(Première partie : Première Pley d’Égypte, ou Je suis sur Legend (1) )
Que sont les films de Patrice Pouillard, La révélation des pyramides (LRDP, 2010) ou Bâtisseurs de l’ancien monde (BAM, 2020) ?
Entre ce que nous en dit le réalisateur, la critique que nous en faisons, et plus généralement ce que les études sur le cinéma disent de l’objet filmographique, comment qualifier sa production ? Si ce que raconte Pouillard est faux dans le détail, que se passe-t-il lorsqu’avec Werner Herzog on s’interroge : « Existe-t-il un semblant de vérité dans le cinéma ? » (L’avenir de la vérité)
Six degrés de séparation
Les diffuseurs télévisuels ou internet qui ont acheté les droits de ces films les font figurer dans la catégorie « Documentaire ». Faisons donc un tour du côté des définitions.
« Le film documentaire a pour monde de référence le monde réel, ce qui suppose que le monde représenté existe en dehors même du film et que cela est vérifiable par d’autres voies. La question est de savoir si ces preuves d’authenticité sont internes à l’œuvre ou s’il existe des composantes discursives spécifiques et suffisamment discriminatoires par rapport au film de fiction. »
La mise en garde est là dès la définition du documentaire proposée par Jacques Aumont et Michel Marie dans leur Dictionnaire théorique et critique du cinéma. Le documentaire ne se définit pas sans la fiction, à laquelle il s’oppose de prime abord, mais « les frontières entre documentaire et fiction ne sont jamais étanches ».
La profession de foi de Pouillard devrait nous aider puisqu’il insiste sur l’aspect matériel, la donnée, la technicité, le concret. Sans parler encore de l’image ou du montage (qui sont forcément subjectifs), si l’on en croit sa démarche, le propos même peut exister sans le film : « [Patrice Pouillard :] J’ai fait un travail de compilation. »
Il y a un terme pour cela : afilmique. Cela désigne ce qui existe « indépendamment de tout rapport avec l’art filmique » (Dictionnaire théorique et critique du cinéma). Et c’est le propre du genre documentaire qui repose d’abord sur des éléments existants indépendamment du film. Si l’on envisage La révélation des pyramides ou encore Bâtisseurs de l’ancien monde de façon afilmique, et si Pouillard dit vrai, à la fin, ce qu’il reste, c’est la réalité dans son aspect le plus matériel.
J’ai déjà évoqué des erreurs et des faux dans ses déclarations (et dans ses films). J’ai rappelé le final de LRDP sous forme de risque d’apocalypse imminent. Ces éléments ne résistent pas à l’examen : ils sont des manipulations pour les premiers, et un choix narratif pour le second qui tient bien plus d’une mauvaise science-fiction (on pense forcément aux films catastrophes de Roland Emmerich, et en particulier Le jour d’après et 2012, tous deux antérieurs de peu à LRDP). Mais surtout, quand bien même certaines des informations données sur tel site archéologique ou tel lieu dans le monde sont exactes, Pouillard est responsable de les avoir rapprochées.
Quand il accole des glyphes de l’île de Pâques à ceux de Mohenjo Daro, c’est lui qui fait le récit. Les glyphes au Chili existent, les glyphes au Pakistan existent : ils sont afilmiques, ces symboles existent sans avoir besoin de la caméra de Pouillard pour les faire exister. Par contre, le fait d’en prendre sept de chaque et d’y voir des similitudes (banales), le fait d’évoquer « une théorie, bien évidemment jugée hérétique » en le faisant, cela c’est un choix de Pouillard, c’est faire récit.
Et c’est tout le film LRDP (ou BAM) qui est construit ainsi. Le postulat du film c’est de vouloir comprendre comment la pyramide de Khéops a été construite ; mais dès ses premières secondes, le texte indique « L’enquête qui change le monde ». Et il faut quelqu’un pour inciter à aller comparer les pyramides de Gizeh à d’autres sites archéologiques, et cette même personne est nécessaire pour que ces sites soient alignés sur une bande de plus de 100 km de large, le fameux équateur penché. Cette personne, c’est l’« informateur ». Ce personnage sert de ressort narratif et n’est pas afilmique.
Personnage dans le film, et personne hors du film en tant que Jacques Grimault, c’est son influence qui amène le réalisateur à se balader à travers le monde, c’est lui qui pousse la caméra à faire des rapprochements. Et Jacques Grimault est essentiel au film puisque le film se base sur son livre (publié a posteriori), je l’ai déjà dit.
Pouillard le réalisateur choisit les images filmées et montre les choses, il officie en tant que mimésis dans le mécanisme de narration de LRDP. Grimault l’auteur et le ressort narratif qui raconte les choses (ou participe à les rapprocher entre elles) fait office de diégèse dans le mécanisme de narration. Sans le personnage de l’informateur, il n’y a pas de LRDP.
Et s’il fallait une preuve supplémentaire, le film conclut que « seuls les faits comptent. Et mon informateur se tient à la disposition de tous ceux qui voudraient participer à ce gigantesque travail de compréhension auquel il nous invite tous. »
Le sujet du film, ce n’est pas le plateau de Gizeh, ce n’est pas la construction de Khéops – qui sont afilmiques. Le sujet du film, c’est ce qui figure inscrit dès la première minute, la promesse de « La plus formidable chasse aux trésors de tous les temps », « L’enquête qui change le monde », « ce gigantesque travail de compréhension ». C’est le secret, le récit. Et le récit n’est pas une donnée matérielle.
