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Primosophons !
Article mis en ligne le 4 octobre 2019

par Aurl

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J’ai prolongé pour m’amuser le propos de Gollum Illuminati dans cette vidéo :

Si vous ne l’avez pas vue et que vous ignorez ce qu’est la primosophie (je vous envie) vous ne comprendrez peut-être pas ce qui se dit ici.

Il vous sera présenté un petit exercice assez simple de dé-cherry-picking (je ne serais pas étonné que ce que je vais proposer ait déjà été fait ailleurs, mais j’ai pas trouvé) comme j’aime à le faire, c’est-à-dire, re-générer la plage de données originale de laquelle ont été tirés les calculs « trop mystérieusement surprenants à tel point que ça ne peut pas être le hasard sans déc t’as vu ! » de nos camarades archéomanes.

Cet article ne s’adresse pas spécialement aux zététiciens chevronnés qui ne s’en laissent pas conter, mais plutôt aux gens que la primosophie interpelle, séduit sincèrement, impressionne, ou même convainc franchement.

I - Mots isolés :

Valeur d’un mot :

Cette numérologie associe une valeur (de nombres premiers) aux lettres de l’alphabet, et cela implique qu’il y a une tendance à ce que les mots plus longs aient (en moyenne) une plus haute valeur. Si je prends le mot le plus long du dictionnaire, anticonstitutionnellement (25 lettres) il vaut 939 (sur le formidable petit programme de primosophie proposé par Gollum Illuminati ici : https://irna.fr/gollum/primosophie/ )

Si on excepte les mots de jargon type nomenclature de la chimie, mots composés de certaines disciplines médicales, phobies improbables ou autres, nous allons donc considérer que 25 lettres c’est le max. Ce mot de 25 lettres est un peu seul dans sa catégorie d’ailleurs, les mots les plus longs (et de plus hautes valeurs) après lui sont par exemple inconstitutionnellement, 23 lettres pour une valeur de 871. Si on accepte les verbes conjugués, on peut retrouver à 21 lettres pour également 939 points : postsynchronisassions (oui c’est horrible). Même s’il reste possible que certains mots (assez courants si possible) de moins de 25 lettres ou moins de 21 dépassent les 939 en comportant de nombreuses lettres tardives dans l’alphabet, je ne les ai personnellement pas trouvés (n’hésitez pas à proposer). Toujours est-il que prendre 939 comme borne haute semble raisonnable.

La borne basse sera tout simplement 1, le mot à ou le verbe avoir a, ou encore, même si ce ne sont pas des mots, les contractions comme j’ ou t’, on retrouve tout cela dans « j’aime à t’embrasser le c.. » (c’est un exemple au hasard).

On notera d’ailleurs que certaines valeurs n’existent probablement pas. Par exemple, la valeur 3 ne peut être obtenue qu’avec les combinaisons aaa, ba, ab ou c, et aucune n’est un mot dans les dictionnaires. A l’autre extrême, pour les grandes valeurs, si l’on estime que 939 est notre valeur max pour un mot, il n’y a rien de difficile à imaginer qu’il n’y a peut-être aucun mot valant 938, ou 937, les mots pouvant atteindre ces valeurs très hautes sont rares, rien ne permet de supposer que toutes les valeurs sont représentées dans notre vocabulaire.

Nous disposons donc au maximum de 939 valeurs différentes en primosophie, soit les nombres de 1 à 939.

Nombre de mots en français :

La langue française comporte un nombre fini de mots. Ce nombre peut grandement varier selon ce qu’on considère être un mot. On peut trouver des listes très longues.

Par exemple, le wiktionnaire recense 175 973 noms communs, 61 599 adjectifs, 32 343 verbes et 100 880 noms propres pour un total de 374 480 lemmes (mots uniques sans dérivations, conjugaisons ou autres déclinaisons). C’est beaucoup. Dans un même ordre d’idée on trouve par exemple cette liste de mots acceptés au scrabble : https://www.listesdemots.net/touslesmotstaille.htm soit 402 503 mots (ici, il y a toutes les différentes conjugaisons de tous les verbes par exemple).

