trop chaud en été ?

Pensez-vous que les pieds d’une table aient des orteils ? Ou que les feux d’une voiture soient des vrais feux ?

J’attirais votre attention que le fait qu’une unité qui porte le nom d’une partie du corps humain n’est pas forcément irrévocablement liée au corps humain.

Désolé pour mon ton peut-être acerbe. J’essaie de me montrer le plus clair et le plus explicite possible, malheureusement pas aussi calmement que souhaité.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 12 novembre 2018

Bonsoir.

J’ai redigé une réponse pour vous. Je vous laisse le lien, puis je me couche.

Bonne nuit.

Réponse a L. Despoutres (3).
Pyramides et cueillette des cerises
Aurl - le 12 novembre 2018

Vous ne sélectionnez que les valeurs qui vous conviennent pour trouver la valeur que vous vouliez trouver.
C’est du cherry-picking. Désolé, mais ce n’est pas de la bonne science.

Reconnaissez, cher L. Despoutre, que Monsieur Castano a le mérite d’avoir amené cette petite discussion métrologique au bon endroit. Il suffit de l’inviter à scroller vers le haut de la page pour retrouver dans l’article le détail de ce que vous reprochez à ses propositions ^^

Pourquoi ne pas aller, sinon, jusqu’à 48 palmes, et dire que l’Homme de Vitruve est un homme de 3.6 m reproduit à l’échelle 1/2 ?

Je le savais ! Cela démontre, sans doute possible, que les anciens bâtisseurs à l’origine de ces unités de mesures étaient bien des géants. Reviens Deï Mian ! Tu avais raison !

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 12 novembre 2018

Cher Aurl :

Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre commentaire.

Si vous avez des objections à faire à mes remarques sur la nécessité d’étudier les mesures anciennes à l’aide d’un modèle humain car, justement, les textes anciens parlent tout le temps de mesures antropométriques je vous demande d’être plus clair.

Merci.

Entre temps, quelques remarques :

1/ LD : “Vous ne sélectionnez que les valeurs qui vous conviennent pour trouver la valeur que vous vouliez trouver. C’est du cherry-picking. Désolé, mais ce n’est pas de la bonne science”.

AURL : Reconnaissez, cher L. Despoutre, que Monsieur Castano a le mérite d’avoir amené cette petite discussion métrologique au bon endroit. Il suffit de l’inviter à scroller vers le haut de la page pour retrouver dans l’article le détail de ce que vous reprochez à ses propositions ^^

R1.1/ Vous dites : “il suffit de scroller vers le haut de la page pour retrouver dans l’article le détail de ce que vous reprochez à ses propositions”.

Je vous invite donc à lire ma Réponse à L. Despoutres (3) où je presente mes arguments contre cette accusation de faire du cherry picking.

R1.2/ Quant à ce qui est dit en haut de la page, au tout debut de votre article sur le point VALEURS vous faites une revisión de ce qui est proposé par Jacques Grimault sur LRDP :

A/ la coudée associée à la grande pyramide, de 0.5236 mètres ;
B/ le mètre ;
C/ Pi ;
D/ le nombre d’or noté Phi ; et
E/ Certaines constantes de l’univers.

Or je ne soutiens aucun de ce propos.

Tout mon travail se base sur l’étude minutieuse des textes anciens et ces textes nous décrivent un système de mesures antropométrique dont l’unité centrale est l’Homme.

Donc, je ne soutiens pas la “Coudée de 52’36 cm” mais bien un système complet ; je ne soutiens absolument pas le mètre ; je ne soutiens absolument pas que les anciens égyptiens connaissent la valeur de Pi ; je ne soutiens pas le nombre d’or (Phi) et je ne soutiens pas certaines constantes de l’univers.

Je ne soutiens aucune de ces propositions car ce dont les textes anciens nous parlent est bel et bien d’un système de mesures antropométrique.

R1.3/ Puis, sur le point TRANSFORMATIONS, vous dites :

“Pour trouver des correspondances, le film utilise ces données dans des séries de calculs, qui sont plutôt auto-légitimés par leur résultat”.

Ceci ressemble très fort à l’exemple (très connu) du kiosque à journaux (souvent cité par Jean Pierre Adam) ou du stylo BIC (je ne sais pas si on le nomme comme ça en français).

Ces exemples sont connus et visent bien à signaler que, sans une base valable, on peut faire des calculs numérologiques à volonté.