Bad boys
L’un des plus grands documentaristes vivants, Werner Herzog, est un farouche opposant au cinéma-vérité qui veut qu’« en tant qu’auteur d’un film, il faudrait totalement disparaître, n’être qu’une mouche sur le mur. Une telle conviction ferait des caméras dans les agences bancaires le cas de figure idéal de la création filmique. Je refuse d’être une mouche, je veux être un frelon qui pique » (Chacun pour soi et Dieu contre tous).
Et il reconnaît volontiers que ses documentaires ne sont précisément pas le réel : « Tous mes documentaires sont stylisés. Au nom d’une vérité plus profonde, une vérité plus extatique — l’extase de la vérité —, ils contiennent des parties inventées. Il m’arrive donc de dire qu’il s’agit de fictions déguisées » (Manuel de survie). Werner Herzog a conscience de son art et de ses limites ; il sait qu’il a un rôle actif dans la création de ses films. Que le cinéma documentaire consiste à montrer, à raconter, à sélectionner, à habiller de musique, qu’il est impossible de se limiter à des faits seuls car « si seuls les faits étaient pertinents, l’annuaire téléphonique serait le livre des livres. » (L’avenir de la vérité).
Quand il joue avec les images d’autres cinéastes comme celles des vulcanologues Katia et Maurice Krafft qui ont filmé des éruptions par dizaines, son œil affuté voit les changements dans la façon des Krafft de filmer, de déborder le cadre initial : « Petit à petit, ils devinrent de vrais réalisateurs. À présent nous ne les voyons presque plus faire de science. Ils filment les autres faire de la science. » (Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft)
Pouillard fait précisément l’inverse : il tente de réfuter sa condition de réalisateur, d’auteur de films, pour nous faire croire qu’il fait de la recherche, ou pire, de la science !
Il fait mine d’oublier son final de science-fiction dans LRDP, son ébauche tout aussi science-fictionnelle d’interprétation du Mahabharata hindou qu’il a manqué de laisser dans BAM, il tente d’évincer son ressort narratif de l’informateur pour s’affranchir dans le même temps de la présence incommodante de Grimault. Pouillard veut se débarrasser du problème du mensonge et de la critique tout à la fois : « Ce travail sera probablement déformé, pris en défaut sur des détails et sorti de son contexte pour être ridiculisé » (LRDP).
Jean-Pierre Bertin-Maghit écrit qu’en tant que « "Cinéma du réel", le documentaire se démarque de la fiction par sa forme plus "informative" que "narrative". » Or sans son informateur, LRDP n’a plus de narration, et l’information s’éparpille sans aucune logique. Puisque la narration est si essentielle, puisque la science-fiction s’invite, puisque les éléments énoncés dans le film sont par moments faux, peut-on contredire le strict statut de « documentaire » affiché par les diffuseurs du film ?
LRDP, BAM sont-ils de faux documentaires ?
Le faux documentaire est identifié comme un genre à part entière du cinéma qui se donne la forme d’un documentaire mais n’en est pas un, d’où son nom. Le film peut avoir vocation à être une fiction parfaitement identifiable, comme le Punishment Park de Peter Watkins qui suit sous forme de documentaire filmé sur le vif des condamnés au milieu d’un désert poursuivis par la police dans des Etats-Unis uchroniques (on pense sinon à C’est arrivé près de chez vous). Le film peut tenter de tromper le public, comme le fait régulièrement le found footage – littéralement « images trouvées » – qui donne l’illusion du vrai et joue souvent d’acteurs gardant leurs prénoms pour les personnages qu’ils interprètent afin de semer le doute et dont le film d’horreur est friand comme pour Le projet Blair Witch. Le faux documentaire peut encore consister en une forme de canular où l’environnement est bien réel mais pas le personnage central qui est complice du dispositif, comme Sacha Baron Cohen dans Borat ou Camille Cottin dans Connasse (cette série tenant plus de la caméra cachée).
L’apparence documentaire peut être impliquée par le film mais aussi par sa méthode de diffusion et renforcer la crédibilité du processus ; ainsi The return of Bruno d’abord diffusé sur la chaîne HBO et suit le retour de la vedette Bruno Radolini (incarné par Bruce Willis) à la carrière vantée par une multitude de stars (dont Elton John ou Jon Bon Jovi parmi d’autres complices), et pour lequel un album éponyme sera vendu, faisant de Bruno un personnage un peu plus réel encore. Peter Jackson à ses débuts filme pour la télévision néo-zélandaise Forgotten Silver, présentant un récit délirant d’un cinéaste oublié créateur de péplum démesuré et témoin d’un vol antérieur à celui des frères Wright, pionniers de l’aviation. La chaîne TV One qui diffusa le film reçu lettres d’insultes et menaces de la part de certains spectateurs victimes de la supercherie. Enfin, comment ne pas évoquer Opération Lune de William Karel, mélangeant de vrais extraits filmés pour son fantastique triptyque CIA Guerres secrètes (véritable documentaire), de fausses interviews de personnes aux noms copiés sur les personnages des films de Stanley Kubrick, et des images de plus en plus grotesques à mesure que le ton au début très sérieux progresse dans l’absurde. Ces exemples sont ce qu’on appelle volontiers des documenteurs, de faux documentaires parodiques.
