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Alien Project : récit d’un "plutôt POUR"

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Rappel de la discussion
Alien Project : récit d’un "plutôt POUR"
Anti-sceptique - le 14 juillet 2019

Je salue l’effort de monsieur Girard qui nous expose son point de vue mais son raisonnement manque paradoxalement de rationalité et de bon sens. Il y a une accumulation d’indices de manipulations au sens propre comme au sens figuré dans cette affaire mais il persiste à voir des éléments intrigants qui laissent la partie encore ouverte...

Ce dossier est symptomatique de notre époque qui constitue un terreau fertile pour la science alternative et contestataire. On dirait que ce courant cible l’establishment conformiste de la science « officielle » servie par les grands éditeurs qui, à l’instar des magnats de la presse, formateraient l’information par la censure du peer reviewing, la manifestation aiguë de la pensée unique et étriquée.
Avez vous déjà noté la confusion des genres chez votre marchand de journaux où les magazines « sérieux » en archéologie, en astronomie et astronautique se mélangent pêle-mêle à d’autres parutions plus licencieuses ? Difficile parfois d’identifier au premier coup d’œil l’édition mainstream du ruisseau ésotérique. Cette porosité est malsaine car le kiosque de la presse est pour le quidam une porte d’entrée sur l’actualité scientifique.
(cherchez les intrus si cela vous amuse : https://www.journaux.fr/sciences_sciences-et-techniques_1_0_37.html)

Sur le web, les rumeurs, les fake news, le souffle alternatif prolifèrent et se propagent à la vitesse de la fibre optique, véhiculent toutes sortes d’âneries, de supercheries et d’escroqueries et font le lit de croyances. L’instantanéité, la viralité, le communautarisme, l’activisme se substituent au rationalisme académique et à la démonstration étayée. Leurs représentants cherchent des réponses, élaborent et diffusent leurs propres théories. Par ailleurs, des vidéastes, sur fond d’images léchées en haute définition avec des prises de vues réalisées à l’aide de drones, questionnent ouvertement l’encyclopédie des savoirs sous des angles cinégéniques nouveaux comme les néo-évangiles de prismes non explorés.
Monsieur Jamin, quant à lui, est surtout à la recherche de reconnaissance que ses pairs ne sauraient lui accorder pour ses travaux d’explorateur. Il a toujours cru en sa bonne étoile de découvreur. Découvrir une cité perdue ou être l’inventeur d’un trésor n’est pas aussi contraignant que d’être affilié à une unité de recherche et de se plier aux diktats de son organisation, de ses codes, de ses programmes, de ses évaluations... L’énergie qu’il déploie à suivre son étoile du berger est vraisemblablement le moteur narcissique de son enthousiasme débordant et de sa foi communicante qui rassemble autour de lui à la manière des gilets jaunes sur les barricades érigées contre la science hautaine, sclérosée, aveugle et dédaigneuse au pouvoir.

Monsieur Bonnet, maître de la communication digitale, s’est gaussé des métriques de fréquentation des pages d’Irna ou de son comparse Gollum par rapport à la relative affluence de l’alien project comme s’il s’agissait d’un H index ou d’un facteur d’impact reconnu. La popularité n’est pas crédibilité. Monsieur Bonnet montre au contraire qu’il ne connaît rien aux canons de la science. Ce n’est pas une infirmité mais lorsque l’on s’aventure sur ce terrain balisé, il vaut mieux connaître les rudiments de la fabrication des savoirs et de l’intronisation d’hypothèses hardies ou disruptives.
La science académique n’est pas pour autant fossilisée. Dans tous les domaines, les nouvelles théories émergent à la lueur des nouvelles connaissances et enterrent les précédentes. La science a besoin d’infuser avant d’être infuse et « sectaire ». Sa genèse ne cadre pas toujours avec les besoins de la télé-réalité, du business, du sensationnalisme ou du teasing pour appâter le donateur potentiel, l’abonné à ses chaînes Youtube, Twitter, Facebook, Gaïa, BTLV, Nurea TV dans la pseudo-science de divertissement (parfois miroir grossissant de son égo blessé).
Monsieur Jamin use et abuse des ficelles pour aguicher les curieux ou démarcher afin de boucler ses budgets. La montagne carrée (sans doute un simple éperon rocheux façonné par l’érosion) devient le siège amazonien de Païtiti. La tombe repérée au Machu Pichu (sans doute un potentat de l’aristocratie Inca) devient le tombeau de Pachacutec, le fondateur de l’empire. Thierry Jamin observe sur le terrain des vols d’hélicoptère à Nazca (sans doute de banales manœuvres militaires) et il les relie de suite au contrôle de la zone sous la pression de plusieurs bandes de huaqueros... La loi du publish ou perish est valable aussi pour les marchands de rêves, les chercheurs de vérité ou les charlatans.