Or, justement, je ne fais pas des calculs numérologiques.

J’étudie les traités historiques qui expliquent le système de mesures ancien dont la base était antropométrique, puis j’applique un modèle humain qui existe bel et bien pour étudier ces textes et aussi des étalons de mesure où des unités de ce système sont gravées.

Donc ce n’est aucunement des calculs numérologiques mais bien d’une recherche sérieuse basée sur une étude philologique minutieuse des textes des anciens où ils expliquent le système de mesures qu’ils employaient.

2/ LD : Pourquoi ne pas aller, sinon, jusqu’à 48 palmes, et dire que l’Homme de Vitruve est un homme de 3.6 m reproduit à l’échelle 1/2 ?

AURL : Je le savais ! Cela démontre, sans doute possible, que les anciens bâtisseurs à l’origine de ces unités de mesures étaient bien des géants. Reviens Deï Mian ! Tu avais raison !

R2/ Je n’ai jamais soutenu l’existence des géants. Je n’ai jamais dit non plus que l’Homme de Vitruve correspond à un homme de 3’60 m.

Tout ce que je propose est basé sur les traités des anciens expliquant le système de mesures antropométrique qu’ils employaient, puis la revision critique de travaux d’autres auteurs.

Je vous propose donc de nouveau de lire ma Réponse à L. Despoutres (3) où je presente mes arguments contre cette accusation de faire du cherry picking.

Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 12 novembre 2018

Bonjour.

1)En parlant de la valeur de 1.8

"le document de Leonardo qui, bcp plus tard, nous lègue le modèle à une échelle de 1/10 ème."

Parlez-vous sérieusement, monsieur ? Etes-vous en train de dire que Leonard de Vinci a dessiné un modèle au 1/10 e d’un homme de 1.8 m sachant que le mètre été créé en 1791, 272 ans après la mort de Léonard ?
Le mètre n’existait pas au XVIe siècle !
Et pourquoi un rapport de 1/10 ? Il n’y en a nulle part dans les systèmes que vous décrivez !
Quand vous dites que le modèle original fait 1.80 m parce que le dessin fait 180 mm de côté, vous faites le même raisonnent que Jacques Grimault qui affirme que les Egyptiens connaissaient le mètre, parce qu’il a trouvé un objet qui fait un mètre !

- N’avez-vous pas simplement pensé que le dessin ne fait que 180 mm parce que sinon il déborderait de la feuille ? Regardez, le cercle est proche des bords de la feuille.

- Pourquoi focaliser sur l’Homme de Vitruve ?
Pourquoi pas le Doryphore de Polyclète, qui date de -440 (soit 360 ans avant Vitruve) ?
La statue fait 212 cm, soit 4 coudées de 53 cm.

- Pourquoi le dessin ne représenterait-il pas un homme de 6 pieds romains, soir 1.77 m ? Où Léonard indique-il que c’est un dessin à l’échelle ?

2) Girard dit clairement que réduisant le module de 7 Palmes d’une Palme puis multipliant par 4 nous avons la hauteur de l’Homme, tel qu’il est expliqué sur les traités anciens et il offre cette valeur de 1’80 m pour l’Egypte.

Non. Girard donne une coudée de 527 mm, son calcul donne une valeur de 1806 mm.
Le résultat de 1.80 m qu’il donne est faux.
Pourquoi retire-il arbitrairement 2 mm à la coudée mesurée ? Il n’en a pas le droit ! Comment sait-il que le graveur a rajouté 2 mm à la coudée, il était là ? Comment peut-être sûr que le graveur ne s’est pas au contraire trompé en la faisant, au contraire, trop courte ? Si ça ce trouve, elle aurait dû faire 529 mm !
Réponse : il fait le calcul avec une coudée de 525 mm parce que ça lui permet de retrouver 1.8 m. Il a déformé les faits (la longueur mesurée) pour obtenir le résultat qu’il avait envie de trouver !

Vous n’avez par le droit de modifier arbitrairement les mesures sous prétexte que "ça ne correspond pas à la mesure idéale" !(La "valeur idéale" que vous avez imaginée)

Pourquoi ne fait-on pas le même calcul avec la coudée de Nippur (518.5 mm), ou la coudée de 540 mm du Nilomètre de l’Ile de Roda ? Parce qu’ils ne permettent pas de retomber sur 1.80 m ?