Le terme documenteur est cependant employé par Jean-Pierre Bertin-Maghit pour désigner les films de propagande déformant volontairement la réalité, ceux notamment réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais il en fait un usage très limité – peut-être s’agit-il d’un choix éditorial ? – et l’acceptation commune retient plus volontiers l’idée parodique.
En l’état, LRDP ou BAM ne sont pas des documenteurs. Et il paraît difficile de les qualifier de faux documentaires : à la différence de tous les exemples cités, il n’y a pas de vocation de tromper le public et de lui dévoiler dans le même temps la tromperie, de jouer avec les codes dans un but de fiction affirmée, ou de le rendre complice de cette tromperie dans le but de lui faire peur ou de le faire rire.
Du reste, tous les exemples cités méritent bien plus votre attention que LRDP…
Expert en séduction
La solution la plus simple reviendrait-elle à suivre Wikipédia, et à convenir que LRDP et apparentés sont des documentaires pseudoscientifiques ? Arrivé ici, cela me paraît trop réducteur. Pseudoscientifique, LRDP l’est certainement : le film prétend à une apparence scientifique mais il présente des arguments fallacieux et une ribambelle de raccourcis douteux, et surtout il n’a aucune reconnaissance scientifique.
Le ressort narratif de l’informateur, qui sert de moteur au film jusque dans sa conclusion, et sa dérive vers la science-fiction qui, si on les retirait, empêchent le film d’avoir une logique, et amputerait le récit de 30 minutes au moins, me gênent pour garder la désignation de documentaire. Et si un cinéaste comme Herzog a l’abnégation pour qualifier ses documentaires de « fictions déguisées », eh bien enlevons à Pouillard son attachement à vouloir faire de LRDP un documentaire. LRDP tient d’abord de la fiction.
J’aimerais préciser davantage mon raisonnement, afin de légitimer ce qualificatif de fiction et, mieux, identifier une case un peu plus précise où loger la production de Pouillard.
Au même titre que le documenteur The return of Bruno permet à un album de musique de Bruce Willis de se hisser quatorzième au Billboard 200 américain, et quatrième au classement des ventes d’album au Royaume-Uni – rien que ça –, LRDP et BAM ont vocation à déborder le matériau filmographique. La fin de LRDP invite à participer avec Jacques Grimault, à la recherche du message caché, du savoir perdu des prétendus anciens bâtisseurs. LRDP a ainsi permis à Jacques Grimault de remplir le Café de Paris pour de multiples conférences. De même la prétention initiale de LRDP de s’inscrire dans une série de sept films, et l’activité de Pouillard depuis 2013 environ consistant à tout mettre en œuvre pour produire, réaliser, et vendre un film de plus (ainsi Gizeh 2005, Retour sur BAM, Perception, Barabar, Inka enigma à présent), à faire des projections avec conférence plusieurs semaines d’affilé dans une salle parisienne, ou à organiser des voyages pour prolonger l’expérience des films. Si la diffusion pirate de LRDP n’a pas gêné (voire a été encouragée – notamment quand le film est mis en ligne sur le site de diffusion de Dieudonné Quenel+) les deux auteurs, ce n’est pas uniquement parce qu’ils touchaient alors peu de droits dessus, c’est que la diffusion faisait vendre conférences, livrets et tout le reste en dehors. LRDP sert à vendre BAM, qui sert à vendre Barabar, qui sert à vendre Inka enigma, et à animer tout l’environnement qui les accompagne : voyages, livres, goodies ou conférences. Patrice Pouillard est resté un publicitaire, et sa production rentre dans cette catégorie : film publicitaire.
Dans ses Chroniques cinéma, Jean-Patrick Manchette établit que « Le film publicitaire (…) ne cesse d’affirmer que la marchandise est un rapport entre les gens. »
C’est ce rapport que vend LRDP, l’effet de communauté et l’attirail proposé à la vente. C’est ce qui justifie au passage les signalements auprès de la Miviludes sur les activités de Jacques Grimault et de l’association La Nouvelle Atlantide quand le produit publicitaire, porte d’entrée aux mystères du monde et au secret des anciens flirte avec la possible dérive sectaire. En 2022, la Miviludes considérait être dans une « zone grise », mais la presse affublait Grimault du qualificatif de « gourou ».
Pouillard entretient une ignorance volontaire, « [P.P.] On navigue entre ceux qui pensent que la grande pyramide a été livrée il y a 15000 ans par un OVNI et elle sert à stabiliser la croûte terrestre et puis de l’autre côté ceux qui pensent qu’il y a 20 000 personnes à moitié nu avec du bois et des cordes qui ont réussi à construire cette pyramide en 20 ans. Donc on est vraiment au milieu de de ça. » Ce flou déjà présent du temps des GriPoo quant à l’identité des bâtisseurs (Atlantes ? E.T. ? savoir perdu ? …), la nature du secret (arme ? moyen de défense ? technologie improbable ? révélation mystique ?) ou simplement le pourquoi et le comment reliant supposément tous les sites archéologiques entre eux, cela amène à une dernière catégorie.