Par ailleurs, la communication du projet n’a cessé d’évoluer pour s’adapter aux mensonges, aux incohérences dans une fuite en avant éperdue. Qui évoque encore le boys band des petits gris musiciens ? Des aliens mélomanes nous sommes passés à des espèces terrestres inconnues. Les implants supposés biocompatibles ne le sont pas. Alors, à l’échelle nanométrique les artefacts recèlent peut-être encore des secrets pour prolonger le suspens. Une partie de l’ADN de Maria est mystérieux mais démontre son humanité alors c’est forcément extraordinaire. On oublie juste de préciser que nous n’avons pas en base de données tous les espèces terrestres pour établir des comparaisons.
Maria, malgré son teint poudré nous ressemble bien hormis sa tridactytilité handicapante à revers de l’évolution. Des doigts surnuméraires auraient été autrement plus convaincants mais certainement plus difficile à monter. Sectionner est un geste beaucoup plus rapide pour une mise en scène artisanale.
https://www.lemonde.fr/sciences/video/2019/06/23/dotees-de-six-doigts-a-chaque-main-ce-que-l-etude-de-personnes-polydactyles-nous-apprend_5480368_1650684.html

Les crânes déformés semble fasciner Monsieur Girard mais ils sont communs pour les anthropologues (https://journals.openedition.org/apparences/1885). Bien sûr établir le lien entre une rencontre de troisième type (les huaqueros doivent regarder aussi Netflix) avec des tridactyles devenait un scénario accrocheur. Nous vivons à une période où le mythe de Roswell est vivace (des centaines de milliers de personnes veulent envahir la zone 51 pour trouver des aliens : https://www.independent.co.uk/news/world/americas/storm-area-51-latest-aliens-sighting-us-military-ready-nevada-a9004086.html) voire un fait historique pour certains. Une tête déformée n’est pas le signe d’une fratrie de l’espace. Ces pratiques existaient déja en Chine il y 12000 ans (https://archaeologicalnews.tumblr.com/post/186185859687/12000-years-ago-a-boy-had-his-skull-squashed)
Revenons au Pérou et aux géoglyphes de Nazca qui ont été une source infinie de fantasmes alienogène. Le huaquero découvre justement à proximité de la zone l’entrée d’une hypogée ramifiée en tunnels dont le pillage occupe son équipe et retarde encore sa révélation planétaire.
A-t-on vu d’autres objets inondés les marchés parallèles ? Où sont donc tous ces artefacts ? Pourquoi en sommes nous restés à l’inventaire que l’on connaît ? Ne devrait on pas aller crescendo dans les découvertes et révélations à l’aune d’un site archéologique d’exception ?
Les indices biologiques de fraudes sont manifestes et vous attendez encore que l’on dépense de l’argent publique pour enfoncer le clou de l’évidence pointée par de nombreux scientifiques patentés. On ne s’adresse pas à un proctologue pour une maladie du cuir chevelu. Il n’y a guère que l’alien project que cela ne dérange pas…