- Avez-vous trouvé un texte des métrologues pharaoniques certifiant que "la vraie coudée royale égyptienne(c) fait 525 mm" ?
- Ou plutôt, ne prenez-vous que la valeur qui vous permet de trouver le résultat que vous cherchiez au départ ? (cherry-picking)

3) Même chose pour le pied romain.
remarques :

a)
Vous me donnez toujours les mêmes valeurs :
4 Palmes = 16 Doigts x 1’8(75) cm = 30’00 cm. Valeur à Leptis Magna.
4 Palmes = 16 Doigts x 1’8(50) cm = 29’60 cm. Valeur à Leptis Magna.
4 Palmes = 16 Doigts x 1’8(00) cm = 28’80 cm. “Building measure”, citée par Rottlander.

Pourtant, vous m’avez donné une source qui en donne une douzaine, par exemple :
293 mm, qui donne un doigt de 18.3125 mm
295 mm, qui donne un doigt de 18.4375 mm
297 mm, qui donne un doigt de 18.5625 mm

Quelle fraction de poil de chameau vous calez dans ces valeurs ? Ou alors, les Romains se seraient plantés en fabricant ces étalons-là ?

- Pourquoi citez-vous toujours (et seulement) les trois valeurs qui vous permettent de retomber sur vos pieds en utilisant le poil de chameau ?

b)
Faudrait-il comprendre que les Romains calculaient soigneusement la valeur d’un doigt, puis s’amusaient à en aligner 16 pour faire un pied ?

Et puis, 18.75, 18.5 mm, c’est une précision au 1/10e de mm.
Avec Girard, on peut raboter 2 mm en trop de notre coudée "parce que les anciens travaillaient pas au laser", mais sur le pied romain on peut être 20 fois plus précis, pas de souci.

- Ne vous est-il pas venu à l’esprit que les Romains avaient peut-être d’abord délimité le pied, pour ensuite le diviser en 16 (facile : ce sont des divisions par 2) ? En faisant de cette façon, on peut-être plus précis, sans avoir à travailler au 1/10e de mm.
Que le pied fasse 299 ou 293 mm, si on le divise bien, le doigt tournera toujours autour de 18 mm, à 0.4 mm près. Alors que c’est beaucoup plus difficile d’être précis au demi-millimètre pour tracer une graduation de exactement 18.5 ou 18.75 mm, d’autant plus que les erreurs peuvent s’additionner.

4) "Tenez-vous compte de tous les auteurs que je suis en train de citer, des 43 articles que j’ai écrits sur le sujet le long de ces 6 ans, de l’étude sur des corps humains, du voyage à Venise pour mesurer le document de Leonardo, de mes voyages à des musées ou des lieux où se trouvent des étalons ...? Vous voulez réduire tout ça à cette phrase qui laisse entendre que je travaille sur ce modèle de 1’80 m parce que je l’ai choisi tout simplemente par caprice ?

Je vous signale que c’est vous qui, aparemment, dites qu’il faut tenir juste compte des travaux contemporains, refusant la valeur des traités de auteurs anciens, par exemple. Ça, oui, ça c’est un choix bien arbitraire, ne trouvez-vous pas ?"

Vous mélangez tout.
J’ai dit :
a) Concernant la valeur de la coudée royale, les auteurs du XIXe siècle sont extrêmement péremptoires, alors que les chercheurs du XXIe sont plus nuancés et disent seulement qu’elle fait "environ 52.5 cm" ou qu’elle vaut "entre 52 et 54 cm"
Les auteurs modernes représentent une éyptologie plus mûre et plus riche (puisqu’elle s’appuie sur plus d’éléments retrouvés au fil du temps). C’est donc à eux qu’il vaut mieux, de préférence, se fier, plutôt qu’à des auteurs anciens qui, certes, donnent des valeurs qui vous arrangent, mais n’ont pas le même recul.

b) Concernant les systèmes de mesures, les auteurs antiques ne peuvent donner que les relations numériques entre mesures, pas la valeur de ces mesures en cm ou mm.
Quel que soit le nombre d’auteurs que vous avez lus, vous restez toujours collé à Girard et Léonard de Vinci pour votre valeur de 1.80 m, puisque aucun auteur antique ou médiéval ne connaissait le système métrique.

c) Concernant vos 43 articles et vos 6 ans de recherche, ("On voit bien que vous n’avez pas étudié autant de textes que moi.")
vous cherchez à faire passer quel message, là ?
Quand je vois :

- Que vous êtes licencié en Philologie et lettres, donc pas plus métrologue que moi (l’argument d’autorité, c’est raté).