Cette catégorie s’affirme quand Pouillard chez Legend cite plus volontiers Les mystérieuses Cités d’or, Tintin et Indiana Jones que des ouvrages historiques ou de vulgarisation. Elle se confirme avec les premiers mots inscrits dans LRDP qui nous promet « La plus formidable chasse aux trésors de tous les temps ». Il s’agit d’un film d’aventure à énigmes. Et si cet aspect corrobore le statut de fiction du film, il me permet de revenir au problème déjà dénoncé de ce que là où la majorité des fictions (comme Les dents de la mer) se suffisent à elles-mêmes, LRDP déborde du cadre et ne termine pas son récit puisqu’il invite à une suite et à une démarche hors de l’écran (toutes deux payantes tant qu’à faire).
Voilà, je tiens ma classification : la production de Pouillard consiste en des films d’aventure à énigmes à vocation publicitaire.
Seul contre tous
Même si l’énigme et le récit se permettent d’être inachevés afin d’amener le spectateur au film suivant, plusieurs motifs (énigmes, mystère général, et équateur penché en guise de jeu de piste) rapprochent la structure du film de l’enquête (le terme est mentionné), et donc éventuellement du genre policier. Ce genre bénéficie de nombreuses réflexions d’auteurs qui peuvent préciser ce que Pouillard retient et évacue dans la construction de ses films.
Boileau-Narcejac (signature du duo Pierre Louis Boileau et Thomas Narcejac, pseudonyme de Pierre Ayraud) ont notamment théorisé Le roman policier dans lequel ils hiérarchisent les questions essentielles de l’intrigue : « Tous les "coups" ne se valent pas. Le "comment" ne pique pas autant la curiosité que le "qui", et le "quand" n’est pas aussi payant que le "comment" ». Or Pouillard applique cette hiérarchie puisqu’il ne s’intéresse jamais aux datations, constatant au mieux que les sites mentionnés ne datent pas de la même période. Mieux, il se contente de moquer une caricature des conditions d’élaboration des sites « [P.P.] C’est toujours pareil, le bois, les cordes et les gens à moitié nus » sans réellement proposer de solution mais insiste finalement sur l’identité des bâtisseurs. Sans les identifier clairement, le fait qu’il en fasse un ensemble lié par chacun des sites, le fait qu’il les dénomme « bâtisseurs » ou « anciens » de façon uniforme (plutôt que d’identifier chaque population), et le mystère qu’il présente autour de leurs intentions (le message caché), ce sont eux qui intriguent le spectateur. Il suit donc la préconisation : qui > comment > quand.
Fernando Pessoa établit dans L’affaire Vargas que « L’attrait du mystère est plus fort que tout. » Dans le cas qui nous intéresse, c’est le mystère qui permet l’appel publicitaire vers le film suivant. Il faut que l’irrésolu demeure.
C’est également une solution de facilité : « La table des mobiles est pauvre. C’est toujours une rude épreuve, pour un auteur, que de chercher un mobile inédit » (Boileau-Narcejac). En se passant de résoudre le mobile, ou d’émettre une hypothèse précise quant à l’identité des bâtisseurs, Pouillard transforme l’exercice de résolution en inachevé. Cela lui permet également de conserver son public : en effet, de la même façon que ceux-ci posent le problème en terme de croyance vis-à-vis des connaissances scientifiques et de la proposition de Pouillard, « j’y crois »/« je n’y crois pas », dès l’instant où le réalisateur proposerait une solution particulière, une partie de son public lui répondrait de la même façon « je n’y crois pas », et une manne financière serait perdue. Ce phénomène a pu être observé avec Grimault, où ses obsessions antisémites, sa façon de rabaisser certains qui le questionnaient, mais également sa posture arrogante de détenteur du savoir (empêchant une partie de son public de simplement se questionner), tout cela a radicalisé une partie de son public tandis qu’une grande partie s’éloignait du bonhomme.
Pouillard capte l’attention de son public à travers l’incertain : « Quand tout n’est pas dit, on peut réfléchir et deviner encore par soi-même. Les conclusions ne doivent pas être livrées toutes faites au spectateur, sans qu’il ait un effort à fournir » (Andreï Tarkovski). Mais il patauge dans cette incertitude.
