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Dossier Anton Parks n°1-4 : Les traduc-interprétations du sumérien et de l’égyptien

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Dossier Anton Parks n°1-4 : Les traduc-interprétations du sumérien et de l’égyptien
Céliane - le 2 mai 2020

Pourquoi les translittérations entre Parks et les linguistes varient ?
Pour comprendre il faut avoir en tête que :
- Chaque signe a un nom et une ou plusieurs valeurs phonétiques.
- Le sumérien est une langue agglutinante. C’est à dire qu’il y a un radical auquel s’ajoute des particules pré ou postposées (déclinaisons diverses et variée de cas,de pronoms etc.)
- Par convention les homophones sont indiqués par un chiffre en indice ou par un accent. Exemple bùr = bur3 et búr = bur2. gi2 est le 2ème homophone de gi etc.

Quand Barton fait une translittération il la fait bien. Exemple :
den-lil2-la2. Le "d" pour "dingir" cad "Dieu" est normalement en exposant, c’est un déterminatif qui se trouve devant les noms divins. Il ne se prononce pas. Ensuite, il décompose : en-lil2-la2 car c’est ainsi que se lisent les signes gravées sur la tablette DINGIR EN.KID.LAL = den-lil2-la2 = Enlil. Le la2 est un suffixe pour "de Enlil" ou "à Enlil".(J’ai un doute ^^) Voici un autre exemple de suffixe : roi se dit lugal et "le roi" se dit lugal-e.
Le sumérien est très complexe et je suis loin d’en maîtriser toutes les subtilités mais il y a un exemple de bullshit linguistique dans cet article qui me saute aux yeux :
Barton lit Ge-gál-ne et traduit : prendra vraiment.
O’Brien lit Ge-gál-ne et traduit : ensemble : "Là où le Seigneur
Parks lit Gan-gál-izi et traduit : le responsable du battant de la porte (et) du mur du domaine.
Pourquoi autant de disparités et notamment pourquoi Parks part sur une histoire de mur ?
Les deux premiers linguistes ne sont pas d’accord sur la traduction des signes et sans les articles publiés sur ces traductions, il est difficile de comprendre leurs partis pris.
Pour Parks, c’est différent, il se fout de la valeur des signes et de leur graphie pour nous livrer un magnifique exemple de langue des oiseaux qui n’a bien entendu aucune valeur linguistique et qui ne correspond même plus aux signes inscrits sur la tablette.

gan = il y a énormément de manière de lire ce signe si on tient compte des homophones. Je pense que Parks a utilisé un homophone GAN2 = surveillant.
gal2 = lecture possible du signe IG = porte.
izi = lecture possible du signe NE que les autres auteurs lisent d’ailleurs "ne" mais que Parks le décompose en i-zi ou iz-zi = mur.

Après il ne reste qu’à assembler ce bricolage : le surveilant de la porte et du mur.
La grammaire sumérienne et ses règles n’ont aucune valeur aux yeux de ce "spécialiste" du sumérien.
Un mot ne lui convient pas ? Pas de problème ! Il suffit de le "décomposer" pour obtenir de nouvelles syllabes et jongler entre homophones pour arriver à ses fins.

Dossier Anton Parks n°1-4 : Les traduc-interprétations du sumérien et de l’égyptien
Irna - le 2 mai 2020

Bonjour Céliane, merci pour ces explications très intéressantes ! Il ne fait aucun doute effectivement que Parks pratique une forme de "langue des oiseaux" tout en prétendant faire oeuvre scientifique... Malheureusement son lectorat n’a pas les moyens de s’en rendre compte - ni même l’envie, tant ses "interprétations" vont dans le sens de leur fantaisie...