Nous allons être extrêmement délicats avec la primosophie en nous focalisant sur des listes un peu plus raisonnables de mots courants, dans des dictionnaires usuels. Ainsi le Larousse 1999 (oui c’est un dico que j’ai chez moi donc je m’y réfère plutôt que d’aller vous chercher le Larousse 2019 sur internet ^^ ) comptabilise 87 000 entrées, dont 28 000 noms propres, et 59 000 noms communs, adjectifs, adverbes, verbes etc.

On peut être encore plus indulgent en utilisant un autre ouvrage que j’ai sous la main, le tout petit Dictionnaire de poche (format livre de poche donc) des éditions Hachette, qui mentionne 50 000 entrées dont 10 000 noms propres et 40 000 noms communs etc.

Il me semble raisonnable d’intégrer les noms propres car les exemples de primosophie officiels semblent s’autoriser à utiliser des noms de divinités par exemple. Et comment pourraient-ils s’interdire les noms propres quand on constate, ô sublime révélation, que
Kennedy est catholique = 666 = Il doit être abbattu à Dallas [1]

Rapports valeurs/Nombre de mots :

Mélangeons maintenant les deux premières parties. Il y a (au minimum avec le dico Hachette ) 50 000 « mots » différents dans la langue, mais seulement 939 valeurs entres lesquelles ils doivent se répartir.

50000/939 = 53

Cela signifie qu’en moyenne, chaque mot de la langue française est égal au minimum à 52 autres mots dans la primosophie.

Si je prend mon Larousse pour une valeur de dico plus classique : 87 000/939 = 92, à chaque mot correspondent 91 mots de même valeur

Wiktionnaire : 398 mots de même valeur pour chaque valeur

Lexique du scrabble : 428 mots de même valeur pour chaque valeur

Comment peut-on être étonné, ou ne serait-ce qu’être intrigué, par le fait de trouver des égalités dans ces conditions ? Certaines égalités ne paraissent pas avoir de sens, une partie peut laisser entrevoir un sens en cherchant un peu, et une minorité peut même trouver un sens très surprenant. Dans la réalité, aucune n’a le moindre sens, ce n’est que de la numérologie, totalement vide.

Dimensions de mot les plus fréquentes :

Même si l’essentiel de ce qui devait être expliqué vient d’être dit, je me permets une petite « correction », un ajustement pour être un peu plus réglo. Jusqu’ici nous avons toujours arrondi et fait des choix à l’avantage de la primosophie. Mais on peut légèrement affiner la chose plutôt à son désavantage.

En l’occurrence, nous avons traité les mots du dictionnaire comme s’ils se répartissaient tout à fait équitablement entre les 939 valeurs possibles (et nous avons même intégré sans discrimination la valeur 3 même si elle ne correspond pas à un mot). Mais il a également été expliqué que plus un mot avait de lettres, plus il était associé (en moyenne) à des valeurs hautes. Et justement, les mots de différentes longueurs se répartissent de manière très hétérogène dans le vocabulaire français.

Pour voir ça nous allons utiliser cette liste des mots acceptés au scrabble : https://www.listesdemots.net/touslesmotstaille.htm

Liste qui a la bonne idée de compter les mots et de les ranger par leur nombre de lettres. Il y a des mots allant de 2 à 21 lettres [2], incluant toutes les déclinaisons et conjugaisons imaginables, pour un total (je le répète) de 402 503 entrées.

Il est assez intuitif qu’il y a une sorte de courbe de Gauss du nombre de mots par nombre de lettres les composant. Cette liste permet de remarquer que la dimension la plus fréquente ce sont les mots de 10 lettres, il en est recensé 61 587 (15.3% du total). A l’inverse, il n’y a que 80 mots de 2 lettres et 20 mots de 21 lettres. Pour abréger, et donner simplement une tendance et vous épargner les étapes des calculs, je vais éliminer toutes les dimensions représentant moins de 5% du total. Cela concerne les mots de 1 à 6 lettres, puis dans les valeurs hautes, les mots de 15 à 21 lettres. Ces 15 catégories (sur 21, car 21 lettres max) comprennent un total de 49 373 mots, soit 12.26% du total de la liste.