« Vous ne savez rien. Contentez-vous d’hésiter, rien de plus » (Pessoa), voilà la philosophie derrière la démarche que Pouillard prétend être un « travail de compilation », une « recherche » indépendante. Et pour entretenir cette incertitude, LRDP et BAM, tout comme l’interview sur Legend, profitent de la multiplicité des lieux, cette confusion que le réalisateur lui-même reconnaît, « [P.P.] il y a 1 000 sujets, tout a l’air d’être complètement embrouillé et tout. »
Susan Sontag, lorsqu’elle réfléchit à notre rapport aux images, note que « Le gavage visuel fait de l’attention cette chose légère, mobile, relativement indifférente au contenu. Le flot visuel interdit de privilégier une seule image. » C’est ce qui a été régulièrement dénoncé concernant les productions de Pouillard, ce flot d’informations et le rythme surtout qui l’accompagne, et qui tout en gênant le spectateur qui souhaiterait les vérifier, l’embarque dans une avalanche toujours plus surprenante, et évite de s’attarder sur les incohérences. Ainsi par exemple du rythme de pose des blocs de la pyramide de Khéops dans LRDP qui ne fait aucun sens, le choix d’images dans BAM où des Mayas figurent des Incas, lorsqu’il raconte le mythe de la caverne de façon erronée dans Perception, ou encore lorsqu’il énonce que « [P.P.] c’est pas quand tu fais des guerres que en même temps tu vas construire les édifices les plus extraordinaires de la planète, tu vois des édifices à la gloire de l’humanité et de la vie. » et l’hôte de lui opposer « [Guillaume Pley :] Alors, Napoléon l’a fait. » Vite, il contourne : « [P.P.] C’était une autre époque, et l’arc de triomphe c’est pas la grande pyramide. »
Pouillard, comme tout alternatif, pèche par excès. Boileau-Narcejac l’avaient signalé, « le romancier cherche donc sans cesse à se surpasser et il est guetté par la surenchère, qui est le péché mortel de l’imagination. Or, la surenchère s’exerce toujours dans le sens de l’invraisemblance. » Et de nous faire revenir à ce qui est reproché au ton de LRDP, « Le suspense doit se tenir entre thriller et science-fiction (…). Il est sans cesse guetté par une double mutation : vers le bas, par l’épouvante, et vers le haut, par le surnaturel. » La fin du monde prophétique de LRDP tombe dans ces deux dérives et confirme l’escalade incessante vers le toujours plus. Plus de mystère, plus de lieux, plus de questions, plus de films.
Pourquoi Pouillard partage-t-il son Mahabharata avec vaisseaux spatiaux tout en indiquant ne pas l’avoir conservé pour BAM ? L’utilité est double ; il ne renie pas complètement l’hypothèse extraterrestre (contrairement à certains propos chez Legend) mais tient à une apparence suffisamment rationnelle pour un film déjà assez rocambolesque. De la même façon il désavoue le final apocalyptique de LRDP parce qu’il demeure conscient de ce qu’« une histoire est plus importante que la somme de ses parties. Un détail qui vous distrait de l’ensemble doit être retiré, quel que soit son degré d’excellence intrinsèque » (Helen McCloy citée dans Polar : mode d’emploi).
De façon consciente ou non, il applique les conseils des auteurs de polar : « Ne cédez jamais à la facilité, sinon le lecteur s’en rendra compte et il n’aura pas une haute opinion de vos capacités » (John Dickson Carr, ibid.). Cette facilité, c’est ce qui nous fait réagir devant LRDP, la certitude qu’il a bien cédé à cette facilité dans sa prétention à faire de la recherche, à présenter des faits de façon impartiale, à dénoncer l’histoire « officielle ». Et je distingue bien deux choses ici, le propos qui est faux, et la structure qui vise à le faire passer pour vrai.
Ma culture d’historien me permet de distinguer des erreurs dans le propos, et une mécompréhension de la méthode scientifique. Mais ce que je prétends, c’est aussi qu’en portant attention au film, à ses choix narratifs et même visuels, à sa structure, le film vacille. Un spectateur sans formation scientifique mais avec une culture cinématographique un minimum exigeante, ou versé dans les théories du récit (filmographique ou non) verra de lui-même des failles. Comme Andreï Tarkovski l’écrit, « En négligeant de développer chez le spectateur un regard critique sur ses propres jugements, nous manifestons finalement à son égard la plus hautaine indifférence. »
Ennemi d’Etat
« C’est quoi un mauvais film ? Et se poser cette question sous-entend une autre question : C’est quoi un bon film ? Et se poser cette question sous-entend une autre question – et c’est la dernière fois, promis – : C’est quoi un film ? (…) Trouver un film bon ou mauvais participe à définir la vision que l’on a de ce qu’est le cinéma, ou tout du moins de ce qu’il devrait être » mettent en exergue Karim Debbache et ses acolytes de Chroma. Et dans notre cas, cela nous interroge sur le public et ses réactions ; que disent les spectateurs de Pouillard ?
LRDP et BAM divisent. S’ils nous amènent à réagir et à dénoncer des fraudes, les films amènent aussi une partie non négligeable du public à venir défendre le produit. Au-delà du fait de vanter les films, comme le fait Pley : « [G.P.] Si vous allez voir tout ça et vous faire des soirées films en famille par rapport à tout ce dont on vient de parler »… Il y a les réactions que nous pouvons lire sous la vidéo de Legend, ou les échanges suite à un partage Facebook, ou après un live contredisant les arguments de Pouillard.
Les arguments, pour une bonne partie, se répètent.
• Comme aux débuts de l’engouement pour LRDP en fin d’année 2012 et début 2013, il nous est opposé que nous ne sommes pas allés sur place.
A titre personnel, j’ai foulé plus de sites archéologiques en Amérique centrale, et accédé à plus de zones de fouilles actives. Et c’est d’ailleurs ce qui est régulièrement reproché à Pouillard : qu’en guise de démarche scientifique, le fait de filmer les environs d’une pyramide plutôt que d’ouvrir un livre ou de consulter des relevés archéologiques s’apparente plus à du tourisme.
La question peut d’ailleurs se poser de savoir ce qu’apporte à sa démarche le fait de se rendre sur place, à part faire des vidéos ?