- Que vous faites aveuglément confiance à des auteurs comme Girard, qui vous enfume, alors même que son calcul est erroné, et que je vous l’ai montré.

- Que vous tombez systématiquement dans les biais de confirmation et les raisonnements circulaires en ne gardant que les valeurs qui vous arrangent, et en négligeant les autres.

- Et que vous accusez les gens d’être dans le déni quand on se permet de montrer des failles dans votre travail.

J’ai envie de vous dire : n’auriez-vous pas mieux fait de consacrer ces six dernières années à l’élevage de canaris ?

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 14 novembre 2018

Bonjour.

J’ai redigé une réponse pour vous.

Je vous laisse le lien plus bas.

Bonne journée.

Réponse a L. Despoutres (4).
Pyramides et cueillette des cerises
L.Despoutres - le 14 novembre 2018

Bonjour, encore une fois.

Je vais essayer de répondre clairement et d’être le plus pédagogique possible.

1) Pourquoi exactement 1.80 m ?

S’ils avaient choisi un modèle de 1’68 m (et appliquant les relations décrites dans les textes) sur les étalons on trouverait des valeurs propres à ce modèle : Coudée 42 cm, Palme 7 cm, etc.

Mais ce que l’on trouve sur les étalons c’est des valeurs propres à un modèle de 1’80 m.

C’est faux. Vous avez l’impression que les étalons donnent des valeur propres à un modèle d’1.80 m parce que vous ne prenez en compte que ceux qui donnent ces valeurs, et vous écartez/déformez les données qui ne vous conviennent pas (voir section 5) et 6).

2) L’Homme de Vitruve, schéma au 1/10 de l’homme idéal

LD/ Et pourquoi un rapport de 1/10 ? Il n’y en a nulle part dans les systèmes que vous décrivez !

R/ Si je vous ai offert des links avec des infos c’est dans le but que vous les lisez en détail :

Oui, en effet, la coudée de Maya porte la division en 1/10 de pouce. Mais, elle porte aussi la division en 1/9, en 1/11...En fait, elle porte toutes les divisions du pouce entre 1/2 et 1/16.

- La question est la même : pourquoi cette valeur de 1/10 ? Pourquoi pas 1/9 ou 1/7, puisqu’elles sont toutes présentes sur la coudée ?
- La remarque reste valable : toutes vos équivalences entre pouce, pied, coudée, se basent sur des multiples de 4 , 6 et 7. Il n’y a aucune raison qui nous permette d’affirmer a priori qu’il s’agit d’une réduction au 1/10.

LD/ Où Léonard indique-il que c’est un dessin à l’échelle ?

R/ Sur ses notes, peut-être ?

"De la naissance des cheveux jusqu’au menton, il y a 1/ 10 ème de la hauteur de l’ homme ; (...) Toute la main sera 1/10 ème de l’homme."

Vous pouvez mesurer le visage et la main. Dans les deux cas cela fait 18 mm.

Oui, et après ? Si la main fait 18 mm et le dessin 180 mm, ça montre que la main fait 1/10e de la hauteur du corps...ou, en d’autres mots, que l’Homme de Vitruve suit les proportions données par Vitruve.
Quelle découverte !
Mais cela ne nous autorise pas à décréter qu’il s’agit d’une réduction au 1/10 d’un homme de 1.80 m.

Par ailleurs, dans votre réponse à RB, on peut lire :

Vous [RB] dites : “Techniquement, avec les infos que vous nous avez données, on peut seulement dire que le Canon taille réelle est probablement compris entre 1,795 m et 1,805 m”.

Et je vous rappelle que le but est d’employer un modèle humain simple pour mettre de l’ordre dans tout ce qu’on a fait jusqu’a présent sans aucun modèle humain.

Oui, j’aurais pu utiliser pour mes calculs 1’795 m. J’aurais pu utiliser cette valeur et on serait devenus fous du fait que ce n’est pas un chiffre rond.

Vous admettez donc que la valeur de 1.80 m ne peut pas être déterminée exactement (elle est en réalité comprise entre 1.795 et 1.805 m.)

Vous utilisez donc cette valeur de 1.80 m par convenance ("par caprice", comme vous aimez à l’écrire) pour pouvoir avoir des chiffres ronds dans vos calculs.

