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Des tiraillements au sein de la Fondation ?
Article mis en ligne le 28 juin 2006

par Irna

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Il semble que certains, au sein de la Fondation de la "Pyramide du Soleil", aient commencé à prendre quelque peu leurs distances vis à vis de celle-ci et de son fondateur. C’est peut-être en particulier le cas de Senad Hodovic, directeur du musée de Visoko, qui était en quelque sorte le "garant" officiel du projet, et dont on a pu voir qu’il n’était pas tout à fait, à la différence de M. Osmanagic, un "forcené" des pyramides.

C’est en tout cas ce qui semble ressortir d’un article (bs) publié il y a quelques jours par le magazine de Sarajevo BHDani, et dont le texte (en bosniaque) peut être consulté ici (bs) (le texte original, sur le site du magazine, n’est accessible qu’aux abonnés).

D’après cet article, M. Hodovic semble un peu "fatigué" au moins par certains aspects du projet. Traduction de ce qu’il déclare aux auteurs de l’article :
"Il y a un problème dans la Fondation. Je suis réellement fatigué, et ne suis pas impliqué dans l’équipe dirigeante de la Fondation. Je ne les abandonnerai pas, mais je n’accepterai pas la place de directeur de projet, parce que je ne veux pas qu’un centime me revienne ou revienne au Musée. J’ai à contrôler le professionnalisme et la légalité, pour le reste d’autres sont responsables."

Ce n’est pas parfaitement clair, mais cela peut laisser supposer qu’il y a pour le moins quelques désaccords au sein de la fondation. M. Hodovic dit également un peu plus loin : "Pour le moment, la Fondation ne peut pas fonctionner sans M. Osmanagic qui en est le principal créateur". Cette phrase répond aux critiques qui ont commencé à émerger au sein même du projet, certains des fouilleurs, tout en étant convaincus de l’existence des pyramides, ayant confié aux journalistes que les idées et les prises de position de M. Osmanagic risquaient de nuire au projet, et qu’il aurait mieux valu que celui-ci ne fut pas le président de la Fondation.

Dans le même article, on apprend également que certains de ces fouilleurs sont assez mécontents de leurs conditions de travail : pas d’assurance, pas de contrat, un salaire faible et irrégulièrement payé ; ils se plaignent d’une certaine opacité de la comptabilité, par exemple de l’impossibilité de savoir qui est bénévole et qui est payé. Il semble d’ailleurs que certains aient déjà quitté le chantier, à l’instar de Sead Pilav, ce jeune archéologue qui a abandonné le projet au bout de trois jours, considérant qu’il tenait plus du "reality show" que du chantier de fouilles sérieux.

Les auteurs de l’article évoquent en outre deux éléments importants qui peuvent amener à mettre en doute la sincérité d’au moins une partie des membres de la Fondation :

- d’une part l’hypothèse assez probable que M. Aly Abd Barakat, le géologue égyptien, soit venu en Bosnie dans le cadre d’une conférence organisée par le père de M. Osmanagic plutôt qu’à la demande de son gouvernement ou de Zahi Hawass (hypothèse que j’avais déjà évoquée dans cet article) ;

- d’autre part le fait qu’en dépit du nombre élevé de donateurs, le compte bancaire de la Fondation, que M. Osmanagic et son beau-frère M. Gerussi sont les seuls à administrer, ne contient qu’une très faible somme (deux à trois mille KM - Mark Convertible, à parité avec le Deutsche Mark) ; ils affirment que M. Gerussi reçoit de la Fondation un salaire mensuel de 2000 à 2500 KM, alors que dans le même temps M. Gerussi explique que les scientifiques, locaux et étrangers, qui travaillent sur le site ne sont pas payés, mais simplement indemnisés de leurs frais.

De son côté cependant, M. Gerussi nie tout ce qui précède : personne n’a jamais abandonné le projet, M. Barakat est venu à la demande de l’Ambassade d’Egypte, et en accord avec Zahi Hawass...

Bref, il est évident qu’il y a ici quelques gros mensonges à l’oeuvre ; je ne détiens, pas plus que personne, la vérité, mais si l’on tient compte du fait que BHDani est un hebdomadaire réputé sérieux, et que la Fondation s’est déjà fait remarquer par quelques "réinterprétations" de la vérité (voir par exemple l’affaire des scientifiques "fantômes", ou, très récemment, le démenti apporté par M. Hawass)...