• « Puisque vous savez mieux que lui, vous n’avez qu’à faire un film ! »
Mais faire un film sur quoi exactement ? Du côté de ceux qui critiquent les films, c’est bien notre problème : nous n’avons rien à vendre, aucun récit mirobolant à proposer. La raison principale est d’ailleurs logique, puisqu’elle repose sur la contradiction essentielle au récit de Pouillard quand il dit « [P.P.] Moi je pense que si[, ils se parlaient à l’époque]. (…) Je pense qu’il y avait une communication. » Le réalisateur relie des points, relie des populations et relie des époques qu’aucun travail sérieux ne vient rapprocher. C’est l’obligation d’un récit qui fait le film. Ou, comme l’évoque l’auteur de romans policiers Jean-Patrick Manchette dans un entretien : « Ce n’est pas supportable, d’aller simplement photographier la réalité. »
• Autre remarque récurrente, la supposée similarité entre deux lieux que tout sépare. Cet effet du « c’est vraiment trop étrange » !
À cela, il faut répondre en détaillant les éléments avancés, et en allant vérifier ce qu’en dit la science. Parfois, de façon très simple, en remettant simplement du contexte autour. Nous avons régulièrement la même réponse aux arguments des films : le contexte. Le récit que propose les alternatifs s’est presque systématiquement vidé de ses populations, et un artefact sur lequel toute l’attention va être portée (disque de Sabou, ou machine d’Anticythère par exemple) tendent à nous faire oublier l’environnement de leur découverte. Jamais les disciplines scientifiques n’ont proposé un récit de bâtisseurs anonymes ; les peuples environnants ont un nom, leurs constructions connaissent des évolutions, leurs objets ne sont pas isolés.
Et Boileau-Narcejac tendent à nous faire dire que Pouillard fait d’autant plus mal son travail qu’il ne résout pas l’énigme : « Dès que l’esprit a su découper dans la masse du mystère deux éléments qui s’ajustent et amorcent un lien causal, dès qu’il a isolé une relation, le mystère se change en problème. Ce qui ne signifie nullement que la solution va surgir automatiquement. Mais, comme on le sait, un problème bien posé est à moitié résolu. »
• Du reste, si un élément est démontré comme faux, il est fréquent qu’on nous en objecte un autre. Cela est parfaitement cohérent avec la méthode d’accumulation des films, qui passent d’un lieu ou d’un objet à un autre.
Individuellement, nous ne sommes pas en mesure d’y répondre. Tôt ou tard, notre interlocuteur pointera un élément que nous ne connaissons pas. Même si l’élément précédent est démontré comme faux, cette incapacité à répondre nous sera – et nous est déjà – parfois reprochée. La démonstration d’un ou de plusieurs faux ne suffit pas alors que de façon raisonnable, on devrait estimer « faux un tableau ou un dessin dont il ressort qu’il n’est pas de l’artiste auquel on l’avait d’abord attribué. Une photographie – ou un document filmé, visible à la télévision ou sur l’internet – est jugée fausse lorsque preuve est faite qu’elle trompe le spectateur sur la scène décrite » (Susan Sontag). Mais non, il faut que cela se fasse sur la durée. Et sur la durée, Pouillard finit forcément par dire vrai, car son imagination n’est pas assez débordante pour tout manipuler. Mieux encore, Pouillard va forcément utiliser des éléments vrais et, après tout, le disque de Sabou et la machine d’Anticythère existent. Évidemment, car « en matière de propagande, la vérité est payante. Le mensonge se situe, en fait, au niveau des intentions et des interprétations » (Jean-Pierre Bertin-Maghit).
Mais quoi, lorsque Werner Herzog filme de la fiction, ses conquistadors mangent bien des bananes… !
À la recherche du bonheur
Qu’attendre après le passage sur Legend ?
Sans tomber dans des hypothèses sur la démarche de Pouillard, ou le contenu de son produit à venir Inka enigma, une remarque du réalisateur sur les lignes de Nazca m’interpelle : « [P.P.] ça va être très intéressant de faire travailler l’IA dessus avec des algorithmes pour pouvoir analyser parce que pour moi, il y a des patterns géométriques dedans, il y a des angles particuliers et j’ai l’impression que c’est un système de c’est comme si alors je fais attention à mes mots, c’est comme s’il y avait un codage à l’intérieur. »
Je redoute l’utilisation de l’intelligence artificielle par les alternatifs, et plus encore peut-être par leur public. La façon dont depuis trois-quatre ans l’IA est devenue pour beaucoup un réflexe est inquiétant : sa promesse d’immédiateté et l’illusion d’une réponse valide, mais surtout l’absence de travail de vérification par son utilisateur conduisent inévitablement à des puits sans fond. Car l’IA devient un outil pour justement chercher un élément de plus à opposer, une source de mieux à citer, sans avoir rien vérifier, mais en piégeant toute personne prête à faire du « debunking » dans un jeu de question-réponse sans fin.
Je l’ai déjà constaté suite à un récent live sur la chaîne Temps Mort lorsqu’un commentateur nous a lâché pêle-mêle des titres de livres, pour la plupart vieux d’un bon siècle ou plus, en omettant l’auteur et avec des références d’édition ou de pagination imprécises. De toute évidence, il ne les a pas lus, n’a pas trouvé ces titres sur l’égyptologie miraculeusement, et s’est contenté de façon terriblement banale de générer une réponse avec un agent conversationnel avant de nous en copier la réponse. Ces gens ne méritent pas notre temps parce qu’ils n’emploient même pas le leur au sujet qu’ils s’essaient à défendre.