Représentation du nombre de mots présents dans la liste selon leurs longueurs. Une visualisation intéressante mais qui n’apporte pas grand chose au propos si ce n’est d’avoir une illustration ce qui rend le texte un peu sexy. C’était ça ou une photo de mon jardin. [3]

Par corollaire, 87.74% des mots font entre 7 et 14 lettres de longueur.

Mais ces 87% des mots ne se répartissent pas entre 939 valeurs, tout simplement parce que le mot de plus basse valeur que l’on peut écrire avec 7 lettres est bien supérieur à 1, et que le mot de plus haute valeur qui existe avec seulement 14 lettres est nettement inférieur à 939.
N’ayant pas envie d’y passer 6 ans, j’y suis allé un peu au jugé. Après quelques petites expérimentations, les plus petites valeurs pour les mots de 7 lettres doivent tourner entre 100 et 150 en primosophie (amusez vous à chercher vous-même, par exemple aerobic = 134) et les plus grandes valeurs à 14 lettres doivent difficilement dépasser les 650 (là aussi, amusez-vous, j’ai bloqué sur la conjugaison : zinzinulassiez à 662 ).

Je vais estimer que les différentes listes de mots (dictionnaire ou autre) sont homogènes, sans discrimination sur les mots ayant certaines longueurs. Nous avons alors pour chacune de ces listes, 87% des mots (entre 7 et 14 lettres), qui se partagent non plus 939 valeurs, mais seulement 650-100=550 valeurs différentes (58 % des 939 valeurs).

Nous avons donc, pour ces mots là, aux dimensions les plus fréquentes, une bien plus grande fréquence des égalités magiques de la primosophie :
- Dictionnaire Hachette de poche : 79 mots par valeur
- Dictionnaire Larousse : 137 mots par valeur
- Wiktionnaire : 592 mots par valeur
- Liste Scrabble : 636 mots par valeur

Le mot récurrent de la primosophie pyramide, à 8 lettres, est donc dans ce pool de mots qui correspondent en moyenne à un minimum de 79 autres mots ! Et à potentiellement plusieurs centaines.

II - Groupe de deux mots

Dynamique :

C’était jusqu’ici tout à fait accablant pour la numérologie et tout à fait non-surprenant, tristement banal, que de pouvoir faire des égalités avec la primosophie et la langue française. Mais cela devient une véritable farce lorsqu’on accepte les groupes de mots, les associations de mots, ou même les phrases.

Comprenez bien la dynamique. Les différentes associations possibles pour un simple groupe de deux mots, se comptent au carré du nombre de mots.

Avec mon plus petit dico de 50 000 entrées, c’est 50 000 x 50 000 possibilités, soit 2 milliards et 500 millions de combinaisons. Et pour les autres listes :
- Larousse : 7 milliards et 569 millions
- Wiktionnaire : 140 milliards
- Scrabble : 162 milliards

Bien entendu, la majorité de ces combinaisons n’a vraiment pas le moindre sens, même en tortillant l’interprétation sans ménagement. Mais il n’empêche, imaginons que seul 1% de ces couples de mots puisse avoir un sens (estimation très généreuse de ma part quand on voit ce que sortent les primosophes), on reste entre 25 millions (Dico poche) et 1.6 milliards (Scrabble) d’associations possibles (listes intermédiaires : Larousse, 75.69 millions et Wiktionnaire, 1.4 milliard).

Je parlais de bien comprendre la dynamique, car les valeurs possibles, elles, n’évoluent pas au carré, mais par une simple addition. La valeur max pour un mot c’était 939, la valeur max pour deux mots c’est… 939+939=1878, avec l’association de mots « anticonstitutionnellement anticonstitutionnellement » (ce qui ne veut rien dire, oui, bravo pour votre perspicacité). Nous nous retrouvons avec mille fois plus de formulations, mais qui se répartissent sur seulement deux fois plus de valeurs.