3) La longueur variable de la coudée

R/ [...] Apparemment vous avez du mal avec cette proposition d’une valeur idéale simple, puis une fourchette de valeurs. Donc je vais citer les mots de Dieter Arnold, égyptologue allemand :

Oui, en effet, j’ai du mal avec la proposition d’une valeur idéale.
Parce que cette valeur idéale, justement, vous l’inventez.

Dieter Arnold (dans le passage que vous soulignez) dit :
"The measurements indicated consist of the 7 palms and digits and their subdivisions. Their lengths vary from 52.3 to 52.9 centimeters, reminding us that ancient measures were not so standardized as those of today and that such discrepancies have to be taken into account in our calculations of egyptian buildings."

("Les mesures indiquées consistent en les 7 palmes et doigts et leurs subdivisions. Leurs longeurs varient de 52.3 à 52.9 cm, nous rappelant que les anciennes mesures n’étaient pas aussi standardisées que celles d’aujourd’hui et que ces différences doivent être prises en compte lors de nos calculs sur les bâtiments égyptiens")

C’est écrit en toutes lettres : les unités n’étaient pas normalisées. Il n’y a pas une valeur idéale et des variations, mais plusieurs valeurs tout aussi valables les unes que les autres.

4) La coudée de Nippur

Mais, problème, il n’emploie jamais aucun modèle humain et il ne fait jamais référence à la grille en Palmes qui est expliquée sur les tablettes sumériennes ni aux mots, plus tardifs, de Herodote et Pline parlant des mesures babiloniennes.

Or, si on applique la grille expliquée sur les tablettes sumériennes, sur cet étalon on retrouve, de nouveau, des unités du système antropométrique correspondant au modèle de 1’80 m :

Pied naturel = 25’65 cm. Coudée naturelle = 45 cm. Trois doigts = 5’4 cm.

Et il se trouve que ces unités sont celles citées par Herodote et par Pline.

a) Le modèle humain. S’il utilise un modèle humain, la coudée rallonge ou rétrécit pour s’adapter à la longueur attendue, c’est ça ? Elle fait des efforts parce qu’elle est contente qu’on s’intéresse à elle ?
Ce qu’on a retrouvé, c’est une barre graduée en alliage de cuivre. Etes-vous une barre graduée en alliage de cuivre ? Ou une règle en pierre ?

J’ai déjà tenté d’attirer votre attention sur les problèmes de cette attitude, en faisant le parallèle avec les mots anglais thumb (pouce : le doigt) et inch (pouce : 1/12e de pied) ; mais le fait qu’un même mot puisse désigner deux notions différentes selon le contexte semble être au-delà de votre compréhension.

b) Vous dites qu’on trouve le pied naturel de 256.5 mm sur la coudée ?
C’EST FAUX.
Votre propre source montre que ce "pied" est en fait une demi-coudée de 259.2 mm .

En plus, vous le mesurez entre une graduation et l’extrémité, ce qui est quand même très hasardeux (surtout au 1/2 mm près) : comment pouvez-vous être sûr que l’étalon n’avait pas quelques millimètres de plus au départ ?

Et, encore une fois, Hérodote et Pline ne connaissaient certaiment pas la valeur de la coudée de Nippur en millimètres, il est donc inutile de les appeler à votre rescousse.
Que le pied fasse 256.5 ou 259.2 mm, il sera toujours égal au même nombre de doigts et à la même fraction de la coudée.

5) Les calculs de Pierre-Simon Girard

Les trois modèles cités par Girard et étudiés par les savants français s’expliquent parfaitement à l’aide du Canon (Homme en T = 1’80 m). En effet, le pik belady (57’75 cm) correspond à une valeur idéale de 32 doigts x 1’800 cm = 57’60 cm, la coudée des meqyas (54’12 cm) correspond à une valeur idéale de 30 doigts x 1’800 cm = 54’00 cm et la coudée de Constantinople (67’70 cm) correspond à une valeur idéale de 9 Palmas x 7’5 cm = 67’50 cm.

NON !
Le pik belady de 577.5 mm ne correspond pas à 32 doigts de 18 mm pour 576 mm.
La coudée des meqyas de 541.2 mm ne correspond pas à à 30 doigts de
18 mm pour 540 mm.
la coudée de Constantinople de 677 mm ne correspond pas à 9 palmes de
75 mm pour 675 mm.