L’usage de l’IA et plus particulièrement des LLM (ChatGPT, Gemini, Grok, Claude, etc) pour prétendre à de la recherche doit être un repoussoir obligatoire. Une création statistique de l’information qui fait de la satisfaction de l’utilisateur un critère, qui augmente son risque d’erreur notamment avec le corpus utilisé (souvent faute de hiérarchisation et d’abord sur un critère de récurrence), ne peut pas être fiable.
Peu importe qu’elle soit utilisée par un pseudoscientifique ou par un universitaire diplômé, peu importe la démarche qui l’accompagne. Le recours à des LLM est un indice de flemme, et de fraude probable. Le pire exemple étant Grok et ses multiples sorties révisionnistes, sur les camps d’extermination ou les attentats de 2015 notamment.
Il existe des outils informatiques qui ne sont pas de l’IA. Notamment pour le recoupement de l’information et de rapprochement des citations d’articles scientifiques ; ceux-ci peuvent être utiles dans une recherche (Viviane Lalande évoque Altmetric notamment). Quant à l’IA, dans un cadre limité et utilisée à une tâche spécifique, comme le décryptage de papyrus carbonisés, elle augure des découvertes majeures. En aucun cas il ne s’agit pas de rechercher ou de créer une information.
Et au-delà, le problème du crédit accordé par les médias comme ici Legend à des élucubrations, avec ou sans appui de l’IA, reste entier – comme le note Viviane Lalande dans sa vidéo : « Il y a beaucoup de médias qui ne font pas la distinction entre un consensus scientifique et le fait qu’il y a un hurluberlu à Saint Glinglin des Meuhmeuh qui boude dans son coin avec une opinion différente, et il se peut que certains médias présentent le consensus et l’hurluberlu comme deux options possibles alors qu’en réalité il y a bien un consensus. »
Le recours à des LLM en guise d’argumentaire est la certitude de se retrouver à Saint Glinglin des Meuhmeuh, et d’y rester coincé. L’amélioration de l’IA générative a beau permettre à Will Smith de manger des spaghettis de façon de plus en plus crédible depuis les premières occurrences de 2023, le plat de spaghettis n’a pas d’existence matérielle, le consentement de Will Smith à l’utilisation de son image non plus et le résultat, pour quelqu’un qui prétendrait à un travail honnête, est vomitif.
Reste un dernier point, intimement lié à toute réflexion scientifique sur notre passé. Le consensus, et la connaissance de l’état de la science passent obligatoirement par la lecture. Et quand Pouillard prétend qu’il a fait « [P.P.] six ans de lectures de livres » mais ne cite pas un seul auteur scientifique, jamais, et retient d’abord La vie privée des hommes pour ses illustrations, cela nous ramène à Werner Herzog quand il se lamente de ses passages auprès d’aspirants réalisateurs avec son accent germanique et sa voix suave : « Aucun d’entre eux ne lit. Ils ne lisent tout simplement pas. Et, au meilleur de leur forme, ils ne feront que de médiocres réalisateurs, ils ne feront jamais de grand film. (…) J’encourage donc tout le monde : lisez, tout simplement lisez. »
Toutefois, l’ennui avec les sources, même quand elles se veulent véridiques, c’est que les données sont imprécises et que les nouvelles s’y propagent à une vitesse hallucinante, nous parlions à l’instant d’une espèce de faculté interne de germination contradictoire qui opère à l’intérieur des faits ou de la version qu’on en donne, qu’on en propose ou qu’on vend, et, issue de celle-ci comme spores se multipliant, il se produit une prolifération des sources secondaires et tertiaires, celles qui ont copié, celles qui ont copié de façon erronée, celles qui ont répété des on-dit, celles qui ont apporté des altérations en toute bonne foi, celles qui l’ont fait de mauvaise foi, celles qui ont interprété, celles qui ont rectifié, celles à qui cela ne faisait ni chaud ni froid, et aussi celles qui se sont proclamées vérité unique, éternelle et irremplaçable, ces dernières étant plus que toute autre suspectes. Tout dépend, naturellement, de la plus ou moins grande quantité de documents à compulser, de l’attention plus ou moins soutenue qu’on prête à cette tâche assommante.José Saramago, Histoire du siège de Lisbonne
Laurent Tlacuilo – août 2026
Les titres sont issus de la filmographie de Will Smith.