Ainsi, si je garde nos arbitraires mais prudentes 1% d’associations logiques, on retrouve :
- Dico de poche : 13 312 égalités
- Larousse : 40 303 égalités
- Wiktionnaire : 745 000 égalités
- Scrabble : 862 000 égalités

Concrètement, vous collez deux mots de votre choix (si possible des mots pas trop courts ni trop longs, entre 7 et 14 lettres par exemple, et qui ont un sens à vos yeux) vous obtenez une valeur en primosophie, et il y a probablement au minimum, 13 312 autres groupes de deux mots qui auront la même valeur. Et potentiellement plusieurs dizaines de milliers.

Trop de mots :

Les résultats précédents sont obtenus en comparant des couples de mots deux à deux. C’est sans envisager les correspondances possibles de votre couple avec un autre mot unique, ou avec une association de plus de deux mots ! Ces autres correspondances augmentent fortement vos possibilités. A titre d’indice, comprenez que pour (presque) tous les couples de deux mots dont la valeur totale est inférieure à 939, ils correspondent à quelques dizaines ou centaines (voir première partie) de mots seuls du dictionnaire, en plus de ce que nous venons d’établir avec les groupes de mots. La logique est la même en ce qu’ils correspondront également aux groupes de trois mots dont la valeur totale est inférieure à 1878 (incluant tous les groupes de 3 mots dont la valeur est inférieure à 939 également notez). Et ainsi de suite quel que soit le nombre de mots, venant gonfler des résultats déjà ridiculement trop élevés pour mettre en évidence la moindre « surprenante coïncidence suspecte ».

Et tout cela ce n’était qu’en comparaison d’une association de 2 mots. Si vous sélectionnez trois mots, vous décollez de manière toujours aussi exponentielle, à 4 mots c’est encore pire, et ainsi de suite, vous arrivez bien vite à des milliards d’égalités possibles pour un seul groupe de mots, même en considérant que 1 pour mille ou 1 pour 100 000 égalités peuvent avoir du sens. C’est ce que nous allons voir immédiatement.

III - Groupes de plein de mots

Discutons l’indice de cohérence :

J’appelle « indice de cohérence » la chance qu’une association aléatoire de mots puisse trouver un sens dans l’esprit du primosophe amateur. Indice que je plaçais à 1% (soit 0.01) dans les paragraphes précédents. Je n’ai pas de méthode pour évaluer ne serait-ce que grossièrement cet indice, surtout lorsque l’on augmente le nombre de mots.

Prenez un mot seul comme au début de cet article. Il possède forcément au moins un sens, nous avons donc un indice de 100 %. Lorsqu’on associe deux mots, il y a beaucoup de combinaisons malheureuses, mais également des profils qui marchent presque à tous les coups. Par exemple si j’accole deux adjectifs qualificatifs, je pourrai toujours en tirer quelque chose, qu’ils soient complémentaires ou contradictoires. Si j’accole par hasard deux verbes d’actions, là aussi, il y a presque toujours moyen d’y trouver un message. On pourrait multiplier ces exemples de configurations fonctionnelles, un nom propre et une qualité, cela marche aussi, un adjectif et un nom propre ça marche souvent. Il y a ainsi des « pools » de mots, qui fonctionnent très bien ensemble, surtout qu’il n’y a aucune règle de syntaxe dans la primosophie, une phrase collée à un mot seul semble acceptée. J’ai donc considéré que 1% seulement de couples sensés, c’était une estimation très faible à l’avantage de la primosophie (puisqu’elle rend les coïncidences plus rares) mais je l’ai fait de manière arbitraire.

Maintenant si je rajoute un mot à mon couple de mots (cela nous fait trois mots, oui bravo, décidément vous êtes en forme aujourd’hui) je reproduis le même schéma, où j’ai un couple de mots qui ont du sens, mais où seul un pourcentage des configurations auront un sens avec un troisième mot. Est-ce que l’indice est le même que précédemment ? Est-ce qu’il est plus grand ? Ce n’est pas simple, notez par exemple qu’il existe de nombreuses associations de deux mots qui n’ont aucun sens, mais qui trouvent un sens à l’ajout d’un troisième. Par exemple Arc en ça ne veut rien dire, arc en ciel ça existe, manger du cela fait partie des recalés dans les associations de deux mots, tandis que manger du foin revient dans les égalités à prendre en compte.