Ces unités valent leur valeur mesurée (respectivement 577.5, 541.2 et 677 mm) et c’est tout !
Vous n’avez pas de droit de les faire "correspondre" avec votre modèle idéal en leur retirant arbitrairement des millimètres.
Autrement, cela veut dire que vous déformez les faits pour les faire rentrer dans votre modèle.
Vous êtes dans la même posture qu’un archéologue qui détruirait ou déplacerait des vestiges parce qu’ils ne correspondent pas à sa théorie.

Plus, vous êtes carrément dans le raisonnement circulaire :
- Supposons que le modèle est basé sur une stature de 1.80 m
- Supposons que toutes les mesures sont conformes au modèle (même celles qui ne le sont pas, c’est juste des erreurs de fabrication)
- Le modèle est basé sur une stature de 1.80 m, puisque toutes les mesures sont conformes au modèle.

6) Le pied romain et ses variations

Ce que je fais c’est de proposer un modèle central et expliquer les valeurs proches en fonction des variations existant dans le monde réel.

Donc, en gros :
- Quand on tombe sur une valeur exacte : "Vous voyez, le modèle est validé"
- Quand on tombe sur une autre valeur : "Vous voyez, le modèle est validé, c’est juste qu’ils étaient pas précis"

Pile j’ai raison, face t’as tort. Vous faites là une hypothèse non falsifiable, ce qui n’est pas recommandé du tout.

Vous sélectionnez les valeurs qui confortent votre modèle et rejetez les autres "parce que c’est de la variation". Cherry-picking, une fois encore. Il n’y a aucune raison valable d’exlure ces valeurs non conformes au modèle.

C’est ce que vous faites pour le pied romain. je remets encore une fois la source qui donne une bonne douzaine de valeur du pied romain.
Les valeurs vont de 293 à 308 mm.
Si on divise par 16, on obtient une valeur du doigt comprise entre 18.3 et 19.3 mm.

Oui, il y a des variations. Il y a des variations parce que le pied romain n’est pas défini précisément.
Toutes ses valeurs sont bonnes. Il n’y a pas un "pied romain idéal", et des variations parce que les Romains n’étaient pas fichus de reproduire un étalon.

Vous me présentez toujours les trois mêmes valeurs (300, 296 et 288 m) en disant que :

"J’ai bien écrit cette fourchette qui permet d’expliquer bcp de valeurs qui ont été trouvées sur des étalons pour le module de 4 Palmes

C’est faux.
Cette "fourchette" n’explique rien. Elle correspond juste à 3 valeurs qui permettent de retomber sur les valeurs 18.00, 18.50 et 18.75 mm pour le doigt. C’est un pur artefact mathématique (la magie de la division par 4).
Quand vous ne gardez que ces trois valeurs et rejetez les autres parce que "c’est de la variation, ils étaient moins précis que nous", c’est de la sélection de données arbitraire.
Ces valeurs-là aussi font partie de la variation, mais elles tombent juste et permettent des opérations du genre " plus ou moins poil de chameau" alors vous les mettez en valeur, parce que ça vous permet de "valider" votre modèle.
Le fait de pouvoir trouver des nombres "remarquables" par des contorsions mathématiques ne constitue en aucun cas une preuve.

- Je pense qu’il est à présent temps de clore cette discussion. Si je mets ce dernier commentaire, ce n’est pas dans l’attente d’une réponse de votre part, mais plutôt dans un but pédagogique, étant donné que cette page parle justement du cherry-picking et de la sélection de données.
J’ai entamé cette discussion en pensant sincèrement vous aider à améliorer votre modèle en pointant ses failles ; mais vous semblez trop enfoncé dans votre biais de confirmation et votre posture d’"érudit qui va révolutionner la science" (« Je suis en train de faire, à l’aide de mes connaissances en Philologie, une révision critique de toute une discipline, la Métrologie Historique depuis 2012. »,« mettre de l’ordre dans tout ce qu’on a fait jusqu’a présent », rien que ça ) pour avoir assez de recul sur vos travaux.

Je ne viens pas ici pour m’embrouiller avec les gens, aussi je vous laisse à vos recherches et vous souhaite un bon rétablissement.

Pyramides et cueillette des cerises
Luis Castano - le 16 novembre 2018

Bonjour :

Je vous laisse le lien à ma dernière réponse afin de clore aussi pour ma part cette discussion.

Bonne journée.

Réponse a L. Despoutres (5).
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