Sources (celles utilisées dans ce second article figurent en gras)
Films :
Aguirre, la colère de Dieu, réal. Werner Herzog, 1972
Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft, réal. Werner Herzog, 2022
Borat, réal. Larry Charles, 2006
C’est arrivé près de chez vous, réal. Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde, 1992
Chacun sa vie, réal. Claude Lelouch, 2017
CIA Guerres secrètes, réal. William Karel, 2003
La classe américaine : Le grand détournement, réal. Michel Hazanavicius, 1993
Les dents de la mer, réal. Steven Spielberg, 1975
2012, réal. Roland Emmerich, 2009
Forgotten Silver, réal. Peter Jackson et Costa Botes, 1995
Le jour d’après, réal. Roland Emmerich, 2004
Les mystérieuses Cités d’or, création par Jean Chalopin, Mitsuru Kaneko, Mitsuru Majima et Soji Yoshikawa, 1982-1983
Opération Lune, réal. William Karel, 2002
Le projet Blair Witch, réal. Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, 1999
Punishment Park, réal. Peter Watkins, 1971
The return of Bruno, réal. James Yukich, 1987
Série cinématographique Indiana Jones, réal. Steven Spielberg et James Mangold, 1981-2023
Articles :
Paul Conge, « Exorcisme, médecine illégale, dérives sectaires : enquête sur Jacques Grimault, le gourou des pyramides », Marianne
https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/exorcisme-medecine-illegale-derives-sectaires-enquete-sur-jacques-grimault-le-gourou-des-pyramides
E. Ghoneim, T.J. Ralph, S. Onstine et al. « The Egyptian pyramid chain was built along the now abandoned Ahramat Nile Branch »
https://www.nature.com/articles/s43247-024-01379-7
Gollum Illuminati, Jaco Patrolman, Laurent Tlacuilo & Rationnelitude, « Perception – de la caverne de Platon aux chambres sonores de Barabar, avis sur une conférence de Patrice Pouillard »
https://irna.fr/Perception-de-la-caverne-de-Platon-aux-chambres-sonores-de-Barabar.html?lang=fr
Lorraine Redaud, « "Psychose délirante paranoïaque" : au procès de Jacques Grimault, complotiste devenu cyberharceleur », Charlie Hebdo
https://charliehebdo.fr/2023/02/societe/justice/psychose-delirante-paranoiaque-au-proces-de-jacques-grimault-complotiste-devenu-cyberharceleur/
Sites web :
Calculateur de distance
https://fr.distance.to/
iNaturalist – « Le colibri : un oiseau américain »
https://www.inaturalist.org/posts/99295-le-colibri-un-oiseau-americain-1-2
Hardware, forum – discussion autour de « La révélation des pyramides », 438 pages depuis le 20 décembre 2012
https://forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Sciences/revelation-pyramides-sujet_104653_1.htm
Nahuatl Dictionary par l’université de l’Oregon
https://nahuatl.wired-humanities.org/content/welcome-online-nahuatl-dictionary
Return YouTube Dislike
https://returnyoutubedislike.com/
Vidéos :
Chaîne YouTube de G Milgram – « La médium star des médias Anne Tuffigo »
https://youtu.be/2A5gIu6OXdI?si=R3AyP2RUrq_Kq_v9
Connasse, création d’Eloïse Lang et Noémie Saglio, 2013-2015
https://youtube.com/playlist?list=PLAKHfcJHo0OAii1xAnmDioPXwkWKHXHgb&si=BUXGON4LQEFvl90W
Karim Debbache, Gilles Stella & Jérémy Morvan – Crossed (2013-2014) et Chroma (2016-2017)
https://archive.org/search?query=creator%3A%22Karim+Debbache%22
Le Monde – « Enquête sur "Legend", le média de Guillaume Pley »
https://youtu.be/bRb8d69F9cM?si=7pkcddTiBBEN44un
MasterClass – Werner Herzog teaches filmmaking, 2016
https://www.masterclass.com/classes/werner-herzog-teaches-filmmaking
Passé Recomposé – « Les mystérieux clous de la Grande Pyramide »
https://youtu.be/5rZ_FLM6ljQ?si=flVIEthqCutlarQM
Temps Mort – « Legend : L’art de faire suppurer la désinformation ? »
https://www.youtube.com/live/zj0Vx3Nzp2c?si=BrIgTuuoKdXssuxJ
Viviane Lalande, Sci+ – « Le meilleur outil pour faire ses recherches »
https://youtu.be/DsgI8fOG-hI?si=Nti8tSUBZqL4xtga
Documents historiques :
Codex Mendoza, édition facsimilé par Inky Books, 2025
Jules César, Guerre des Gaules, traduction Léopold-Albert Constans
Livres :
Collectif, Polar : Mode d’emploi – Manuel d’écriture criminelle, 1956
Jacques Aumont et Michel Marie, Dictionnaire théorique et critique du cinéma, 2016
Claude-François Baudez et Pierre Becquelin, Les Mayas, 1984
Carmen Bernand, Les Incas peuple du soleil, 1988
Jean-Pierre Bertin-Maghit, Les documenteurs des années noires, 2004
Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, 1949
Jorge Luis Borges et Osvaldo Ferrari, Nouveaux dialogues, 1985
Boileau-Narcejac, Le roman policier, 1964
Michael Freeman, Ancient Angkor, 1999
Hergé, Les aventures de Tintin (23 tomes), 1930-1976
Werner Herzog,
- L’avenir de la vérité, 2024
- Chacun pour soi et Dieu contre tous, 2022
- Manuel de survie, 2013
Jean-Patrick Manchette,
- Chroniques cinéma – Les yeux de la momie, 1997
- Derrière les lignes ennemies – Entretiens 1973-1993, 2023
Franck Monnier, Dans le secret des bâtisseurs égyptiens, 2023
Fernando Pessoa, L’affaire Vargas, 2012
Susan Sontag, Devant la douleur des autres, 2003
Pierre Tallet et Mark Lehner, Les papyrus de la mer rouge – L’inspecteur Merer : un témoin occulaire de la construction de la pyramide de Chéops, 2021
Andreï Tarkovski, Le temps scellé, 1989
Stefan Zweig, Magellan, 1938