Pour poursuivre dans l’observation de la complexité du sujet, il y a 2 façons d’agencer deux mots différents, 6 d’agencer trois mots différents, 24 d’agencer quatre mots, et ainsi de suite, la factorielle du nombre de mots : 120 pour cinq mots, 720 pour six mots, 5 040 pour sept mots et 40 320 pour huit mots. Chacune de ces configurations peut avoir un sens, et elles sont toutes de même valeur pour une même liste de mots. Ce serait un peu la même logique avec les mots isolés, où une anagramme aura toujours la même valeur que le mot d’origine.

Représentons tout cela :

Malheureusement je ne sais pas m’arrêter quand je suis lancé. Si on observe ce que proposent les primosophes, rien que sur la vidéo de Gollum Illuminati, on peut voir une utilisation de séquences de 4 ou 5 mots assez régulièrement, une séquence de 7 mots, et même une séquence de 8 mots juste à la fin de la vidéo. Il serait intéressant de se faire une idée des nombres d’« égalités magiques » possibles pour d’aussi longues séquences de mots (les calculs au dessus en partie II se limitent à deux mots). Mais il y a le problème de l’indice de cohérence, qui doit diminuer les ordres de grandeur en jeu.

Pour visualiser cela, voici une page Excel vous présentant les courbes du nombre d’égalités possibles jusqu’à 10 mots, sur une échelle semi-logarithmique (bien entendu en gardant une ordonnée linéaire, la courbe ne ressemblait à rien avec une croissance exponentielle des nombres).

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1cen-_6z1WwANU5HBV_7Rr2RGHYzjgLMfC3Skw-1r9Uw/edit?usp=sharing

La page « Module démo » vous propose une représentation où chaque nouveau mot est associé à un indice de cohérence de 1% (ou 0.01, concrètement cela divise par 100 le résultat obtenu). Malgré cette contrainte, qui implique qu’arrivé à une séquence de 8 mots (utilisable en primosophie donc) le résultat a été divisé par 1 million de milliards, et bien que je m’en tienne au résultat donné par la plus courte liste de mots, soit le dictionnaire de poche des éditions Hachette, le nombre d’égalités atteint la valeur vertigineuse de 45 millions de milliards de milliards.

Donc, si vous produisez une séquence de 8 mots avec la primosophie, il existe 45 millions de milliards de milliards d’autres combinaisons de mots d’un petit dictionnaire qui auront la même valeur et qui auront du sens. Je rappelle que cette valeur c’est un millionième de milliardième du vrai résultat total, en supposant que cette portion est la seule contenant des séries de 8 mots ayant du sens.

Module modifiable :

Sur le même fichier Excel, vous pouvez accéder à une seconde page « module modifiable » dans un onglet en bas. Il vous permet de mettre vos propres valeurs, et de choisir ainsi la quantité de mots dans votre liste, les valeurs limites de la primosophie (par exemple pour tester avec un mot plus grand qu’anticonstitutionnellement, comme intergouvernementalisations, qui est encore plus issu d’un jargon peu utilisé, mais qui a une valeur de 1031). Mais surtout, il vous permet de mettre votre propre indice de cohérence pour chaque nouveau mot, selon si vous estimez que 1% c’est bien trop, ou bien trop peu, ou si cet indice devrait plutôt augmenter à chaque nouveau mot. Pour rappel : 0.01 c’est 1%, 0.5 donnera 50% (une association sur deux a du sens), 0.001 donnera du 1 pour mille, 0.0001 du 1 pour 10 000, et ainsi de suite.

N’hésitez pas à bricoler ce fichier pour voir la dynamique. Si vous souhaitez accéder à une version privative de ce tableur Google Sheet pour le bricoler seul dans votre coin, voici une version format Excel téléchargeable :
https://drive.google.com/file/d/1IM9c6pyYrVH9hpbpU8aE6ASC1FYfEMtc/view?usp=sharing

Numéromanie :

Considérant tout ce qui vient d’être dit et les ordres de grandeur en jeu, il convient de jeter un regard un peu plus généraliste sur la primosophie et son utilisation. Par Mathieu Laveau notamment, la primosophie se définit comme étant liée à l’Égypte ancienne. Il n’y a pas la moindre justification de la chose si ce n’est des égalités magiques dont nous venons de comprendre qu’elles sont particulièrement non-remarquables. Il n’y a pas de lien historique notable entre l’Égypte ancienne et les nombres premiers, pas plus qu’entre l’Égypte ancienne et le français moderne. Par ailleurs, la primosophie peut fonctionner dans n’importe quelle langue possédant un alphabet et comportant un lexique suffisant.

Mais ce lien absurde avec l’Égypte permet de relier la primosophie aux numérologies préalables entourant les mystères des pharaons. D’une part il a été copieusement discuté sur les internets de l’inanité des explications numérologiques de certains piliers de l’archéologie romantique comme La révélation des pyramides [4]. D’autre part, le présent article vient de tenter de vous expliquer qu’attribuer des valeurs aux lettres pour trouver des égalités entre des mots n’avait rien de remarquable et surtout aucune justification telle la première langue des oiseaux venue. Mais, en sus, la primosophie se permet de fusionner ces deux âneries !

Ainsi, vous pouvez trouver des égalités entre la valeur primosophique de deux suites de mots… mais si vous ne trouvez pas, vous pouvez directement interpréter le nombre obtenu à la manière de La révélation des pyramides. Votre mot vaut 440 mais fichtre ! C’est le nombre de coudées qui compose un côté de la pyramide de Khéops ! Votre phrase vaut 5236, incroyable ! C’est 100 fois la longueur d’une coudée royale exprimée en centimètres, et ainsi de suite, vous pouvez trouver Pi, Phi, les dimensions de votre tabouret et de votre brosse à dent, et nous voilà repartis. Vous pouvez même trouver des dates comme le font les primosophes officiels ! Cela démultiplie férocement les possibilités, car les dates, cela peut être l’année, mais par exemple 127, si vous l’écrivez 12/7 c’est le 12 juillet, et c’est également une date à laquelle vous pouvez trouver un sens. Et la primosophie a beau être liée à la langue française, quand Mathieu Laveau trouve 1221 il le lit comme une date à l’américaine et traduit sans problème « 21/12 » pour servir son discours. Mais vous pouvez également faire des calculs et des ajustements si vos nombres ne tombent pas juste, par exemple si je vous donne cette prophétie : « le général sera empereur quinze ans après cette révolution » = 1790, c’est bien la preuve… qu’on nous a menti et que la révolution française a eu lieu en 1790 et non en 1789 [5]. C’est bien comme cela que ça fonctionne la logique... non ? Bref, avec de l’imagination et toujours plus de malhonnêteté, il y a des correspondances démultipliées de manière presque infinie (alors qu’on était déjà en millions de milliards de milliards pour rappel) afin d’occuper sans fin vos longues soirées d’hiver.

Conclusion :

Pour parachever la chose, même s’il n’y avait pas d’aussi grandes probabilités de trouver des correspondances magiques, même si la primosophie apportait des résultats ne serait-ce qu’un peu surprenants, elle n’aurait pas la moindre valeur. Cette méthode n’en est pas une, ce n’est qu’une affirmation gratuite et délirante. Mathieu Laveau donne des conférences gratuites auxquelles il est possible de s’inscrire depuis le site Energie-sante.com. Dans l’entête de la page de présentation et promotion des conférences, on peut lire ce lapsus qui prête à sourire :

Voilà, comme toujours, il n’y a rien d’exhaustif dans ce travail, c’était surtout une occasion de montrer de manière très accessible les ordres de grandeurs et les tendances aux gens qui ne sont pas habitués à appréhender les nombres ou qui sont facilement impressionnés par les démonstrations numériques (du coup cet article c’était une démonstration numérique, donc ça vous a impressionné et vous voila convaincu). Si vous trouvez des exemples qui contredisent mes suppositions ou approximations (un mot de moins de 21 lettres qui vaut plus de 939 par exemple) n’hésitez pas à me le signaler. Sinon je n’ai pas vraiment de conclusion… Merci à Gollum Illuminati, la primosophie c’est du caca ! Oui, je suis très doué pour conclure les...